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	<title>Héros Ordinaires</title>
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	<description>Petite littérature dans les preuves du 2.0</description>
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		<title>Le sale des marchés</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Oct 2011 08:54:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cylk34</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au dessus du lavabo, le miroir reflète un semblant de moi pas tout à fait réveillé. Le goût du dentifrice se mélange à mon haleine encore chargée d&#8217;alcool. Mes yeux rougis par le sang tentent de faire l&#8217;état des lieux d&#8217;un visage ravagé par une nuit trop courte. Devant moi, des petits tubes de crème [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/10/un-homme.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2520" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/10/un-homme.jpg" alt="" width="360" height="360" /></a>Au dessus du lavabo, le miroir reflète un semblant de moi pas tout à fait réveillé.<br />
Le goût du dentifrice se mélange à mon haleine encore chargée d&#8217;alcool.<br />
Mes yeux rougis par le sang tentent de faire l&#8217;état des lieux d&#8217;un visage ravagé par une nuit trop courte.<br />
Devant moi, des petits tubes de crème sont rangés consciencieusement. Je cherche celui qui est censé  atténuer les cernes. Je le trouve. Je me masse la face sans grand intérêt.<br />
Je sors de la salle de bains en évitant mon reflet.<br />
Des images approximatives de gens, de verres, de néons, de spots de couleurs, de robes, de silhouettes, de peau, me viennent à l&#8217;esprit sans que je cherche vraiment à me souvenir, et ce goût dans la bouche…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2512"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je m&#8217;assoie sur mon canapé en cuir pour enfiler mes chaussures. Ce sont celles de la veille, elles sont recouvertes de tâches plus ou moins suspectes, il faut que je mette une autre paire pour aujourd&#8217;hui.<br />
Je me dirige sans conviction vers mon dressing pour en récupérer une nouvelle paire.<br />
je m&#8217;assoie à nouveau et je contemple ce grand appartement vide, épuré, avec ces meubles carrés, lisses, brillants. Sur les murs, des tableaux, des photos d’art de je ne sais plus qui. Parait que ça a de la valeur. C&#8217;est mon ex qui me l&#8217;a dit quand elle me les a fait acheter. La garce&#8230;</p>
<div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;enfonce mon pied dans la chaussure droite, puis la gauche, je fais claquer le talon sur le parquet, ça résonne dans tout l&#8217;appartement, j&#8217;aime bien faire ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Je récupère mes clés sur la table basse signé Prouvé, encore un truc hors de prix. Nous sommes déjà jeudi et cette semaine je n&#8217;ai pas cumulé plus de 10 heures de sommeil en tout. Dans quelques minutes, je serai plongé dans la fosse aux traders à m&#8217;enivrer à nouveau, mais de chiffres et d’adrénaline cette fois-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le rétroviseur de ma bagnole, j&#8217;aperçois le regard sombre des mauvais jours. Dans ces yeux là, se cache une évidence, une vérité que je renie.<br />
Spleen chatouillant, de ces lendemains fragiles où l&#8217;on se sent humain parce que fébrile.</p>
<p style="text-align: justify;">Je cumule les conneries ces derniers temps. Ça m&#8217;a valu pas mal de remontrances au boulot. Faut dire que je ne suis régi que par l&#8217;émotion, le sentiment, l&#8217;humeur de l&#8217;instant, et on me demande d’être fonctionnel, didactique, mécanique. Alors souvent, ça ne marche pas.<br />
Je perds un peu les pédales je crois. Je me saoule tous les soirs, les gens n&#8217;ont même plus de visage, ils sont des silhouettes éclairées, des verres qui s&#8217;entrechoquent, des gueules qui crient. Tout est tout le temps flou.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;essaie de me convaincre que je suis resté le même qu’il y a dix ans. Ce même homme engourdi d’une ambition sans limite, celui-là même qui se jurait de ne jamais baisser les bras, d’être le meilleur parmi les meilleurs. Mais là, je suis perdu, comme lorsque vous êtes en train de réfléchir et que vous vous rendez compte que vous êtes restés fixés sur un point en omettant la vie autour.</p>
<p style="text-align: justify;">Faut dire qu&#8217;au boulot, j&#8217;ai déjà fait perdre plusieurs millions sur une erreur. Ça arrive souvent. On parle beaucoup des gros coups, mais combien de petites fautes comme la mienne sont épargnées ? D’ailleurs, qu’est-ce qu’un million aujourd’hui ? On en fait circuler des dizaines de millions en en amassant pas mal aussi au passage, tout ça ne devient qu’une succession de chiffres sans fin. Des chiffres et rien d’autres, on en oublie l’humain qui peut-être se cache derrière une valeur boursière. D’ailleurs, on s’en fout. On fait tourner le monde, et même si j’arrête, un autre prendra ma place.</p>
<p style="text-align: justify;">Je pense à ce que je devrai faire pour changer. Une thérapie peut-être ? Non ! Voir un psy, ce serait faire preuve de faiblesse, hors la race des gagnants comme moi, ça ne doute pas, ça agit ! Je me soignerai moi-même. Une introspection suffira.<br />
Je demarrerai en lisant rapidement les grands maîtres de la psychologie.<br />
J’étalonnerai au fil de mes lectures la propension de ce “moi” a n’être finalement que moi. Un homme parmi tant d’autres, avec ses humeurs et ses incertitudes.<br />
Anima, animus chevauchant des idées préconçues sur les territoires vierges de mon inconscience, je me verrai me perdre dans les lignes de ces précurseurs que furent les Freud, les Lacan et les Jung (pour les plus connus) et à n’y comprendre, absolument rien.<br />
Je me dirai qu’il y a certainement quelque chose de pavlovien dans le fait d’être à côté de la plaque&#8230; comme des résurgences de l&#8217;instinct, mon cerveau qui tirerait la sonnette d’alarme&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, tout ça c’est des conneries !</p>
<p style="text-align: justify;">La vérité c’est que je feinte. Je prends des détours, je porte des carapaces, je fais front en simulant une certaine assurance. L’honnêteté prime car elle est naturelle. Le mensonge, lui,  est un exercice qui s’apprend. Les années aidant, je suis devenu un expert du mensonge, du paraître.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces pièges sont des appels au secours, des stimuli. Réagir, c’est ça ! Prendre le contrôle, ou plutôt le reprendre. Des années de prises de risques, de doutes, de travail acharné pour arriver simplement à vivre de manière moins ordinaire. Cette migration vers la capitale pour faire mon trou dans le grand centre d’affaires. A l’époque, je ne croyais pas que l’herbe était plus verte ailleurs, je pensais que j’allais réinventer la photosynthèse, oui carrément.</p>
<p style="text-align: justify;">Et, inexorablement, la réussite, l’argent, le clinquant, on décroche lentement du commun des mortels.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, oui, j’existe mieux la nuit ! Je jouis de la vie, dans ce qu’elle a de plus faux à offrir. Dans ces paradis fantasmagoriques, psycho&#8230; tropiques, dans ces pseudo-bonheurs aux allures de fêtes, dans ces rêves que l’on vit dans une cynique réalité, endormi dans les bras de ces femmes payées pour vous faire croire que vous êtes quelqu’un d’exceptionnel, un homme de l’élite. Bonheur en carton, ou plutôt en papier, comme ces billets de banques qui n’ont finalement de valeur que celle de l’éphémère&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;arrive sur mon lieu de travail. En sortant du parking, l&#8217;air frais de l&#8217;automne vient m&#8217;apporter une dose de motivation. Je ferme les yeux en humant le vent. Je penètre dans le hall d&#8217;entrée, petit sourire à cette excitante hôtesse d&#8217;accueil. Je badge et je m&#8217;enfonce dans les couloirs de marbre. Quelques pas seulement et je peux déjà entendre le vombrissement incessant de la salle des marchés.<br />
J’écarte la porte à double battant, et me revoilà plongé dans l’enfer d’un paradis protégé.</p>
</div>
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		<title>Un battement par Elsiya</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Oct 2011 08:28:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un battement, doucement, doucement. Un souffle, délicieusement hurlant.    La chaleur l’avait laissée, au réveil. Le drap contre sa peau lui paraissait rêche, faible palliatif de ces mains fiévreuses, qui avaient tant de fois laissé son corps essoufflé. Elle s’était arrachée du rêve trop présent à la sonnerie stridente du réveil. Elle aurait bien voulu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Un battement, doucement, doucement. Un souffle, délicieusement hurlant.</p>
<p style="text-align: justify;">   La chaleur l’avait laissée, au réveil. Le drap contre sa peau lui paraissait rêche, faible palliatif de ces mains fiévreuses, qui avaient tant de fois laissé son corps essoufflé. Elle s’était arrachée du rêve trop présent à la sonnerie stridente du réveil. Elle aurait bien voulu se retourner, se rendormir, retrouver les bras heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2460"></span></p>
<p style="text-align: justify;">    Mais les sensations s’étiolaient comme ce morceau de papier détrempé, celui qui porte un numéro qu’on ne veut pas perdre mais qu’on ne devrait pas avoir. Celui dont on sait qu’il finira collé au fond d’une poche dans une machine à laver. Celui dont on cherchera à déchiffrer les pattes de mouches au travers des peluches.</p>
<p style="text-align: justify;"> Tapotement régulier. Et les gouttes qui coulent le long des vitres.</p>
<p style="text-align: justify;">    Le contact du sol lui avait arraché une grimace. Cette sensation moite des jours de pluie et du froid de l’hiver qui commence à ouvrir ses grands bras l’horrifiait. Il faudrait mettre une écharpe. Ne pas attraper froid. Faire honneur. Ouvrir grand les yeux et sourire. Mais pas avant d’avoir avalé la première gorgée de café qui ne manquerait pas de lui brûler la gorge.</p>
<p style="text-align: justify;">    Il y avait une assiette dans l’évier. Un verre. Tout était étrange, au singulier. Une part de vide, deux parts d’absence et une part de gris, le quatre quart de la solitude était bien amer, surtout sous la pluie. Elle avait regardé l’heure, en retard. S’habiller de gestes mécaniques bien huilés, mettre en place les rouages du grand théâtre et regarder les marionnettes s’animer. C’était un cirque cassé et sans public dont elle était le Monsieur Loyal décalqué.</p>
<p style="text-align: justify;">L’odeur du café. Repousser un souvenir.</p>
<p style="text-align: justify;">   La seule chose qu’elle aimait avec la pluie, c’était l’odeur de la terre détrempée. Et l’odeur des sous-bois. Elle avait marché, lentement. Rien ne la pressait. Les pavés étaient couverts de feuilles. L’automne finissait de dépouiller son âme et les branches des feuillus autrefois si touffus. Tout lui paraissait loin. Une bulle lui avait enveloppé la tête, se glissant entre son écharpe et sa lourde capuche. C’était confortablement étouffant de ne rien voir. De laisser la pluie dehors.</p>
<p style="text-align: justify;">   L’odeur de l’humus fraichement retourné lui avait piqué les narines. Elle avait refusé de regarder. Un chien qui court, un rire qui se brise. Un souvenir qui s’échoue sur une plage de déception. Elle n’avait pas réussi à laisser couler les larmes qu’elle avait au fond de la gorge. Elle n’avait pas pu cacher son dégoût, devant le spectacle affligeant des bons sentiments qui défilaient, l’air peiné. Elle avait voulu hurler.</p>
<p style="text-align: justify;">Une pelleté. Deux. Le chpolc contre le bois. Bruit atroce. Ne plus rien voir.</p>
<p style="text-align: justify;">    L’Histoire s’était écrite comme elle le devait. Un début. Une fin. Jamais celle souhaitée. Elle s’était trouvée stupide d’avoir espéré. Elle s’était découverte alors qu’elle n’était pas digne d’être montrée. Elle s’était crue dans la lumière alors qu’elle n’était qu’un papillon. Alors qu’elle avait du se cacher derrière un arbre dans l’allée.</p>
<p style="text-align: justify;">    Elle était rentrée, trainant, derrière elle, les souvenirs qui voulaient couler sous sa carapace. Elle aurait voulu les clouer au bois. Les enterrer. L’Hiver étendait ses bras et il n’y avait qu’un seul battement. L’odeur de la terre mouillée. Et les gouttes qui coulent le long des vitres.</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://slowtraveler.wordpress.com/">Chez Elsiya</a></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Sans Titre</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 05:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Porcel</dc:creator>
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		<category><![CDATA[les pièges de l'inconscient]]></category>

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		<description><![CDATA[J’adore écrire. C’est vrai, j’adore ça. C’est un bruit qui me berce, qui me calme, qui m’apaise ; c’est la musique silencieuse de la plume qui glisse plus ou moins bien sur la feuille à carreaux si scolaire. J’en fermerais les yeux. J’adore écrire. C’est vrai, j’adore ça. C’est un si grand plaisir que de savoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J’adore écrire. C’est vrai, j’adore ça. C’est un bruit qui me berce, qui me calme, qui m’apaise ; c’est la musique silencieuse de la plume qui glisse plus ou moins bien sur la feuille à carreaux si scolaire. J’en fermerais les yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">J’adore écrire. C’est vrai, j’adore ça. C’est un si grand plaisir que de savoir mettre les mots dans le bon ordre, de leur donner un sens ou pas ; c’est la farandole immobile de lettres calligraphiées avec soin et desquelles ressort une signification. J’en ouvrirais les yeux.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2444"></span></p>
<p style="text-align: justify;">            Mais je ne veux pas vous écrire de moi. Je connais une jeune fille qui adore écrire également, un peu à ma manière, mais surtout beaucoup à la sienne. C’est presque inné, chez elle, c’est sidérant. Elle connaît les mots et leur ordre comme un astronome connaîtrait les étoiles et leur place, et elle jongle avec les images comme il jonglerait avec les chiffres. Ils tombent toujours juste.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle adorait inventer des histoires rocambolesques, des intrigues incroyables, des situations extraordinaires, de l&#8217;art-fiction. Elle utilisait toujours la même recette : une personnage principale qui lui ressemblait en partie, et à qui elle créait des amis, des ennemis, des problèmes inextricables et des solutions peu probables.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, elle y croyait, elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle y croyait tellement fort que sa vie était la suite des biographies de ses personnages. Pas l’inverse, ah ça non. Si elle était amoureuse, elle était amoureuse ; si elle tombait malade, elle tombait malade ; si elle avait un tic qui soulevait son sourcil gauche, elle avait un tic qui soulevait son sourcil gauche ; et ainsi de suite. Elle y croyait tellement fort que quand elle entendait un des prénoms de ses personnages, elle se retournait.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle aimait ça, aussi. Choisir les prénoms. Elle n’avait pas décidé du sien pour les autres, pourquoi n’aurait-elle pas décidé des siens pour elle, après tout ?… Et puis, cela l’occupait. Choisir un prénom, créer un physique, une psychologie, créer une vie nouvelle qui n’évoluait que sous forme calligraphique. Des signes sur un support. Et puis c’est tout. Elle en avait marre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses principaux points communs avec ses personnages, c’était leurs différences. Autant elles n’avaient aucune minute de répit, autant elle s’ennuyait ; autant elles avaient des sourires éclatants, autant elle en ébauchait des ternes ; autant elles avaient une personnalité, autant elle en était dépourvue. Pourquoi croyez-vous qu’elle s’en construisait autant, si elle en avait une qui lui suffisait ?…</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré ces occupations, elle avait elle-même énormément de préoccupations. Elle savait, aussitôt un début terminé, que c’était dangereux pour sa santé mentale si elle continuait. Mais elle était boulimique de ce plaisir qu’elle avait les moyens de s’offrir, une fois partie, rien ne pouvait l’arrêter. Rien, ni surtout personne. Les autres… Elle avait déjà assez de ses autres à elle !</p>
