Jeudi, 22 septembre, 2011 07:00
Written by sand
A force d’écrire, de se relire, de retravailler, un mot plutôt qu’un autre ; à force d’être sans arrêt à parler de soi à travers les histoires, on a peut être plus que d’autres accès à des parts de nous qui restent lovées en général. Sans doute, si j’inclus tant de personnages féminins ou masculins borderline ou fous à lier dans mes textes c’est que je domestique ma peur de la maladie mentale (le monstre des femmes desquelles je suis issue: ma mère en première ligne).Surtout ne pas reproduire, ne pas être atteinte. Une forme de conjuration mieux encore qu’une thérapie: verbaliser, dessiner ce qui m’effraie le plus pour en faire une menace innoffensive. Je la jette sur le papier comme on balancerait de l’antiseptique sur une plaie purulente. Cette part d’inconscient qui me pousse à aller vers ces personnages là, comme en terrain connu, avec autant de dégoût que d’envie. Parce que ce désordre m’est familier. Difficile de savoir peindre les jolies choses quand ce qu’on connait le mieux est abimé, failli, mouvant. Parce qu’ on finit par faire corps avec cette singularité. Parce que j’aime à voir mes orteils au dessus du précipice alors que je sais, je sens, mes talons bien arrimés. Fascinant de voir comme on apprend à se protéger, à redire la réalité quand on peut écrire. Ma résilience passe par là. Ecrire, jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à avoir sorti tous les fantômes du placard.
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