<p style="text-align: justify;">Elle se posait énormément de questions. Si elle s’imprégnait de ses personnages, avait-elle alors le pouvoir d’écrire sa propre vie ? Jusqu’ici, elle n’avait fait mourir aucune de ses personnages. Ce n’est pas qu’elle n’osait pas, c’est juste qu’il y avait trop de <em>sad end</em> dans la réalité pour qu’elle en rajoute encore dans le virtuel. Et puis, elle n’en avait pas le courage. Pourquoi verser des larmes pour des mots sur du papier puisqu’elle en versait déjà trop dans l’autre dimension ? De toute façon, elle seule avait le pouvoir de décider. Que c’était jouissif !…</p>
<p style="text-align: justify;">            Un jour, elle décida de commencer un autre début. Comme à chaque fois, elle se demandait si elle allait aller jusqu’au bout. Elle savait déjà qu’elle allait inverser les rôles : pour une fois, sa personnage lui ressemblerait, et pas l’inverse. Non mais sans blague. Et qu’elle vienne lui dire quelque chose !… Ca serait donc cette fois-ci un récit légèrement autobiographique. La feuille comme miroir. Elle se demandait ce que cela pourrait bien donner. Elle raconta donc à la troisième personne l’histoire d’une jeune fille qui adorait écrire. C’est vrai, qui adorait ça. C’est un bruit qui la berçait, qui la calmait, qui l’apaisait.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais elle ne savait pas précisément comment ça se terminerait. Elle savait que ce ne serait pas un <em>happy end</em>, une fois n’est pas coutume. Peut-être allait-elle la faire tomber gravement malade. Peut-être allait-elle la faire sombrer dans la folie. Non. Mieux que ça. Elle était curieuse. Alors elle décida de la fai<sup>1</sup></p>
<p style="text-align: justify;"><sup> </sup></p>
<p style="text-align: justify;"><sup>1</sup> Nous avons décidé de laisser telle quelle la fin du récit, sans rien changer au manuscrit d’origine sur lequel l’auteur a été retrouvée morte.<em> (Note de l’éditeur)</em></p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://culture-en-vrac.over-blog.com/">Chez Florence</a></p>
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		<title>Je vous assure que ça ne rigole pas sur l&#8217;autre scène par Vincnet_B</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 05:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous sommes pire que des enfants à embrasser le vent et faire les yeux doux au moindre précipice. Incontrôlés et inadaptables, nous infligeons de violentes torsions au réel. Bien sûr, nous nous y cognons plus qu&#8217;à notre tour; puisque c&#8217;est là que réside notre définition du mot vivre. Lorsque j&#8217;y pense, je me dis que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2442" class="wp-caption alignleft" style="width: 106px"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/nb-6.jpg"><img class="size-full wp-image-2442" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/nb-6.jpg" alt="" width="96" height="126" /></a><p class="wp-caption-text">Par Kler</p></div>
<p>Nous sommes pire que des enfants à embrasser le vent et faire les yeux doux au moindre précipice. Incontrôlés et inadaptables, nous infligeons de violentes torsions au réel. Bien sûr, nous nous y cognons plus qu&#8217;à notre tour; puisque c&#8217;est là que réside notre définition du mot vivre.<br />
Lorsque j&#8217;y pense, je me dis que l&#8217;irrévérence de nos vies dissolues tient uniquement de l&#8217;ultime subversion de la langue. Ainsi; je n&#8217;ai appris à parler qu&#8217;à trente ans, le jour où je décidais d&#8217;abandonner ma langue maternelle. Je veux dire que si j&#8217;en conserve les phonèmes, les mots que j&#8217;utilise à présent, ne sont devenus intimes qu&#8217;après la perte d&#8217;un verbiage, dont j’ai su, suite à nombres d&#8217;errances, qu&#8217;il ne saurait jamais me convenir.</p>
<p><span id="more-2438"></span><br />
De ma langue nourricière, je n&#8217;ai conservé que le goût des abysses. J&#8217;aime y sauter à pieds joints, comme un gosse dans une flaque. J&#8217;ai gardé cet amour de la fange et me délecte toujours d&#8217;avoir à m&#8217;y vautrer. Dois-je vous dire que ma langue est dure, qu&#8217;elle coupe, qu&#8217;elle tenaille et cisaille ? Dois-je vous dire qu&#8217;il est parfois difficile de la laisser – Elle &#8211; sur le pas de la porte ? Qu&#8217;il me faille attendre de savoir son visage apaisé loin de cette nébuleuse, que je la sache tranquille les cheveux emmêlés, son esprit sommeillant et la tête sur l&#8217;oreiller. Ce n&#8217;est qu&#8217;alors que je peux reprendre mes apnées forcément solitaires, sortes de contre-plongées à rebours dans les outre-fonds où danse la folie.<br />
C&#8217;est de là que je tire ma matière primaire : des sensations, des images et des sons. Tout y est en germinaison ou collafeutrage. Un matériel instable, à manier avec grandes précautions, car il est toujours moins-un qu&#8217;il ne vous explose à la gueule.<br />
D&#8217;ailleurs je me demande souvent si ceux de nous qui ont chu, n&#8217;auraient pas commis quelques maladresses dans leurs manipulations linguistiques. Je m&#8217;en rappelle une qui y allait de son corps pour attaquer sauvagement les structures sémantiques. C&#8217;était une jusqu&#8217;au-boutiste au cri primal qui usait beaucoup trop des onomatopées pour que sa technique en devienne infaillible. Elle s&#8217;en prenait, comme il se doit, aux jonctions mais avec une telle véhémence, une telle rage, une telle hargne qu&#8217;elle ne pouvait que finir broyée entre deux paragraphes.<br />
Pour ma part j&#8217;essaie d&#8217;y aller farfelu, un rien détaché mais avec terriblement de constance. Il ne sert à rien de fomenter trop de plans, la structure est farouche et il faut la prendre par subtilité. Il est nécessaire de l&#8217;amadouer, la séduire, lui laisser l&#8217;illusion que c&#8217;est elle qui a prise&#8230; Et lorsque suffisamment proche, elle se laisse caresser enfin, il est temps d&#8217;assener un grand coup de prose pour fissurer sa carapace.<br />
De même, il ne faut pas y aller balbutiant. Si par hasard, elle détectait le moindre babillage, elle se ferait virulente et teigneuse, haineuse comme un animal traqué et toujours prêt à mordre. Aussi, j&#8217;ai dû quitter plus d&#8217;un frère au bord des marges, des pas vraiment morts mais pas suffisamment vivants non plus. Cruel dilemme que de ne pas s&#8217;encombrer d&#8217;une charge et de les abandonner souffreteux au milieu d&#8217;une page. Pour sûr, la morale joue de la culpabilité, ce qui demeurera sa plus précieuse arme.</p>
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		<title>La nuit, je mens par Sour</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/09/27/par-sour/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 08:50:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[les pièges de l'inconscient]]></category>

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		<description><![CDATA[Je les regarde ces couples tristes qui discutent sur les canapés, j&#8217;ai toujours évité d&#8217;être comme eux. La soirée est animée, les gens sont ivres et la musique bien trop forte. Eux sont là, à parler entre couples, bien moins joyeux que les autres, bien plus sobres, on dirait qu&#8217;ils s&#8217;ennuient, qu&#8217;ils ont l&#8217;habitude de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/image-sour.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2398" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/image-sour-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je les regarde ces couples tristes qui discutent sur les canapés, j&#8217;ai toujours évité d&#8217;être comme eux. La soirée est animée, les gens sont ivres et la musique bien trop forte. Eux sont là, à parler entre couples, bien moins joyeux que les autres, bien plus sobres, on dirait qu&#8217;ils s&#8217;ennuient, qu&#8217;ils ont l&#8217;habitude de s&#8217;ennuyer&#8230;<br />
Posé avec mon whisky, je regarde les gens défiler. Pas mal de beaux mecs bien habillés, de jolies femmes pleines de style&#8230;tout juste ce que j’espérais.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2393"></span><br />
Je finis mon verre et retourne dans la cuisine en chercher un autre, un concours de bière y est organisé mais je me contente de gin, ca me donne un genre.<br />
Sur le pas de la porte, un brun au regard ténébreux me croise et m&#8217;adresse un sourire, je lui rends discrètement.<br />
Je retourne à la salle, et à coté des enceintes, aborde une jolie black qui semble s&#8217;ennuyer. Ma chemise noire fait son effet, trente secondes plus tard elle m&#8217;embrasse, je sens l&#8217;alcool mais ça ne semble pas la déranger, quarante secondes plus tard elle m&#8217;ennuie, je ne veux pas d&#8217;elle pour le reste de ma soirée, cinquante secondes plus tard je suis loin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon verre est vide et le beau brun probablement encore dans la cuisine, je retourne me chercher une vodka, le croise, et l&#8217;entraine dans la pièce vide la plus proche.<br />
Il se laisse faire, sourit, mais n’entreprend rien. Sans lui parler je déboutonne son pantalon et me met à genoux devant lui, je veux son sexe, il n&#8217;aura pas le mien, pas lui&#8230; je fais à mon envie. Quand je sens un préservatif dans sa poche arrière, je ne cherche pas plus loin, je lui enfile, me retourne et lui laisse prendre les choses en main.<br />
On part rejoindre la soirée, nous avons pris notre plaisir, nous sommes embrassés et rhabillés, chacun de son coté, le sourire aux lèvres, sans un mot.<br />
La musique s&#8217;est adoucie entre temps, mais on est encore loin du rock psyché de fin de soirée, c&#8217;est plutôt bon signe, je rejoins des amis et discute devant un soda.<br />
Je ne sais plus exactement comment on joue à ce jeu à base de shooters mais me laisse entrainer, je me souviens qu&#8217;on y passe son temps à boire et relever des défis, j&#8217;aime justement beaucoup les deux.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux heures après me voila incapable de compter jusqu&#8217;à dix sans fourcher, heureux et souriant comme je ne le suis jamais, pas encore assez soul pour être fatiguant.<br />
Je lâche ici ma partie et commence à discuter avec elle, celle à qui je fais des sourires depuis bientôt 8 shots, bizarrement elle ne me repousse pas, je crois qu&#8217;elle n&#8217;est pas mieux que moi&#8230;<br />
Le riff de Stairway to Heaven se lance, il est temps de partir en vitesse avant que la soirée ne devienne romantique, je l&#8217;entraine dehors et avec son accord nous rentrons chez moi.<br />
Tous les deux totalement arrachés, nos vêtement ne tiennent pas complétement jusque dans l’ascenseur, dans le couloir mes chaussures passeront la nuit, dans mon entrée c&#8217;est son pantalon qui nous fausse compagnie, sur le pas de la porte de salle, elle a déjà joui.<br />
Le reste de la nuit ne sera que plaisirs en abondance, vodka fraise et débridage sexuel.<br />
Une fois trop épuisés, nous décidons de dormir, complétement nus, son corps blotti contre moi. Il est sept heure du matin sur le réveil, je ferme les yeux et réalise la chance que j&#8217;ai&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il est six heure trente<br />
Je me réveille, la main dans le boxer et les draps tachés<br />
Mon alarme vient de sonner pour le travail.<br />
Mon esprit a finit ses songes de plaisir et me rappel à ce qu&#8217;est ma vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme chaque matin, je suis dans ce lit&#8230; complétement seul&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://asktheart.com/" target="_blank">Chez Sour</a></p>
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		<title>Affaire DSK</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 16:34:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mast</dc:creator>
				<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[HO]]></category>
		<category><![CDATA[diallo]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Strauss Khan]]></category>
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		<category><![CDATA[heros ordinaires]]></category>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Si, si. Promis.  &#160; &#160; &#160; &#160;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://s279.photobucket.com/albums/kk128/gorgeprofondex/?action=view&amp;current=promodsk2.jpg" target="_blank"><img class="aligncenter" src="http://i279.photobucket.com/albums/kk128/gorgeprofondex/promodsk2.jpg" alt="Photobucket" border="0" /></a></p>
<p><span id="more-2465"></span><br />
<a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2466" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage1.jpg" alt="" width="550" height="2590" /></a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage2.jpg"><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-2467" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage2.jpg" alt="" width="550" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage3.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2468" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage3.jpg" alt="" width="550" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2469" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage4.jpg" alt="" width="560" height="2592" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2470" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage5.jpg" alt="" width="501" height="2590" /></a></p>
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<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage6.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2471" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage6.jpg" alt="" width="500" height="2590" /></a></p>
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<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage7.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2472" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage7.jpg" alt="" width="504" height="2590" /></a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage8.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2473" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage8.jpg" alt="" width="530" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage9.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2474" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage9.jpg" alt="" width="558" height="2591" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage10.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2475" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage10.jpg" alt="" width="555" height="2591" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage11.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2476" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage11.jpg" alt="" width="568" height="2591" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage12.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2477" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage12.jpg" alt="" width="515" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage13.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2478" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage13.jpg" alt="" width="509" height="2590" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage14.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2479" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage14.jpg" alt="" width="524" height="2590" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage15.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2480" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage15.jpg" alt="" width="511" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage16.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2481" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage16.jpg" alt="" width="515" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage17.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2482" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage17.jpg" alt="" width="507" height="2592" /></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage18.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2483" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/AffaireDSKpage18.jpg" alt="" width="574" height="2592" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><strong>Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Si, si. Promis. </strong></p>
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		<title>Rouge, un père et manque</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 05:00:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sand</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[les pièges de l'inconscient]]></category>
		<category><![CDATA[réel / virtuel]]></category>
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		<category><![CDATA[rouge un pere et manque]]></category>
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		<description><![CDATA[      A force d’écrire, de se relire, de retravailler, un mot plutôt qu’un autre ; à force d’être sans arrêt à parler de soi à travers les histoires, on a peut être plus que d’autres accès à des parts de nous qui restent lovées en général. Sans doute, si j’inclus tant de personnages féminins ou masculins [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">      A force d’écrire, de se relire, de retravailler, un mot plutôt qu’un autre ; à force d’être sans arrêt à parler de soi à travers les histoires, on a peut être plus que d’autres accès à des parts de nous qui restent lovées en général. Sans doute, si j’inclus tant de personnages féminins ou masculins borderline ou fous à lier dans mes textes c’est que je domestique ma peur de la maladie mentale (le monstre des femmes desquelles je suis issue: ma mère en première ligne).Surtout ne pas reproduire, ne pas être atteinte. Une forme de conjuration mieux encore qu&#8217;une thérapie: verbaliser, dessiner ce qui m&#8217;effraie le plus pour en faire une menace innoffensive. Je la jette sur le papier comme on balancerait de l’antiseptique sur une plaie purulente. Cette part d’inconscient qui me pousse à aller vers ces personnages là, comme en terrain connu, avec autant de dégoût que d’envie. Parce que ce désordre m’est familier. Difficile de savoir peindre les jolies choses quand ce qu&#8217;on connait le mieux est abimé, failli, mouvant. Parce qu&#8217; on finit par faire corps avec cette singularité. Parce que j’aime à voir mes orteils au dessus du précipice alors que je sais, je sens, mes talons bien arrimés. Fascinant de voir comme on apprend à se protéger, à redire la réalité quand on peut écrire. Ma résilience passe par là. Ecrire, jusqu&#8217;à n&#8217;en plus pouvoir, jusqu&#8217;à avoir sorti tous les fantômes du placard.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2381"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Parfois je bute. Il y a ce sur  quoi je n’arrive pas à écrire, mais qui transpire pourtant. Comme un non dit. Le père, mon père. Je n’ai jamais été fervente des déballages, j’ai toujours préféré ignorer son existence, quasi le tuer métaphoriquement. Mais pour être en paix avec lui, avec moi, il faudrait peut être d’abord essayer de l’ébaucher ? L&#8217;ébaucher à partir de ce qu’on connaît. Si peu : deux années sur trente, un jour par semaine, quelques appels téléphoniques, une carte postale. Dresser un bilan comptable de souvenirs. Maigre. Des rendez vous qu’on rate toujours. Un portrait de mon père. Ardu.</p>
<p style="text-align: justify;">Je le biaise, je ne sais de lui que ces quelques heures/jours qu’il a bien voulu me donner: toute objectivité est perdue à jamais en ce qui le concerne. Il est un puzzle dont je n’ai pas toutes les pièces.</p>
<p style="text-align: justify;">Moi dans le miroir. En filigrane, mon père: même couleur de cheveux, même nez, même fossette asymétrique.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père. Un grand baraqué, costaud. Fort en gueule. Un déménageur. Un rugbyman -pas un de ces &laquo;&nbsp;dieux du Stade&nbsp;&raquo; épilé policé- un mec à oreilles en chou-fleur, bosselé, rudoyé- une montagne préhistorique qui hurle plutôt qu&#8217;il ne parle, qui engouffre plutôt qu&#8217;il ne mange. Un ogre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père cet ogre immature. En expérimentation:  image de lui digérant à peine et déjà plongé dans un livre de recettes presque la bave aux lèvres. Je ne crois pas qu&#8217;il aie déjà tenu un vrai livre entre ses mains mais les livres de cuisine&#8230; Il se fait des ripailles imaginaires, des banquets fabuleux à s&#8217;en faire crever la panse, à rouler ivre sous les tables, à vomir l&#8217;excès de nourriture.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père, c&#8217;est Gargantua. J&#8217;ai hérité de lui cette tendance à l&#8217;excès. Quelque chose qui reste toujours inassouvi.</p>
<p style="text-align: justify;">La glorification: être un cran au dessus de son personnage.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est un grand héros romantique. La poésie en moins.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est alcoolique. Jusqu&#8217;à la déchirure.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est grégaire. Il aime la meute.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est un taulard: à vie il restera un prisonnier.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est un enfant.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est cette série d’adjectifs, accolés étrangement, auxquels j’essaie de donner de la densité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’a rien d’ Idéal. Alors, autant le modeler, glaise des souvenirs malaxée jusqu’à en fabriquer un à soi.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est dans ma vie entre deux portes: il a fui mon enfance comme on s’effraie des ombres aux murs la nuit. J&#8217;ai aimé les livres à défaut de pouvoir aimer les gens. Et puis je suis devenue ado. Il est revenu, temporairement. Mes notes à l&#8217;école, ma répartie, mon humour font mouche. Pour lui plaire: être brillante. Maîtriser des choses qu’il ne connaît pas. Trouver un domaine dans lequel il ne soit pas écrasant, et l’éblouir: écrire. Il ne me lira probablement jamais. Pourtant son ombre s’invite un peu partout. Il agit, par touches impressionistes, à travers mes personnages. Il accentue ou polit certains détails.</p>
<p style="text-align: justify;">Il conditionne ce que je suis, je chercherai probablement à l’infini cette approbation masculine sur ce que je fais, ce que je crée. A épater tous ces pères qui ne sont pas les miens, un succédané pour oublier que c’est lui au fond que je cherche à impressionner. J&#8217;ai été élevée dans l&#8217;idée du matriarcat: pour autant, l&#8217;avis masculin m&#8217;est plus nécessaire et tangible que n&#8217;importe quoi d&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est l&#8217;étranger le plus proche de moi que je connaisse. Nous sommes des goélands englués, incapables d’aller l’un vers l’autre. Idiots muets. Capables de jouer à l&#8217;infini sur les mots quand il s&#8217;agit de ne rien dire, handicapés de la communication quand les sentiments s&#8217;en mêlent. Autistes duettistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Béent les images: son appart’ de mes 15 ans, la cuisine &#8211; mini kitchenette pour être précis- en état de siège permanent, casseroles maculées de sauce, cartons d&#8217;emballages de nourriture sous vide, ou surgelée encombrent l&#8217;évier, et ce qui tient lieu de plan de travail.<br />
Des pompes échouées à côté du canapé, comme des navires en perdition. Immenses. Il a l&#8217;air de dépasser de partout, d&#8217;être contenu dans une maison de poupée.</p>
<p style="text-align: justify;"> Mon père est ce trop.</p>
<p style="text-align: justify;">Un pas de plus, un geste maladroit, et tout explose. Les soirées chez lui &#8211; calmes, comme au ralenti- avachis dans son canapé, il me prête une de ses chemises pour dormir. Je flotte dedans, elle m&#8217;arrive jusqu&#8217;à mi-cuisses. Recroquevillée dans un coin, les mains sur les genoux, dans la pénombre, je fixe l&#8217;écran. Je ne sais absolument pas ce que je regarde: je suis à l&#8217;intérieur de moi, concentrée sur le fait de ne pas prendre trop de place, et pourtant d&#8217;en prendre tellement. Être sa fille.</p>
<p style="text-align: justify;">Moi à côté de cette grande carcasse, à l&#8217;entendre respirer calmement.<br />
Mon père, et moi. Un couple improbable et pourtant écrit noir sur blanc. Je porte son nom, il m&#8217;a longtemps un peu embêté, un peu pesé. Des accents rudes, d’ailleurs, que je ne connais pas. Des borborygmes étranges et familiers. La part de mots inconnus. La détestation de cette langue qui est tant lui et que je ne veux pas comprendre, mais que j&#8217;entends pourtant, comme évidente.</p>
<p style="text-align: justify;">Parler pour ne rien dire, pour meubler le silence gênant, une pirouette pour ne pas aller au fond des choses: personne ne m’a appris ça mieux que lui. Et observer. Le souci du détail, de la fêlure, de la croûte qui gratte, … Mon père m&#8217;a peu appris, mais il a fait de moi cette boulimique de mots, il m&#8217;a filé ce réflexe de toujours raconter les histoires. De peaufiner les phrases. Précise. Il a été mon premier sujet. Son regard sur les bouteilles comme sur un vieil amour déçu. Ses yeux qui sautent directement à droite de la carte au resto. Sa façon d&#8217;éviter le verre, les verres. Pourtant, c&#8217;est en sa compagnie que je découvre l&#8217;alcool: le Martini. L’amer-acide nimbé de sucre, lien entre lui et moi. Ses yeux gris-bleu dans les miens.</p>
<p style="text-align: justify;">Mon père est l’étranger nécessaire. Celui qui nourrit autant qu’il affame. Ce n’est pas tant lui qui me manque, que l’idée d’un père.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien ne me rassure et ne m’angoisse mieux que le regard d’un homme. Plaire avant qu’il ne parte. Et être incapable de dire: reste!<br />
Être encore, pour longtemps, l’ado pas finie perdue dans sa chemise trop grande.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.heavencanwait.fr/2010/04/chanson-pour-danser-eternellement-avec-mon-pere/">Et ressentir ce vide absurde: ne pas pouvoir juste une fois danser avec mon père.</a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://lemondealedroitdesavoir.wordpress.com/" target="_blank">Chez Sand</a></p>
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		<title>Tombe par @dizaines</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Sep 2011 05:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y avait étonnamment peu de circulation. Quelques taxis, un cycliste au casque d&#8217;un rouge incongru, de rares piétons – ombres aussitôt disparues à l&#8217;angle des immeubles. La lumière éclatante assommait tout le relief des choses, si proches, plates et colorées qu&#8217;il lui semblait possible de les attraper de la main, si loin fussent-elles en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y avait étonnamment peu de circulation. Quelques taxis, un cycliste au casque d&#8217;un rouge incongru, de rares piétons – ombres aussitôt disparues à l&#8217;angle des immeubles. La lumière éclatante assommait tout le relief des choses, si proches, plates et colorées qu&#8217;il lui semblait possible de les attraper de la main, si loin fussent-elles en réalité. Elle sortait du travail, satisfaite d&#8217;elle-même. Elle avait bouclé des dossiers en souffrance depuis des semaines, convaincu sa chef de l&#8217;utilité de valider la nouvelle procédure qu&#8217;elle avait conçue pour parfaire la démarche qualité de l&#8217;entreprise.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2408"></span></p>
<p style="text-align: justify;">            Elle se sentait légère. Ou vide. Peu importe. C&#8217;était le moment de prendre un verre en terrasse. Mais aucun café ne semblait ouvert, et elle décida de prolonger la promenade en faisant un détour inattendu dans le chemin familier de la maison. Elle n&#8217;avait jamais repéré le petit square caché au creux de cette impasse devant laquelle elle passait pourtant quotidiennement. Elle ouvrit le petit portail vert municipal et rongé de rouille, dont le grincement aigu était exactement le même que celui du jardin public de son enfance où son père l&#8217;amenait les mercredis avec son frère, dans les premières années qui avaient suivi le divorce. Il venait de loin pour les voir, et ses visites suivaient toujours le même rituel dont l&#8217;apothéose était la sortie au parc, où ils se goinfraient de glaces, inventaient de minuscules histoires sous les branches des sapins dont le courbé faisait une cabane, jouaient ou se bagarraient avec les autres mioches au gré des alliances éphémères et des embrouilles interminables. Son père pendant ce temps-là lisait assis sur un banc, regardait les femmes passer, et parfois leur parlait, et parfois son regard se perdait dans le ciel avec un air qu&#8217;elle n&#8217;avait jamais su interpréter.</p>
<p style="text-align: justify;">            Elle était revenue dans ce parc bien des années plus tard, et n&#8217;avait pu s&#8217;empêcher de ressentir un pincement de déception en constatant sa petitesse. Mille aventures y avaient semblé auparavant possibles et maintenant, elle pouvait en contenir toute la superficie du regard. Les jeux de plein-air étaient abîmés, le sable sale, même les enfants semblaient vulgaires et inauthentiques, pauvres nains grimaçants et criards.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le square qu&#8217;elle traversait était différent. Peut-être était-ce la luminosité spéciale, presque irréelle de cette journée ? Comme si le filtre secret posé sur le monde lui avait été arraché, et que tout apparaissait dans sa crudité. Les ombres qui bruissaient et glissaient comme des présences humaines, le chuintement du vent dans les branches mouvantes, le pépiement de chaque oiseau, le vert distinct de chaque plante, le gravier qui crissait sous ses pas. Et comme elle avançait dans une allée, elle le vit et sut. Ça allait recommencer.</p>
<p style="text-align: justify;">            À peine effleura-t-elle le regard de l&#8217;homme qui marchait vers elle. Et elle tomba. Net, comme à chaque fois, s&#8217;effondrant sur ses jambes. Elle se maudissait alors qu&#8217;il se précipitait pour la relever. Elle sourit d&#8217;un air gêné, se dégagea du bras prévenant de l&#8217;inconnu et fila aussi vite que possible dans le tournant de l&#8217;allée. Elle avait pensé que c&#8217;en était fini de ces chutes à répétition quand elle croisait le regard intéressé d&#8217;un homme sur elle. Au début, au départ de l&#8217;adolescence, elle avait cru que ça arrivait quand un garçon lui plaisait. C&#8217;était une idée réconfortante, mais petit à petit, elle s&#8217;était aperçue que c&#8217;était plutôt l&#8217;inverse. Elle y avait beaucoup réfléchi. Elle ressentait la même surprise à chaque fois, le même sentiment de perdre en un instant toute maîtrise de son corps. Elle se retrouvait à terre, le déroulé de la chute encore vivace dans ses membres, sans que jamais elle puisse l&#8217;interrompre, voire seulement, le modifier. Un homme l&#8217;accrochait du regard, la harponnait de son désir, ou simplement de son intérêt – et elle tombait. Inerte, impuissante.</p>
<p style="text-align: justify;">            Elle avait cherché longtemps à se l&#8217;expliquer, enrageant contre elle-même de ne parvenir à enrayer ce symptôme. Enfant, de nombreux rêves de chutes vertigineuses la réveillaient, transpirante, les yeux écarquillés dans le noir, le bras crispé et tendu à la recherche d&#8217;un appui. Puis, ils avaient disparu. Plus tard, quand elle avait commencé à sortir avec des garçons, une nouvelle forme de chute était apparue. C&#8217;était toujours dans la rue, à côté de l&#8217;homme qu&#8217;elle aimait. C&#8217;était comme un test. Allait-il la soutenir, l&#8217;empêcher de tomber ? La plupart le faisait, et pourtant elle détestait cette emprise qu&#8217;ils avaient alors sur elle, elle les détestait. Jamais elle n&#8217;avait autorisé un homme à vivre avec elle, ni à lui faire certaines caresses. Il y a des choses qu&#8217;on ne peut pas offrir.</p>
<p style="text-align: justify;">            Une fille à la ramasse, voilà ce qu&#8217;elle était. Les hommes défilaient dans sa vie depuis si longtemps, l&#8217;un après l&#8217;autre, chacun différent des autres et chacun pourtant partie prenante de la même série dont elle ne trouvait pas le dénominateur commun. La lassitude l&#8217;avait gagnée au fil des années, elle avait cessé d&#8217;en chercher le nom et elle avait juste l&#8217;impression qu&#8217;elle se mettait en couple comme on se cogne.</p>
<p style="text-align: justify;">            Elle était rentrée chez elle sans s&#8217;en rendre compte. Elle ferma la porte derrière elle. Elle regarda les murs noircis de sa chambre, qui dégoulinaient des cauchemars qu&#8217;elle n&#8217;avait jamais racontés à personne. Chaque objet sur les étagères, chaque reproduction au mur était à sa place. Elle pensa fugitivement que cette chambre était sa tombe. Elle ouvrit les draps, éteignit la lumière. Finalement, cette journée n&#8217;avait pas été si spéciale que ça.</p>
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		<title>Petit précis de l&#8217;acte manqué par Henri</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Sep 2011 05:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
				<category><![CDATA[fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[Lancer la musique « Couronnes, Ménilmontant… Père Lachaise. Couronnes, Ménilmontant, Père Lachaise. Descendre à Père Lachaise. » Pierre avait appris cette suite par cœur dans le train qui l’avait amené à Montparnasse. Il ne connaissait pas bien Paris. Ou seulement le treizième arrondissement. Le bout de la ligne sept, les Gobelins. Les Gobelins parce que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=8JBO9V50jJU&amp;NR=1">Lancer la musique </a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Couronnes, Ménilmontant… Père Lachaise. Couronnes, Ménilmontant, Père Lachaise. Descendre à Père Lachaise. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Pierre avait appris cette suite par cœur dans le train qui l’avait amené à Montparnasse. Il ne connaissait pas bien Paris. Ou seulement le treizième arrondissement. Le bout de la ligne sept, les Gobelins. Les Gobelins parce que c’est l’école de cinéma qu’il avait toujours voulu faire. Il avait fini par choisir une autre voie, sous la vindicte de ses parents, qui voyaient en lui un conseiller bancaire. Qui gagnerait de l’argent.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2388"></span><br />
Pierre, lui, se souvenait de ce grand réalisateur. Il se rappelait du premier film qu’il avait vu de lui. Du choc qu’il avait reçu à la poitrine quand l’écran de fin s’était noirci. Il s’était immédiatement dit qu’il voudrait faire comme lui, plus tard. Faire vivre l’imaginaire, contrôler la lumière, les mots et les gestes. Pierre était tombé fou de ces plan-séquences silencieux et pourtant si intenses, de l’alliance de la musique et de l’image. Ses amis s’étaient d’ailleurs souvent moqués de lui pour le désintérêt qu’il portait aux films d’action, aux gros budgets, à ces films masculins qui réussissaient plus à le consterner qu’à le divertir.<br />
Il se souvenait du réalisateur, de ses grosses mains aux doigts larges et aux ongles rongés. Des petites lunettes rondes qu’il avait souvent comparées à deux olives, de son chapeau et de sa cigarette constamment allumée.  Sur les photos qui figuraient dans le salon de ses parents, l’homme portait toujours un vieux pantalon en velours côtelé et fumait des cigarettes en regardant au loin. Ses actrices étaient belles, vaporeuses et ingénues, mais Pierre ne s’y était jamais intéressé.<br />
Il gardait systématiquement les yeux sur cet homme qu’il appelait « Papy Jacques », et qui passait tous les dimanches à la maison pour l’emmener se promener sur les plages de sa Belgique natale, en lui contant les cormorans. Pierre n’avait su que très tardivement que son grand-père faisait des films. Cela faisait partie de la mythologie familiale. Personne n’en parlait vraiment quand il était plus jeune. Il était tombé sur une enveloppe courrier avec une cassette vidéo, et il avait compris.<br />
« Couronnes, Ménilmontant, Père Lachaise. » La cérémonie devait démarrer à 11h. Il était 10h30 quand Pierre était monté dans le métro, en prenant bien soin de calculer le trajet pour ne surtout pas être en retard. Papy Jacques n’aimait pas le retard. Pierre aurait tout fait pour éviter cette scène. Il ne voulait pas lui dire au revoir. Pas maintenant. Seulement, il n’avait pas eu le choix. Etouffant un sanglot, il avait pris la ligne deux. Les yeux perdus dans le vide, la lumière des néons du métro se reflétant dans ses pupilles. Il fixait la vitre de la porte sans pouvoir en décrocher.<br />
Quand il reprit ses esprits, sa vision s’éclaircit et l’écriteau blanc de la station indiqua Philippe Auguste.<br />
Et merde.</p>
<p style="text-align: right;"><a href="http://route2nuit.fr/" target="_blank">Chez Henri</a></p>
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		<title>Les pièges de l&#8217;inconscient</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Sep 2011 08:07:54 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ecrire, donner un bout de soi en pâture à l’autre, raconter et se raconter à travers des vies et des histoires qui ne sont pas les nôtres. Se dire dans les silences. Si l’inconscient est ce qui s’énonce à l’insu du sujet, que reste-t-il de libre arbitre ? Dans ce que nous contrôlons, chaque jour, dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/inconscient-magritte1.jpeg"><img class="size-full wp-image-2424 alignnone" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/inconscient-magritte1.jpeg" alt="" width="190" height="309" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ecrire, donner un bout de soi en pâture à l’autre, raconter et se raconter à travers des vies et des histoires qui ne sont pas les nôtres. Se dire dans les silences. Si l’inconscient est ce qui s’énonce à l’insu du sujet, que reste-t-il de libre arbitre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce que nous contrôlons, chaque jour, dans la représentation de nous même, qu’est-ce qui nous échappe ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2401"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Sur les réseaux sociaux, nous nous prêtons au jeu du paraitre, en choisissant un pseudo, une image, un avatar. Créer un personnage.</p>
<p style="text-align: justify;">On se rassure, ce n’est qu’un exutoire, un espace de libre parole où l’on peut se décharger de la pression quotidienne, une catharsis 2.0 qui va nous permettre de se laisser exister tel que l’on rêve secrètement d’être. Drôle et pertinent, grande bouche et assumé, heureux et libre.</p>
<p style="text-align: justify;">On se rassure parce qu’on contrôle. Ce double n’existe pas, on lui fait faire ce qu’on veut. C’est à nous de l’animer, de le faire respirer. A nous de faire des choix. On contrôle l’avatar pour mieux se sentir vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">…</p>
<p style="text-align: justify;">Vraiment ?</p>
<p style="text-align: justify;">Comment considérer le rapport étroit entre l’homme et l’avatar, l’auteur caché derrière son œuvre ?</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’histoire de cette bloggeuse qui nous livre sans vergogne ses frasques nocturnes, son corps et son esprit, sans limite. Pourtant, elle est un personnage, qu’elle alimente au quotidien de sa vie. Quand l’avatar empiète trop sur le réel, elle craque, disparait, pour mieux revenir, coincée dans cet autre qu’elle a crée.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’histoire de ce bloggeur qui s’est inventé une vie. Au fil des billets, il construit un autre métier, d’autres amis, une autre existence…  Un jour, le personnage est mort. C’était la fin d’une aventure et le début d’une autre. Nouveau blog, nouvelle histoire. Et pourtant, l’auteur n’y arrive pas. Il est cet autre qu’il a façonné et ne parvient pas à s’en défaire.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’histoire de ce petit monde virtuel.</p>
<p style="text-align: justify;">La question est assez simple, au final. De l’auteur et de l’œuvre, qui est sous l’aliénation de l’autre ?</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait penser que celui qui écrit est libre de sa production, maître du sens donné à ses mots. Dans cette perspective, l’écrivain est posé comme le créateur de son écrit, à l’origine de celui-ci. C’est d’ailleurs cette thèse que vont soutenir bon nombre de twittos, si tant est que l’écriture en 140 caractères puisse être considérée comme une production littéraire. « Moi ? Mais je fais parfaitement la différence entre ce que je suis et ce que j’écris sur twitter ! ».</p>
<p style="text-align: justify;">Es-tu sur?</p>
<p style="text-align: justify;">Foucault va trancher avec  cette conception du sujet souverain (et avec lui Lacan et Lévi-Strauss) et va parler de révolution structuraliste. Il ne s’agit plus de sujet idéalisé. L’auteur n’est plus le père de son œuvre mais il en devient le fils, il en devient une fonction : la fonction-auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">La dépendance de l’auteur à son œuvre est celle du signifiant, plaçant l’auteur sous la dépendance de son fantasme.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas clair ?</p>
<p style="text-align: justify;">Gardons à l’esprit que l’inconscient s’organise comme le langage. Ainsi, la manière dont un auteur va organiser son discours va dépendre de la manière dont son propre inconscient s’organise. L’auteur est aliéné au signifiant (la représentation de la chose, en gros). A travers l’écriture, nous avons donc accès à la structure du langage, et donc à la structure du fantasme de l’auteur. D’une façon qui échappe totalement à son contrôle, l’homme qui écrit est soumis à son fonctionnement interne. Il n’est plus le sujet libre qui crée son écrit mais bien l’homme soumis à lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">L’homme soumis par son inconscient, tombant dans le piège qu’il s’est lui-même tendu.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est cette question que j’ai soumis aux auteurs qu’Héros Ordinaires va vous proposer de lire dans les semaines à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Et vous, les pièges de l’inconscient, ça vous évoque quoi ?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La lettre retrouvée sur la dépouille de Xavier Dupont de Ligonnès</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Sep 2011 10:11:50 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Coucou tous les petits policiers, Nouvelle mega surprise, décidément ! Au moment où vous lisez cette lettre que vous trouvez certainement dans la poche intérieure de ma saharienne bleu marine, je ne suis plus de ce monde. Oh! je vois bien à quoi vous pensez. Vous vous dites que la cervelle éclatée qui dégouline sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Coucou tous les petits policiers,</p>
<p style="text-align: justify;">Nouvelle mega surprise, décidément ! Au moment où vous lisez cette lettre que vous trouvez certainement dans la poche intérieure de ma saharienne bleu marine, je ne suis plus de ce monde. Oh! je vois bien à quoi vous pensez. Vous vous dites que la cervelle éclatée qui dégouline sur le mur juste derrière cette enveloppe charnelle défraîchie m&#8217;appartient et que j&#8217;ai mis fin à mes jours parce que je sentais l&#8217;étau se resserrer sur moi. Vous êtes tellement prévisibles. Vous aimez trop vos classiques. Vous tirez de hâtives conclusions du fait que ce pouce que vous m&#8217;attribuez est encore posé sur la gâchette de cette carabine qui pointe vers le ciel. Vous tomberez aussi dans le panneau de l&#8217;analyse de l&#8217;ADN du cadavre que vous identifierez comme étant celle d&#8217;un certain Xavier Dupont de Ligonnès.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2368"></span></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est quand ce que vous nommez &laquo;&nbsp;rationalisme&nbsp;&raquo; aura rassemblé en faisceau les preuves décrétées tangibles, formelles ou matérielles par votre société d&#8217;hommes que vous recomposerez l&#8217;histoire sur une ligne de temps certes bien ficelée mais tout de même construite dans l&#8217;ignorance d&#8217;éléments qui vous dépassent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quand je vous dis qu&#8217;au moment où vous lisez cette lettre je ne suis plus de ce monde, je donne bien plus de sens à mes propos que vous ne pouvez le faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/Capture-d’écran-2011-09-03-à-12.25.46.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-2376" title="Capture d’écran 2011-09-03 à 12.25.46" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/Capture-d’écran-2011-09-03-à-12.25.46-1024x172.png" alt="" width="1024" height="172" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, j&#8217;ai inventé toute cette histoire d&#8217;infiltration de réseaux de drogues surveillés par la FBI, oui j&#8217;ai menti pour l&#8217;Australie. Non la C5 n&#8217;a pas été donnée au père d&#8217;un ami d&#8217;Arthur. Et c&#8217;est moi même qui ai tué les chiens, non sans avoir un peu les boules d&#8217;ailleurs… je ne pensais pas être capable d&#8217;une telle ignominie sur deux pauvres bêtes innocentes et douces. Evidemment qu&#8217;en vous indiquant dans un Post Scriptum apparemment maladroit de ne pas toucher les gravats sous la terrasse je me jouais déjà de vous et vous indiquais volontairement des indices, des pistes à suivre tout en sachant que leurs conclusions étaient hors de votre portée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La vérité, que vous parveniez à la comprendre ou pas, est que nous sommes tous en vie à l&#8217;heure actuelle. Le programme de surveillance et les relations étroites que toute la famille entretenait avec les autorités américaines étaient une couverture. Nous ne surveillions aucun réseau de drogue sur le territoire. Non, nous participions en réalité aux premiers essais d&#8217;un programme que la CIA a mis sur pieds juste après avoir découvert d&#8217;autres formes de vie sur des planètes dont je dois continuer de taire le nom. Le programme nous a sélectionné nous, pour d&#8217;évidentes raisons de stabilité mentale et d&#8217;avance intellectuelle sur notre temps mais aussi à cause de nos gênes. Toutes ces qualités ont été repérées lors d&#8217;une collecte de sang organisée dans le Var, lieu où vous avez probablement retrouvé la C5.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/Bruno-lochet_1301405978.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2370" title="Bruno-lochet_1301405978" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/Bruno-lochet_1301405978.jpeg" alt="" width="540" height="358" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Mes gênes contenaient déjà en eux des particularités exploitables par la science moderne. Je suis, en fait, le chaînon manquant qui nous sépare de l&#8217;union qu&#8217;une autorité supérieure et bien réelle a prévu de faire entre nos ADN et ceux d&#8217;une autre population qui nous ressemble drôlement. Cette qualité de mon génome est notamment reconnaissable dans ce léger strabisme qui m&#8217;a valu pas mal de moqueries quand j&#8217;étais à l&#8217;école et qui a fait que les gens ne m&#8217;ont jamais réellement pris au sérieux dans le domaine professionnel. Dès mon arrivée à mon poste le matin, je sentais les regards en coin, les mots chuchotés, les railleries dont on sent bien qu&#8217;on est le sujet. D&#8217;ailleurs, mon licenciement, j&#8217;en suis sûr, n&#8217;est pas étranger à ce que je n&#8217;ai que trop subodoré jusqu&#8217;alors. J&#8217;ai bien ri, en tout cas, quand ces crétins d&#8217;hypocrites se sont demandés qui crevait les pneus des bagnoles dans le parking…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">D&#8217;après la CIA tous ceux qui ont un strabisme similaire sont des sujets potentiels à des modifications génétiques incroyables. Jolie revanche, n&#8217;est-ce pas ? Ne vous étonnez donc pas de voir disparaître dans les mois à venir Roger Lemaire, Bruno Lochet, Florence Porcel, Alex Ferguson, Elijah Wood, Charlotte Legris, Samy Nacery, Tiberi (qui n&#8217;a donc jamais fait voter les morts) et @Beatnikita le sulfureux twitto&#8230; (j&#8217;en profite pour vous glisser que Joe Dassin et Dalida ne sont pas mort non plus).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/ecf35b76-e00b-11dd-8b90-e19a94377aa4.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2372" title="CINEMA-POLICE-ENQUETE-PEOPLE-NACERI" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/ecf35b76-e00b-11dd-8b90-e19a94377aa4.jpeg" alt="" width="493" height="277" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Ce que vous avez retrouvé de mes enfants sous la terrasse ne sont que des enveloppes corporelles, signe de notre passage ici. Leurs &laquo;&nbsp;âmes&nbsp;&raquo; ont muté dans d&#8217;autres &laquo;&nbsp;corps&nbsp;&raquo;. Pour que le processus soit complet, il me fallait partir en dernier. J&#8217;avais promis à mes supérieurs de tout laisser comme prévu sur le classique schéma du type qui pète un plomb et descend toute la famille. Mais quand j&#8217;ai vu tous ces mensonges sur mes intentions dans la presse, notamment toutes ces exagérations en ce qui concerne la honte éprouvée au moment où ma boîte m&#8217;a viré alors qu&#8217;il s&#8217;agissait pour moi d&#8217;une réelle libération, l&#8217;indignation m&#8217;a poussé a laisser un dernier témoignage avant de rejoindre &laquo;&nbsp;l&#8217;hyper espace transgénien&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;heure où vous lisez cette lettre, nous sommes donc tous sains et saufs et nous prospérons dans un univers où le bien et le mal ne sont jamais définis a-priori par d&#8217;immuables et rigides critères idéaux. Là où nous sommes la réussite sociale n&#8217;est plus fondée sur d&#8217;ignobles signes uniquement liés au paraître. Là où nous sommes, l&#8217;enfer n&#8217;est absolument pas les autres. Les satisfactions sont toutes purement intellectuelles. J&#8217;espère que vous parviendrez à accomplir, comme nous les Dupont de Ligonnes, l&#8217;épanouissement qui peut libérer ce monde de la faiblesse humaine, que les religions ont certes habilement nommé &laquo;&nbsp;malin&nbsp;&raquo; mais qu&#8217;elles ont trop diabolisé sans vraiment le comprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Et puis Blaise Pascal n&#8217;a rien compris au pari. Biensûr qu&#8217;il faut parier. Biensûr qu&#8217;il y a à gagner. Biensûr que je le sens en moi depuis longtemps ce don, ce potentiel. C&#8217;est grâce à ce sentiment de puissance d&#8217;ailleurs que j&#8217;ai réussi à me soustraire à mon devenir méchant. J&#8217;ai fini par comprendre que si j&#8217;étais raillé des autres ce n&#8217;était que sous des prétextes superficiels. Au fond, ce qu&#8217;ils appelaient &laquo;&nbsp;différence&nbsp;&raquo; et moquaient n&#8217;était que l&#8217;expression de ma puissance incomprise.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ici, quand on regarde le visage de quelqu&#8217;un d&#8217;autre, c&#8217;est un reflet de son visage à soi que l&#8217;on voit apparaître et non celui de l&#8217;autre, ce qui pousse à aimer son prochain sur un mode totalement différent, dans une sorte de nécessité inconditionnelle et rayonnante. La honte n&#8217;existe plus. On ne raille plus l&#8217;autre pour ses différences car l&#8217;autre est à la fois éliminé et réapparu. L&#8217;épiphanie du visage consacre le quant à soi dans une union indéfectible à l&#8217;autre. C&#8217;est le stade de la fusion.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Allez en paix, terriens.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/joe_dassin_16.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2373" title="joe_dassin_16" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/09/joe_dassin_16.jpeg" alt="" width="312" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">PS: c&#8217;est bien moi qui ai mis fin aux jours de celle que vous assimilez à une éventuelle maîtresse et que vous avez retrouvée dans un buisson dans le Var. Mais vous faites là aussi erreur, il s&#8217;agissait d&#8217;une espionne russe et pas la dernière.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ce monstre à mon image (1/8)</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Aug 2011 12:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Ma femme, premier violon à l’opéra de Lyon, est partie courant novembre, un soir de Ligue des Champions. Nul ne s’en est préoccupé. Qui est intéressé par l’opéra à part les bailleurs de subventions, quelques érudits endimanchés et les derniers adorateurs de l’exception culturelle peut-être ? Mon métier tient autant de la mort que de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0232.jpg"><img class="size-medium wp-image-2258 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0232-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Ma femme, premier violon à l’opéra de Lyon, est partie courant novembre, un soir de Ligue des Champions. Nul ne s’en est préoccupé. Qui est intéressé par l’opéra à part les bailleurs de subventions, quelques érudits endimanchés et les derniers adorateurs de l’exception culturelle peut-être ?</p>
<p>Mon métier tient autant de la mort que de l’art.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2257"></span></p>
<p>Il est l’heure. Discrètement, l’ancien joueur de football m’attend craintif dans son fauteuil de direction, le regard rivé à la fenêtre, vers l’aube persistante. La ville apparaît peu à peu, c’est la dernière fois pour lui. La rosée automatique faisant son office, la pénombre tire sur le taupe puis le bleu délavé, il a un rictus. Avant qu’il relâche celui-ci, ma seringue a déjà pénétré sa carotide avec un poison végétal de ma fabrication, que j’appelle Ivy. Tout son corps se détend d’un seul coup, délivré, plus personne à l’intérieur. Mais, pour les autres, il allait redevenir quelqu’un. Sa femme le découvrira apaisé, serein au milieu de tous ses trophées, de sa gloire. Alors je repars comme je suis venu, sans un bruit, sans une trace, sans un sentiment. Et au pied de l’immeuble de mon dernier client, immobile pendant près d’une demi-heure, ma demi-heure, j’ai eu l’impression d’avoir enfin derrière moi des choses, des gens. Je marche simplement, sans but précis, puis j’arrive sur mon ombre naissante entre le réverbère et la lumière. Et la Voix revient une dernière fois :</p>
<p>– Serge, il faut que je te parle, comment dire&#8230;</p>
<p>– Tu en as déjà trop dit, tu en as déjà trop fait. Il n’y a plus de mots, plus de vie, plus de choix.</p>
<p>– Écoute, je&#8230;</p>
<p>– Fais ce que tu veux, qui, quoi que tu sois ; je rentre chez moi.</p>
<p>Je fais un pas sur le passage clouté, encore orphelin, quand la vie me passe dessus sans avoir eu la courtoisie de s’annoncer. Le tombeau sur roues des urgences, appelé par la femme du footballeur, me percute de plein fouet. L’impact est bref, irrévocable. Il n’y a plus rien à faire. La logique a ce côté inextricable que le destin cherche en vain au travers de ses prédictions. La ville accueille une fois de plus la lumière dans son berceau de fer industriel et de béton armé. Et puisque chaque spectacle a une fin, les urgentistes gesticulent simultanément, mais je n’entends plus rien, sauf la ville. En chuchotant sur un ton maternel, elle me demande pardon :</p>
<p>– Mais pourquoi ne m’as-tu pas écoutée, je t’avais dit de rester sur le trottoir. Pourquoi ?</p>
<p>– Une question, une seule : que feras-tu lorsqu’il n’y aura plus personne pour croire en toi ?</p>
<p>– Eh bien je mourrai, c’est ce que j’ai toujours voulu, que cette histoire sans fin se termine.</p>
<p>– Dans ce cas, tu peux commencer à avoir peur.</p>
<p>Six heures trente-cinq, les éboueurs en uniforme fluorescent prospectent le boulevard&#8230;</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Helvetica; color: #0726a7} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Helvetica; min-height: 14.0px} span.s1 {text-decoration: underline ; letter-spacing: 0.0px} span.s2 {letter-spacing: 0.0px} --><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/08/21/ce-monstre-a-mon-image-28/" target="_blank">http://www.herosordinaires.com/2011/08/21/ce-monstre-a-mon-image-28/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/08/14/ce-monstre-a-mon-image-38/">http://www.herosordinaires.com/2011/08/14/ce-monstre-a-mon-image-38/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/">http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<title>Mort sur le Net</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Aug 2011 08:02:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Question</dc:creator>
				<category><![CDATA[à chaud]]></category>
		<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[virtuel réel]]></category>

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		<description><![CDATA[Ces derniers mois sur les réseaux sociaux, j&#8217;ai vécu la mort de plusieurs amis virtuels, des gens qui avaient la soixantaine, quelques autres malheureusement beaucoup plus jeunes. Ça m&#8217;a attristé, évidemment, mais pas tant que ça. Le sentiment le plus fort est resté une curiosité malsaine, l&#8217;envie de savoir comment c&#8217;était arrivé, l&#8217;envie de dégénéraliser [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ces derniers mois sur les réseaux sociaux, j&#8217;ai vécu la mort de plusieurs amis virtuels, des gens qui avaient la soixantaine, quelques autres malheureusement beaucoup plus jeunes. Ça m&#8217;a attristé, évidemment, mais pas tant que ça. Le sentiment le plus fort est resté une curiosité malsaine, l&#8217;envie de savoir comment c&#8217;était arrivé, l&#8217;envie de dégénéraliser ces drames, d&#8217;être certain qu&#8217;ils étaient rares et exceptionnels, pour me rassurer, pour me convaincre qu&#8217;ils ne m&#8217;arriveront pas à moi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span id="more-2338"></span></p>
<p>Rien de nouveau là dedans, rien de spécifique au virtuel non plus. Tous les gens qui habitent dans une petite ville pourront vous raconter des dizaines d&#8217;histoires atroces. Ils ne connaissent pas forcément intimement les victimes, mais ils savent qui elles sont, à quoi elles ressemblent, dans quels cercles elles évoluent. Sur Internet, chacun se construit sa petite ville bruissante de ragots et d&#8217;histoires effrayantes. La mienne est un peu trop grande, j&#8217;ai besoin de m&#8217;en protéger pour ne pas avoir peur de tout. J&#8217;ai besoin de ma carapace d&#8217;indifférence, et tant que je n&#8217;aurais pas pu vous voir, vous toucher, vous sentir, vous n&#8217;avez aucune réalité pour moi.</p>
<p>Ne vous trompez pas. Nous pouvons parler ensemble, nous pouvons rire ensemble, nous pouvons même parfois nous entraider, mais vous ne me connaissez pas, et je n&#8217;ai pas envie de vous connaître. Je ne veux pas connaître trop de gens. Trop d&#8217;amis, c&#8217;est aussi trop de drames, et je suis certain que ceux de mes amis et proches véritables suffiront à m&#8217;occuper, tant qu&#8217;ils seront là. Je sais que certains d&#8217;entre vous essayent de rester honnêtes et  réels, et que d&#8217;autres mentent à plus ou moins grande échelle. Cela ne change pas grand chose. Vous pouvez vous afficher avec la photo de quelqu&#8217;un d&#8217;autre, vous pouvez inventer tous les détails de votre existence, cela ne me concerne pas. Pour moi, votre histoire est une fiction. Vous êtes uniquement là pour me distraire. Vous n&#8217;existez pas.</p>
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		<title>On vous observe sur Twitter</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/08/23/vous-observe-sur-twitter/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Aug 2011 09:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Saeptem</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[dansmellshit]]></category>
		<category><![CDATA[Data]]></category>
		<category><![CDATA[Fake]]></category>
		<category><![CDATA[fichage]]></category>
		<category><![CDATA[Jenna]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Surveillance]]></category>
		<category><![CDATA[twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[Twitter, le réseau social parfait pour s’inventer une vie – qu’il s’agisse de mentir carrément ou simplement d’enjoliver la vérité. Cacher une existence pathétique ou entrer au panthéon du personal branling, tout est possible en 140 caractères. Toutefois, rien n’égale le fake, cet acte qui consiste à se faire passer pour ce que l’on n’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Twitter, le réseau social parfait pour s’inventer une vie – qu’il s’agisse de mentir carrément ou simplement d’enjoliver la vérité. Cacher une existence pathétique ou entrer au panthéon du personal branling, tout est possible en 140 caractères.</p>
<p>Toutefois, rien n’égale le fake, cet acte qui consiste à se faire passer pour ce que l’on n’est pas, pour qui l’on n’est pas. Souvent, il est assumé et comique. Parfois, il est un peu plus dangereux, et touche au vol d’identité – ou au vol d’images.</p>
<p><strong>TWITTOS, ON VOUS MENT.</strong></p>
<p>Fin mai. Sur les recommandations de @<a title="iambossnigger" href="http://twitter.com/#!/iambossnigger" target="_blank">iambossnigger</a>, hater notoire, je commence à suivre @dansmellshit, petit compte privé à l’avatar plus qu’engageant – sans être outrageux pour autant.</p>
<p>Derrière ce nom étrange, je découvre Jenna.</p>
<p><span id="more-2334"></span></p>
<p>Belle. Sympa.  En TL, elle aime bien parler de sexe, faire l’attention whore – mais avec goût, le plus souvent. Alors tout le monde l&#8217;apprécie Jenna, filles comme garçons : toujours un mot gentil à tweeter, un jeu de mots à balancer, une twitpic un peu dénudée à dévoiler. Et puis, elle est capable de faire croire à chacun qu’il est spécial, et ne s’en prive pas – notamment en DM.</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/08/Gate1_1.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2324" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/08/Gate1_1.jpg" alt="" width="722" height="259" /></a></p>
<p>Jenna racontait sa vie. Photographe. Modèle. Étudiante. Californienne ayant vécu à Paris. Fêtarde. La pétasse que l’on aurait aimé détester mais qui se montrait touchante au fond, consciente de ses travers.</p>
<p>Plusieurs fois, elle a changé de pseudo – et même de compte : devenue @HolyJenn puis @<a title="TheCaliPanda" href="http://twitter.com/#!/thecalipanda" target="_blank">TheCaliPanda</a>, elle ne s’en cachait pas. Envie de renouvellement ou de personal branding différent, les raisons étaient compréhensibles.</p>
<p>Pendant plusieurs mois, Jenna a conquis les cœurs des utilisateurs de Twitter anglophones comme francophones. C’était un compte personnel : ses followers se prenaient d’affection pour elle… voire plus.</p>
<p>Et puis, le 1er août,  tout s&#8217;est effondré. On a trouvé une certaine Taylor Lashae, aka @<a href="http://twitter.com/#!/taylashae" target="_blank">taylashae</a>, et tout ça avec : un compte <a href="http://on.fb.me/oa4s1S" target="_blank">Facebook</a>, un <a href="http://bit.ly/oVPYhO" target="_blank">Flickr</a>, un compte <a href="http://bit.ly/mWGufs" target="_blank">YouTube</a>, et un plus anecdotique compte <a href="http://bit.ly/n3fT9o" target="_blank">Google +</a>.<a href="http://bit.ly/pgTst0" target="_blank"> Jackpot</a>.</p>
<p>Photos, vidéos : tout ce qui avait été posté par @dansmellshit/HolyJenn/TheCaliPanda provenait de ces comptes. Jenna n’existait pas plus qu’une licorne à crinière de diamants. Elle était un personnage factice, l’invention d’un esprit tordu prêt à voler les photos d’une complice involontaire pour se faire passer pour ce qu’il n’était pas et se jouer de ses proies.</p>
<p>Et ça n’allait pas s’arrêter là.</p>
<p><strong>TWITTOS, ON VOUS OBSERVE.</strong></p>
<p>Car après tout, des fakes il y en a souvent, écrire un article dessus n’est pas si utile. Le cas Jenna est toutefois différent, et cette différence explique pourquoi j’ai attendu trois semaines pour révéler la vérité.</p>
<p>“Jenna” était une expérience. Derrière elle ne se cachait pas une personne mal dans sa peau désirant montrer une meilleure image d’elle-même, mais plusieurs employés dont le travail consistait à la rendre vivante et à collecter des informations. Sur vous. Sur nous.</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/08/Gate2_2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2325" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/08/Gate2_2.jpg" alt="" width="722" height="259" /></a></p>
<p>Ces employés, je leur ai parlé. Ils m’ont raconté. Ils m’ont dit qu’ils étaient étudiants, pour la plupart, et que c’était bien payé. Que le but de leurs patrons, c’était d’analyser l’évolution des comportements sur internet, de voir comment les gens pouvaient se confier à des entités qu’ils ne voyaient jamais et croyaient réelles. Pointer du doigt les dérives des réseaux sociaux, quand l’identité est supposée réelle et que les barrières tombent sans vérification. Établir des statistiques qui seront réutilisées par les médias pour sortir articles, sujets et infographies. Si je n’ai rien dit avant la fin de l’expérience (programmée pour cette fin de semaine), c’est qu’ils ont promis de m’envoyer les données brutes.</p>
<p>Aujourd’hui, je les attends toujours.</p>
<p>D’après les dires des employés, entre 200 et 300 personnes travaillent sur le projet simultanément, par équipe de 5 à 7 par “personnalité”. Dans le pire des cas une soixantaine de faux comptes se baladent donc sur Twitter, prêts à récolter des données avant de disparaître.</p>
<p>Je doute personnellement de la portée de cette expérience. Oui, les gens s’ouvrent aux jolies filles intelligentes sur Twitter. Est-ce la marque d’un laisser-aller, d’un vrai risque ? Je ne crois pas ; après tout, “Jenna” n’a obtenu aucun couple login/mot de passe, aucun numéro de carte bancaire, rien qui ne puisse être réellement dangereux… si on met de côté l’aspect émotionnel. Car c’est là que le bât blesse : avec des missions du genre qui durent plusieurs mois, des liens se créent forcément entre les observés et les observants.</p>
<p>Le détachement est censé se faire en douceur, sans que jamais le twitto ne sache qu’il a été victime d’une farce – cela à la fois pour le préserver, mais aussi pour protéger les personnes réelles derrière le compte des attaques ne pouvant que pleuvoir.</p>
<p>La découverte et la confrontation aux quelques comptes mis au courant de la supercherie a amené les employés à réaliser l’impact psychologique que pouvaient avoir leurs actes (et ce pour la première fois en deux ans (!) en ce qui concerne la gérante principale de “Jenna”) : la plupart a décidé d’arrêter là les frais, et de partir après ce contrat. C’est dans la douleur que je les ai vus évoluer pendant trois semaines, écœurés de leurs mensonges.</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/08/Gate4_2.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2327" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/08/Gate4_2.jpg" alt="" width="722" height="259" /></a></p>
<p>Finalement, le plus étonnant, c’est que les comptes fake les plus réussis – et donc les plus dangereux – sont ceux de cette entreprise qui entend les dénoncer. Le serpent se mord la queue ; on trompe uniquement dans le but de prouver que c’est possible.</p>
<p>Si ça avait été le but, ça aurait fait le plus beau troll à paranoïaques du monde.</p>
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		<title>Ce monstre à mon image (2/8)</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/08/21/ce-monstre-a-mon-image-28/</link>
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		<pubDate>Sun, 21 Aug 2011 12:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Agacé, je reprends mon chemin à vive allure sans m’arrêter. Je n’ai pas réussi à échapper au système métrique. Me revoilà au même endroit, mais plus loin, au centre de la lumière, entre le réverbère et le feu de signalisation. Après quelques secondes de suspense, la Voix, la ville reprend son message prophétique : – [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0215.jpg"><img class="size-medium wp-image-2255 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0215-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Agacé, je reprends mon chemin à vive allure sans m’arrêter. Je n’ai pas réussi à échapper au système métrique. Me revoilà au même endroit, mais plus loin, au centre de la lumière, entre le réverbère et le feu de signalisation.</p>
<p><span id="more-2254"></span></p>
<p>Après quelques secondes de suspense, la Voix, la ville reprend son message prophétique :</p>
<p>– Ce matin, avant que la première poubelle ne soit enlevée sur le boulevard des États-Unis, tu seras allongé face contre terre.</p>
<p>– Alors, au choix, avec ou sans intervention divine, sur place ou à emporter ?</p>
<p>– Tu sais, j’ai tenté maintes fois de t’aiguiller sur la marche à suivre. Je t’ai même donné des exemples, mais rien n’y a fait. Plus je frappais fort, plus tu continuais. Tu dois avoir une piètre vision de l’amour. Quand, je pense à ton chien Belami. Et puis il y a eu ta femme, Chri&#8230;</p>
<p>– Enflure, enfoiré de fils de pute ! Crevure de je ne sais pas quoi !!!! Tu es en train de dire que tu as tué ma femme ? Tu as tué ma femme pour me donner une leçon ?</p>
<p>– Ta, ta, ta. Le petit monsieur perd son flegme et ses invectives feutrées ? Tu sais, nous nous ressemblons, j’ai fait preuve du même cynisme que le tien, et puis s’il y a une pute dans cette histoire, c’est toi. Seules les putes ont besoin de se cacher, ont besoin de protection, ont besoin d’une ville. Tu vas mourir, enfin tu n’auras plus peur. Remercie-moi.</p>
<p>– Je vais te crever, tu entends, je vais te crever. Te crever, te cre-veeeer enfoiré !!</p>
<p>– Voyons, sois raisonnable, je suis partout et je suis toi. Adieu.</p>
<p>– Reste ici enfoiré, toi, reviens j’ai dit, réponds-moi. Répooonnnds !!!</p>
<p>Agenouillé par terre, je suis resté sans voix, les phalanges contre le sol, toute l’eau du corps s’échappant inexorablement de mes yeux écarlates. Puis je me suis décidé à me remettre en route, fatalement, par habitude. Je reprends vie et cesse de la commenter comme si j’étais devenu extérieur à moi-même. Mon cœur ne bat plus pour rien. Je n’ai plus personne, mais je suis encore quelqu’un. Alors je fais la seule chose pour laquelle j’ai du talent et encore de l’affection : mon travail. Mon précieux travail est unique et saisonnier, illégal et humaniste. Je ne travaille que trois mois dans l’année, du 21 juin au 31 août. Je remplis une noble tâche qui satisfait tout le monde. Je crée de l’emploi, consolide les mémoires et bâtis des légendes. L’entreprise pour laquelle je travaille est spécialisée dans la postérité pour une clientèle très sélecte : chanteur, homme politique, acteur, écrivain, bimbo.Les gens ne veulent pas disparaître des mémoires, des archives, de la Terre, de la ville. L’été est une période creuse et les personnes qui ont tutoyé le zénith ne veulent pas partir sans que nul ne s’en souvienne. Alors, quand ces célèbres anonymes veulent que leur nom leur survive, moi qui voudrais oublier le mien – Serge Nanette ! –, j’interviens. Ma profession est de tuer d’anciennes gloires durant l’été, lorsque l’actualité cherche dans la rubrique nécrologique un titre suffisamment gros et respectable pour son lectorat.</p>
<p>Pour ma dernière mission, Raymond m’a ordonné d’abattre un ancien défenseur central de l’Olympique lyonnais des années 1980. Peu importent les raisons du contrat, je remplis toujours mes obligations. Et malgré mes mains calleuses, je vise juste. Ma peau a la couleur de la terre, certains diraient que cela est dû à l’alcoolémie, mais ma maladie s’appelle la mélancolie. Mon visage vient d’une autre époque, celle des traits simples, des traits de caractère. Toute ma vie réside dans ces deux billes noires qui portent le poids coupable de mes cernes immérités. Et comme tout le monde, j’ai de la compassion. La mienne s’humanise dans mes sourcils broussailleux. Mon véhicule, mon corps, est en pilote automatique à la salle de sport et fonctionne à l’adrénaline, il n’y a que cela pour revitaliser mon âme. Je suis trapu comme un boxer et maniéré comme un châtelain. C’est dans ce paradoxe que survit ce maigre équilibre qui me rattache au monde des vivants. L’esthétique de la violence fait de moi un objet en puissance. Presque vivant, toujours absent.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/08/14/ce-monstre-a-mon-image-38/">http://www.herosordinaires.com/2011/08/14/ce-monstre-a-mon-image-38/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/">http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<title>Ce monstre à mon image (3/8)</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/08/14/ce-monstre-a-mon-image-38/</link>
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		<pubDate>Sun, 14 Aug 2011 12:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Plus je réfléchis fort dans cette boîte crânienne qui ne laisse que peu de place à l’écho, plus je trouve une logique à cette Voix. Ce son apparaît dès qu’il y a une lumière. Et pas n’importe quelle lumière. Sur cet interminable boulevard, tous les cinq cents mètres il y a un feu un de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0214.jpg"><img class="size-medium wp-image-2252 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0214-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Plus je réfléchis fort dans cette boîte crânienne qui ne laisse que peu de place à l’écho, plus je trouve une logique à cette Voix. Ce son apparaît dès qu’il y a une lumière. Et pas n’importe quelle lumière. Sur cet interminable boulevard, tous les cinq cents mètres il y a un feu un de signalisation, et avant lui un réverbère réglementaire. C’est entre les deux que la Voix se manifeste. Je n’ai pas assez peur pour nier l’évidence et je ne suis pas suffisamment rassuré pour faire marche arrière. Aucune voiture à des kilomètres et, comme par hasard, lorsqu’on en a besoin, encore moins de ronde alcoolisée, statistique et pécheresse de la brigade anticriminalité. À ce moment, plus de nombril à congratuler et plus d’amour-propre à exposer, il ne reste que ce qui fait de nous des animaux différents, cette curiosité obsessionnelle&#8230;</p>
<p><span id="more-2251"></span></p>
<p>À ma droite la civilisation, du bois, de la pierre, du ciment. À ma gauche l’inconnu, le trottoir, la rue et enfin le noir. Je respire par à-coups, mes narines se dilatent et se figent avant de se relâcher. Ma lèvre inférieure est pendante, mes sourcils sont braqués en direction du ciel. Ma gorge est sèche et ma pomme d’Adam réclame un plan Orsec. Je somatise au point de m’inventer de l’arthrite précoce et mon cœur expulse plus de corps étrangers qu’il n’en laisse entrer. Le son de ma voix est resté bloqué, ma tête et ma chaussure droite foulent ce territoire occupé par la lumière du réverbère. À ce moment-là, le feu passe au rouge.</p>
<p>La Voix surgit, comme prévu :</p>
<p>– Alors comme ça, tu comprends lentement, mais tu agis vite. Je suis déçue, je pensais que c’était l’inverse pour un homme de ta trempe !</p>
<p>– Heu&#8230; ha… heu&#8230;</p>
<p>– Bravo, des onomatopées, c’est tout ce que tu as à me proposer, vraiment ? Je me contenterais presque d’une phrase avec un vulgaire complément d’objet direct tu sais ! Je te propose une performance digne de Jeanne et du bûcher et toi, tu es là, les bras pendants sans rien dire. Tu es créationniste ou juste demeuré ?</p>
<p>– Eh bien, ni l’un ni l’autre.</p>
<p>– Mazette, c’est que le petit monsieur fait dans la concision. C’est la timidité ou la peur ? Hum, tu crois que je ne t’entends pas conchier la Terre entière comme si tu n’étais pas accidentellement de passage ?</p>
<p>– Je ne comprends pas. Mais si cela n’a aucun sens, en quoi mon opinion peut-elle vous intéresser ? D’ailleurs, pourquoi vous dérange-t-elle ? Je ne nuis à personne.</p>
<p>– Tu nuis à mon image de marque ! Les avis je m’en moque, nombriliste sur talonnettes ! Votre époque ne distingue plus le philosophe de l’idiot du village, et la postérité ne dure pas plus longtemps que le tube de l’été. Mais toi, depuis trente ans, jour après jour, tu condamnes le monde, les gens et l’histoire en mon nom. Tu es masochiste ? Tu sais, il y a les cultes pour ça, ou le mariage !</p>
<p>– J’expose simplement une analyse complexe d’un monde qui l’est encore plus !</p>
<p>– Modeste avec ça. Sérieusement, tu aimes à ce point le doux son de ta voix ? Si tu veux avoir raison et être seul, tu as l’ascétisme, les hôpitaux psychiatriques et les rochers – avec la vérité sous le bras en option.</p>
<p>– Je commence à perdre patience, bon c’est pas tout ça, mais je suis un homme moderne, j’ai un ordinateur tactile et il ne me manque plus qu’un skateboard volant, alors voyez-vous les miracles ce n’est plus ce que c’était. Donc voulez-vous, enfin, « toi », « eux », « ils », me lâch&#8230;</p>
<p>– Encore un excès d’esprit ! Eh bien, ce que je veux, si tu veux tout savoir, c’est te voir mort ce matin avant le passage des éboueurs, histoire que tu ne te plaignes pas une fois de plus de la coupe de leurs uniformes.</p>
<p>– La mort, rien que ça ?! C’est sentencieux, limite divin et totalement définitif ! Disons que je vais passer mon tour, ma grande, mon grand. Vous êtes brésilien, brésilienne ?</p>
<p>– Très bien, je vois que ton métier te place même au-dessus de ça. Alors écoute, je te laisse prendre ton rail d’adrénaline une dernière fois avant que tu partes les deux pieds devant sans passer par la case cirage de pompes.</p>
<p>– Bon, le mysticisme a ses limites. Je mourrai comme bon me semble, comme Romain Gary, David Carradine ou la carrière de Charlie Sheen. Au revoir, donc.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/">http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<title>Ce monstre à mon image (4/8)</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/08/07/ce-monstre-a-mon-image-48/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 12:00:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Plus de batterie dans mon baladeur numérique à la mode et le vent se lève enfin. À force de longer les quais, j’ai rejoint le quartier chinois où plus personne ne parle cantonnais, puis le quartier arabe où le shit a connu une curieuse inflation, et enfin le quartier universitaire où l’alcool promet la pilule [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0205.jpg"><img class="size-medium wp-image-2249 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0205-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Plus de batterie dans mon baladeur numérique à la mode et le vent se lève enfin. À force de longer les quais, j’ai rejoint le quartier chinois où plus personne ne parle cantonnais, puis le quartier arabe où le shit a connu une curieuse inflation, et enfin le quartier universitaire où l’alcool promet la pilule du lendemain. Et c’est en refusant une charmante proposition pour une quelconque colocation gauchiste à tendance cheguévarienne que j’entends une voix. La même que celle dans le taxi. Je stoppe ma marche, mais plus rien. Juste le sifflement du vent sec dans les arbres. Je n’ai pas suffisamment d’amis de mauvais goût pour avoir droit aux joies d’une caméra cachée, et le bitume me colle depuis si longtemps à la peau que je ne relèverai pas cette occurrence. Cinq cents mètres. Encore cette voix. Je me retourne en opérant une rotation complète, en slow motion, pour tenter de percer à jour la nuit. Bien sûr ! C’est ridicule, mais Michael Bay aurait apprécié !</p>
<p><span id="more-2248"></span></p>
<p>Dans pareille situation j’incriminerais mon taux d’alcoolémie ou encore la fatigue, mais vu l’absinthe de substitution que j’ai ingurgitée et sachant que j’ai procrastiné toute la journée sur les réseaux sociaux&#8230; j’en doute. Je sens comme une certaine angoisse s’emparer de moi. Je serre machinalement ma mâchoire jusqu’au sang. Toutes les dix secondes je braque ma nuque brusquement, quitte à attraper un torticolis. Et la Voix revient. Une, deux, trois, dix fois. L’horizon, toujours pas la moindre réponse à mes questions vociférées à l’obscurité, comme le premier des illuminés. Puis j’arrête, pour repartir. Je perds mon temps et il ne me reste que trois petites heures avant l’expiration de ma mission. Les bâtiments murmurent entre eux lorsque le vent vient les frapper pour un peu de reconnaissance. Mais je sais bien qu’ils se moquent de moi.</p>
<p>Je décide donc de ne plus rien écouter, de presser le pas, de regarder droit devant sans vraiment fixer quoi que ce soit, parlant le plus fort possible dans ma tête. De tout, de rien, du PIB du Tadjikistan, de la course au titre pour le championnat du monde de catch, de la défaite de la pensée, de mon ancienne collection de cartes téléphoniques. Mais rien n’y fait.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<item>
		<title>Ce monstre à mon image (5/8)</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/</link>
		<comments>http://www.herosordinaires.com/2011/07/31/ce-monstre-a-mon-image-58/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jul 2011 12:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[près une étreinte étrange, il me donne finalement un petit papier où est inscrit l’ordre de mon ultime mission. Rien d’exotique cette fois, pas d’avion ni de bateau, l’adresse est de l’autre côté de la rue, en face de chez moi. J’ai jusqu’au petit matin pour m’exécuter. Plus de mots, que des ombres partant dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0168.jpg"><img class="size-medium wp-image-2246 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0168-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>près une étreinte étrange, il me donne finalement un petit papier où est inscrit l’ordre de mon ultime mission. Rien d’exotique cette fois, pas d’avion ni de bateau, l’adresse est de l’autre côté de la rue, en face de chez moi. J’ai jusqu’au petit matin pour m’exécuter. Plus de mots, que des ombres partant dans des directions opposées. Il me reste une longue marche cette nuit pour graver chaque instant jusqu’à mon dernier office.</p>
<p><span id="more-2245"></span></p>
<p>La route est longue, la perspective se réduit. Les réverbères sous le régime de l’intermittence, la ville se drape de son côté obscur sous le regard avisé de l’astre que nul n’ira décrocher.</p>
<p>Si les cloches n’avaient pas la laïcité nocturne, il serait précisément l’heure du crime. Il y a des signes qui ne trompent pas. Les Britanniques d’occasion claquent du croupion dans leur jean slim dès qu’ils croisent un groupe de malades du myocarde aux casquettes brodées d’un reptile aquatique. Les nymphomanes contrariantes regrettent leur radinerie sur le tissu séparant leurs genoux du viol, tandis que les monogames crucifiés par de multiples maternités jouent à la scène de la nativité, avec du latex, sur la première Albanaise venue. Les uns iront faire des crises d’agoraphobie dans les backrooms que la ville a le chic d’abriter, les autres feront acte de misanthropie sur un banc, accompagnés d’un fond de bouteille. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, personne ne veut rentrer chez soi, dans sa case. À côté, au-dessus, au-dessous d’autres cases. Ce qui nous rappelle que la ville est une conséquence, et que chacun a le même problème. La peur du noir, la peur du silence, la peur du vide, la peur d’être seul.</p>
<p>Dans un moment d’humanité non désiré, la plus grande des avenues se mue en ruelle puis en coupe-gorge. Au royaume des ombres, la ville préfère le son à la matière. Les tressaillements les plus anodins sont source de toutes les phobies lorsque le monstre de pierre devient impalpable. C’est l’effet de la vision nocturne dû à la persistance rétinienne. Il faut bien se persuader de tant de choses pour ne plus avoir peur. À chacun son syndrome de Stockholm. Je l’aime ainsi la ville, sauvage, impartiale et sans remords.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/24/ce-monstre-a-mon-image-68/</a></p>
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<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<title>Ce monstre à mon image (6/8)</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Jul 2011 12:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Je n’ai que deux façons d’aborder la traversée de la ville : à pied ou en taxi. Je garde la marche forcenée pour la nuit, car elle est propice à la folie passagère, la fraternité imaginaire, ainsi qu’à la violence animalière. Mais, pour l’heure, le mammifère plantigrade que je suis opte pour le chauffeur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0157.jpg"><img class="size-medium wp-image-2243 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0157-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Je n’ai que deux façons d’aborder la traversée de la ville : à pied ou en taxi. Je garde la marche forcenée pour la nuit, car elle est propice à la folie passagère, la fraternité imaginaire, ainsi qu’à la violence animalière. Mais, pour l’heure, le mammifère plantigrade que je suis opte pour le chauffeur de taxi en endossant le rôle de Miss Daisy. Il n’est jamais de bon augure de faire attendre son supérieur hiérarchique. Le mien est le type d’individu improbable, entre l’ancien ministre de la IV<sup>e </sup>République, le barbouze repenti et le <em>golden boy</em> londonien. Selon lui, on a le chauffeur de taxi et la course que l’on mérite. La manière dont votre pilote déchire l’asphalte est un indicateur de vos motivations intimes. Mais bien sûr&#8230; Et aujourd’hui, mon chauffeur parle le verlan, l’argot d’Audiard et un anglais de Kingston, signe, au choix, du progrès tangible de la mondialisation ou preuve que la tour de Babel tient dans un taxi.</p>
<p><span id="more-2242"></span></p>
<p>Lorsqu’il ne tente pas de faire la conversation, le bruit régulier et rassurant du moteur sert de bande-son à ces décors d’après guerre. Certains décors portent les plaques commémoratives de résistants, d’autres abritent des enseignants révisionnistes, et les derniers se réfugient derrière un lifting au nom de la modernité. La ville aime ses tatouages et ses cicatrices – parfois ostentatoires, souvent mérités, jamais superflus –, qui se reflètent dans la crasse du Rhône. Je pourrais donner un nom à chaque bâtiment, identifier chaque ombre, dater chaque ravalement de façade, et même célébrer dignement leurs anniversaires. Je divague, le regard plongé dans le reflet de la vitre, la barbe taillée à la perfection par mon artisan gascon, lorsque soudain le calme précaire se brise sans frappes préventives&#8230;</p>
<p>« Regarde-moi, comme si c’était la première fois ! »</p>
<p>– Qu’avez-vous dit, chauffeur ?</p>
<p>– Rien, boss, j’étais en train de céssu une pastille d’la gorge que ma girl m’a dégoté à son taf, c’est son pourliche à elle, boss ! Toute la journée sur ses arpions, elle court sans s’arrêter, elle étiquette des trucs, des bidules et des machins !</p>
<p>– Veuillez m’excuser, mais j’ai bien distinctement entendu une voix, une voix rauque et féminine. Une voix à la Macha, oui c’est précisément ce grain.</p>
<p>– Ça, c’est l’autoradio qui lâche des big tunes, boss. Moi, tous les jours, j’écoute Brigitte Lahaie, c’est la scientifique du zizi pan pan. T’as une grande imagination, trop de boulot. Tu sais, tu devrais&#8230;</p>
<p>J’avais déjà dépassé mon quota journalier de sottises avec un seul de mes congénères et, pour obtenir le silence, je le coupe et lui administre un :</p>
<p>– Passons, passons, passez par le quai et déposez-moi ensuite devant l’opéra.</p>
<p>– OK boss, pas de bla bla, de l’action. Yes I Man.</p>
<p>Une fois à destination, mais en retard sur mes cinq minutes d’avance réglementaires, je rémunère le spécimen en énergumène ou l’inverse. Je n’ai pas voulu regarder son visage, j’avais le sentiment qu’il ressemblait à ses mots. Après quelques pas militaires, me voici devant le restaurant. Je me dis qu’en sept ans de service actif c’est bien la première fois que le grand Raymond m’invite à sa table. Et pourtant je suis un de ses plus anciens éléments, de loin le meilleur dans ma catégorie. Et mon métier, peu peuvent le faire. Je suis son employé préféré, celui avec les deux billes noires. À cette heure, la ville se gonfle d’importance et de notes de frais. Alors que je m’encastre entre une table de francs-maçons municipaux et une réunion de DJ subventionnés face au grand Raymond, mon avenir va basculer en une minute montre en main.</p>
<p>L’entreprise, celle qui me permet de prendre l’avion pour aller de ville en ville à travers le monde, ferme. Comme ça, sans questions ni indemnités de licenciement. La voix caverneuse, le goitre tendu, les commissures des lèvres symétriques, son visage buriné dans la pierre depuis Mathusalem laisse filer un peu d’émotion en ordonnant à ses paupières de se fermer, une fois, une seule, pour les rouvrir au bout de dix secondes en laissant une grande expiration bordelaise et cubaine me fouetter le visage. Nous avons poliment bu comme des anciens combattants jusqu’à ce que la nuit tombe sur la capitale des Gaules.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/17/ce-monstre-a-mon-image-78/</a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<title>Ce monstre à mon image (7/8)</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jul 2011 12:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
				<category><![CDATA[nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Mes matins sont faits d’ordre et de rigueur. Les choses sont à leur place. La vie devrait ressembler à mon dressing. Un monde sans guerre hygiénique ni misère morale, et encore moins de solidarité épidermique. Un pays où la centrale vapeur est le meilleur système politique, dès l’instant que chaque jour de la semaine correspond [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0155.jpg"><img class="size-medium wp-image-2240 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0155-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>Mes matins sont faits d’ordre et de rigueur. Les choses sont à leur place. La vie devrait ressembler à mon dressing. Un monde sans guerre hygiénique ni misère morale, et encore moins de solidarité épidermique. Un pays où la centrale vapeur est le meilleur système politique, dès l’instant que chaque jour de la semaine correspond à la bonne couleur de la cravate assortie à la droiture jacobine des boutons de manchette. Dans ce petit coin de paradis en bordure de Lyon, je tiens en respect les valeurs criminogènes de la périphérie et la dégénérescence de la reproduction des élites du centre-ville. Personne ne viendra perturber la symphonie du balai urbain par quelques jérémiades territoriales que ce soit. Car il est huit heures juste, le temps de la danse des bouchons salutaire et des suppliques enfantines sur le chemin du savoir.</p>
<p><span id="more-2239"></span></p>
<p>Quel spectacle ! Aujourd’hui, par la fenêtre, la ville rugit à pleins poumons cancéreux tandis que les automobiles – à crédit et en sursis – mugissent les unes derrières les autres en spéculant sur l’humeur des feux de signalisation. Selon les avis, le colosse tricolore est tantôt psychorigide, tantôt schizophrène, mais jamais, au grand jamais, équitable. Je le trouve rassurant, posté qu’il est entre la route gondolée et les bipèdes trop pressés. Il administre le boulevard des États-Unis comme un onusien, préférant le libre arbitre au code de la route, l’accident bête et définitif à la patience du viager. Fait du métal des rois, dominant son monde quitte à tutoyer les bouleaux, il a la peau couleur camouflage et granuleuse de l’expérience. Il parle peu, il dit oui, non, peut-être. En vert, en rouge, en orange. Et surtout, j’aime son conservatisme. Il n’a pas cédé aux sirènes de la modernité, un piéton rouge et un piéton vert, aucune voix de téléphonie rose prompte à nous faire croire au charme de la rue.</p>
<p>Huit heures trente tapantes. Les enfants sont rentrés à l’école, les pédophiles chez eux. Et la chape de plomb sponsorisée par Rhône-Poulenc se refuse à céder. Dès que l’étuve satisfait les fidèles dans la cuvette lyonnaise, Dieu rechigne à nous pisser dessus. Mais pas le temps de me reposer sur mes lauriers. Clac, clac, clac, clac, clac. L’armée régulière est de retour, les secrétaires de direction poignardent le goudron, qui ne demande que ça, pour rattraper le retard de la veille. Ces impacts se marient à merveille avec le chant en canon des petites cuillères quittant le café pour s’écraser contre les anses des tasses. Lorsque les terrasses de bistrot entrent en scène, c’est que les gens bien travaillent pour nourrir la ville et que les autres l’alimentent en anecdotes. La cité ouvre un à un ses chakras aux plus offrants, aux plus addicts de la caféine.</p>
<p>Le temps passe, malgré la monotonie. Les rideaux métalliques se lèvent pour ponctionner un peu de pouvoir d’achat dans l’anarchie la plus totale. Bien souvent cette cacophonie quotidienne est le moment propice pour profiter des rayons du soleil, qui se moque d’avoir des spectateurs. Mais parfois, je dois prendre part à la mascarade, il me faut sortir en pleine journée, durant ces heures mornes où l’on m’appelle Monsieur ! Certainement à cause de mon âge, peut-être grâce à mon ramage, mais parfois par égard à ces deux billes noires logées dans mes orbites, sans fin ni merci. Ces mêmes billes que mon patron rétribue et qu’il veut à sa table aujourd’hui.</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Précédemment :</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/">http://www.herosordinaires.com/2011/07/10/ce-monstre-a-mon-image-88/</a></p>
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		<title>Ils ont changé</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 20:25:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Déglingue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[HO]]></category>
		<category><![CDATA[chat]]></category>
		<category><![CDATA[heros ordinaires]]></category>
		<category><![CDATA[il sont changé]]></category>
		<category><![CDATA[la déglingue]]></category>
		<category><![CDATA[monsieur zubial]]></category>

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		<description><![CDATA[Il s’est approché pour l’embrasser, elle a souri, timidement. Ils savaient tous deux que c’était fini et pourtant ils continuaient d&#8217;essayer d&#8217;y croire. Dévalant la falaise en étant persuadés que le ressac ne les achèverait pas. Quelque chose était cassé, les paroles ne passaient plus. Aujourd&#8217;hui ils sont fatigués, allant de confrontation en incompréhension, même [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://imagenoire.i.m.pic.centerblog.net/3ff9f807.jpg" alt="Ils ont changés" /></p>
<p>Il s’est approché pour l’embrasser, elle a souri, timidement. Ils savaient tous deux que c’était fini et pourtant ils continuaient d&#8217;essayer d&#8217;y croire. Dévalant la falaise en étant persuadés que le ressac ne les achèverait pas. Quelque chose était cassé, les paroles ne passaient plus. Aujourd&#8217;hui ils sont fatigués, allant de confrontation en incompréhension, même l’union de leurs corps a désormais un goût de nostalgie.</p>
<p><span id="more-2302"></span></p>
<p>«Ils ont changé» se disait le chat. Témoin, malgré lui, des errances du binôme. Il avait bien remarqué qu’il ne recevait plus autant de caresses qu’avant. Que ses croquettes n’avaient plus la même saveur et que les instants où ils le délaissaient n’étaient plus consacrés à des étreintes passionnées. «Ils ont changés» se disait le chat.</p>
<p>Le voisin du dessous commence à se poser des questions. Des jours qu’il ne les entend plus s’aimer. De rares murmures, bribes de conversation houleuses assorties de silences et du bruit de l’allumette qui craque une cigarette sans joie à la fenêtre. Va-t-il quitter l’appartement ? Le leur est plus grand, il se dit qu’il en parlera au syndic.</p>
<p>La première gorgée de bière est éventée. Il ne reconnait plus l’habitué enjoué et rieur des mois passés. Une silhouette morne désormais se presse à son comptoir, quémandant sa dose d’oubli quotidienne. Ivresse garantie en version demi-litre, bue sans sourciller. De toute manière, la gueule de bois, il l&#8217;a déjà tous les matins en s&#8217;extirpant de sa couche froide.</p>
<p>Elle l’a vu s’approcher, plus perdue que jamais. Elle a souri sans vraiment y croire. Elle s’était convaincue qu’elle avait tout gâché. Elle s’est laissée embrasser pour ne pas baisser les bras. «Ils ont changé» se disait le chat.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Free party</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jul 2011 10:03:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cylk34</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[années 90]]></category>
		<category><![CDATA[billet]]></category>
		<category><![CDATA[cylk34]]></category>
		<category><![CDATA[fete]]></category>
		<category><![CDATA[fiesta]]></category>
		<category><![CDATA[free party]]></category>
		<category><![CDATA[heros ordinaires]]></category>
		<category><![CDATA[rave]]></category>
		<category><![CDATA[récit de fêtes]]></category>
		<category><![CDATA[teuf]]></category>

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		<description><![CDATA[Notre voiture progresse lentement dans un chemin chaotique, les formes opaques des montagnes dessinent des masses sombres et inquiétantes, spectateurs maudits de notre déraison. La seule lumière présente est celle du plafonnier, orange et diffuse, qui souffre silencieusement. De temps en temps, on s&#8217;arrête, on coupe le moteur, et on tente d&#8217;entendre l&#8217;écho des basses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/07/johnintheMix.jpg"><img class="size-full wp-image-2287 aligncenter" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/07/johnintheMix.jpg" alt="" width="479" height="198" /></a></p>
<p>Notre voiture progresse lentement dans un chemin chaotique, les formes opaques des montagnes dessinent des masses sombres et inquiétantes, spectateurs maudits de notre déraison.</p>
<p>La seule lumière présente est celle du plafonnier, orange et diffuse, qui souffre silencieusement. De temps en temps, on s&#8217;arrête, on coupe le moteur, et on tente d&#8217;entendre l&#8217;écho des basses dans la nuit qui nous guiderait sur le chemin de ce qu&#8217;on appelle d&#8217;ores et déjà &laquo;&nbsp;rave&nbsp;&raquo;.</p>
<p><span id="more-2171"></span></p>
<p>Un bruit sourd et répétitif provoque des cris de joie, on y est, plus que quelques kilomètres.</p>
<p>On croise d&#8217;autres voitures de temps en en temps, et, à flanc de colline, en face, des phares en pointillés tracent un bandeau noir entrecoupé de lucioles automatiques, comme salvatrices. On ne tient plus en place.</p>
<p>Ça fait un moment qu&#8217;on tourne en rond, les ecstasy commencent à faire effet et la bière aussi.</p>
<p>Arrivés sur place une foule hétéroclite peuple un parking sauvage.</p>
<p>Des comptoirs à alcool sont improvisés dans des coffres de voitures ouverts. Certains enfermés dans les caisses préparent leur cocktail d&#8217;insomnie, suffoquant dans les vapeurs toxiques.</p>
<p>Des vendeurs à la sauvette crient à qui veut l&#8217;entendre par codes interposés, qu&#8217;ils ont ce qu&#8217;il faut pour te faire oublier,  &laquo;&nbsp;COLOMBES BLAAAANCHE&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;SUPERMAN&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;FAT FREDDYYYY&nbsp;&raquo;…</p>
<p>On ne tient plus, on veut danser. On passe devant quelques gars qui aspirent des ballons d&#8217;azote à 10 francs le ballon. Et, on s&#8217;enfonce dans le mur de son.</p>
<p>Sourire aux lèvres, corps trépidant de vivre des mixs enfiévrés et de se perdre dans les rythmiques hypnotiques de la techno. On oublie tout, on a l&#8217;impression de vivre un truc unique à chaque fois, d&#8217;être une communauté de rebelles, c&#8217;est notre conviction.</p>
<p>Les heures passent mais je ne m&#8217;aperçois de rien.</p>
<p>La tête penchée en arrière, le regard tourné vers un ciel scintillant de millions d&#8217;étoiles, mon corps se meut dans une danse transcendantale, à moitié amorphe, à moitié vivant.</p>
<p>Je ferme les yeux, et dans une grande inspiration, je sens mon coeur prêt à éclater. Sous ma peau, des picotements dessinent un sourire représentatif de la défonce que je suis en train de me payer. L&#8217;illicite poison qui coule dans mes veines me transporte dans un no man&#8217;s land musical où l&#8217;écho des infrabass est mon étoile du berger, trou noir qui me guide dans cet espace temps anéanti.</p>
<p>autour de moi, la lumière de quelques phares transperce la foule des ombres en transe qui piétine ce halo de poussière montant.</p>
<p>Le Dj, caché sous une bâche militaire, reçoit sur ses mains le faisceau d&#8217;une petite ampoule. Ne bougeant que son bassin, il joue avec ses disques jusqu&#8217;à nous faire crier. La montée, lentement progresse et dans nos oreilles, l&#8217;attente impatiente de l&#8217;explosion des basses, la musique lancinante timidement se renforce, et dans quelques beats nous serons tous les mains levées au ciel à aduler la nuit infinie.</p>
<p>Nous sommes à la fin des années 90, et je ne savais pas que bientôt, la politique allait mettre fin à mes années d&#8217;errance et me sauver par la même occasion de la brume épaisse d&#8217;une vie abîmée.</p>
<p>J&#8217;ai vécu des centaines de ces soirées, mais il me semble qu&#8217;il n&#8217;y en eu qu&#8217;une seule.</p>
<p>Je me suis réveillé frigorifié, frémissant, la peau sale, les yeux vitreux, (la machoire serrée). Ma carcasse endolorie marche droit vers un soleil inquisiteur, je me sens coupable de quelque chose d&#8217;indicible. C&#8217;est la descente, le bad trip fait son entrée.</p>
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		<title>Ce monstre à mon image (8/8)</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jul 2011 15:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La cellule sans barreaux est le design ultime de l’homme moderne. Que l’on se tienne en position du fœtus ou avachi, l’endroit donne un sens à la captivité. Chacun dans sa boîte, le plus loin possible des autres. Les portes oscillent entre la liberté arbitraire et l’insécurité séculaire. Alors, dès que j’entame le dernier tour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0149.jpg"><img class="size-medium wp-image-2237 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/IMG_0149-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p>La cellule sans barreaux est le design ultime de l’homme moderne. Que l’on se tienne en position du fœtus ou avachi, l’endroit donne un sens à la captivité. Chacun dans sa boîte, le plus loin possible des autres. Les portes oscillent entre la liberté arbitraire et l’insécurité séculaire. Alors, dès que j’entame le dernier tour dans la serrure, je tente de me convaincre que je peux m’en passer. Mais je suis l’homme du temps qui fuit, pas de celui qui passe. Je suis l’homme pragmatique qui préfère jouir au conditionnel plutôt que de témoigner du temps réel. Je suis l’homme urbain, à la vie bien cintrée, qui ne se soucie guère du charme passéiste de la campagne.</p>
<p>Pour tout dire, je n’aime pas, enfin je déteste, non, à vrai dire je hais la campagne et la dictature de la nature. À mon sens lorsque que les gens bien sous tous rapports me condamnent à un dîner bio sous prétexte d’un romantisme écologique, par idéologie de saison ou pour faire comme tout le monde, j’ai l’impression d’être un vestige cannibale baignant dans le cholestérol, enlevé par des écowarriors habillés par Agnès B. De nos jours, le premier des penseurs d’opérette ouvre sa secte gastronomique pourvu qu’il y ait un pèlerin à la soupe. Évidemment, ces VRP du bien, du bon et du beau ne peuvent s’empêcher de justifier leur mascarade alimentaire qui écœure n’importe quel smicard : « Tu sais, mon ami, il faut bien prendre soin de soi ! » En effet, des UV, une pute de luxe, une thérapie, ou manger bio, les gens qui ont les moyens de s’ennuyer trouvent toujours une solution pour faire de leur nombril un combat légitime&#8230;</p>
<p>J’aime le jeu, j’aime le risque. La ville réglemente au mieux mon existence, alors je joue parfois avec le feu et je me brûle toujours. Mais, apparemment, j’ai la réputation d’être un homme de parole. Et, dans mon métier, la parole, c’est tout ce que l’on a, donc je paie mes dettes. C’est ainsi que, la mine déconfite, les épaules lâches et le cœur las, je me suis retrouvé – entre les promesses de l’aube et le chant des éboueurs – à faire le pied de grue accompagné de mon nécessaire de survie en attendant les fameux gens bien. C’est la même histoire, à chaque expédition suicidaire au-delà de l’autoroute, dans le monde parallèle des départementales et des nationales apportant leur lot de malheurs biologiques, je suis victime des MST de Dame Nature. Démangeaisons nocturnes, allergies saisonnières, piqûres commanditées, morsures exceptionnelles. J’en suis réduit à une communion hypocrite avec la nature, prêt à l’abandon de ma raison en fixant la trotteuse de ma montre ou à une overdose de cortisone.</p>
<p>Le week-end s’achève avec toujours le même diagnostic : le changement fait forcément du bien, alors que, me dit-on, je suis trop ethnocentré pour parvenir à le réaliser. Mais, lorsque le périphérique nous prend à la gorge, que le vivre ensemble fait de la pollution une aurore boréale, je reprends des couleurs. Et lorsque la symétrie reprend ses droits sur l’aléatoire et le provisoire, je sais que je suis enfin chez moi !</p>
<p>La ville je l’aime, à la vie, à la mort.</p>
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		<title>Lokan, le bilan, le visage&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Jul 2011 13:29:20 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les billets à chaud, on se les promet aussi rapidement qu&#8217;on se rend compte que depuis le temps qu&#8217;on se les promet, on est plus à chaud. C&#8217;est pourquoi je vais faire bref, mais maintenant. Je ne connaissais personnellement pas le site Lokan.fr avant qu&#8217;on en parle en mal ces derniers jours, que les gens [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les billets à chaud, on se les promet aussi rapidement qu&#8217;on se rend compte que depuis le temps qu&#8217;on se les promet, on est plus à chaud. C&#8217;est pourquoi je vais faire bref, mais maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je ne connaissais personnellement pas le site Lokan.fr avant qu&#8217;on en parle en mal ces derniers jours, que les gens lui cherchent la petite bête sur cette affaire de voyage à vélo aux USA et d&#8217;exploit sportif. Puis je me suis renseigné. Et aujourd&#8217;hui où je tombe sur <a href="http://www.lokan.fr/2011/07/03/lokan-fr-le-bilan/" target="_blank">sa vidéo d&#8217;adieu</a>. Attention, mon billet n&#8217;a pas du tout l&#8217;intention de traiter la question de la véracité du voyage, ou des preuves tangibles de la transformation de l&#8217;essai, de l&#8217;honnêteté de l&#8217;intention du personnage. Toutes ces questions regardent la loi et le contrat tacite entre ceux qui ont fait des dons, les sponsors et Lokan.</p>
<p style="text-align: justify;">Par contre, un angle reste à ma portée. Celui de la compréhension du message contenu dans la vidéo d&#8217;adieu. Quel est son sens ? Que doit-on en tirer ? Comment le percevoir ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2275"></span></p>
<p style="text-align: justify;">A résumer sommairement, le contenu du message direct de Lokan est: &laquo;&nbsp;je viens me justifier que j&#8217;ai pas à me justifier devant vous, bande de mongoliens de public de merde&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réaction du jeune homme est typique de la rockstar en pleine souffrance liée à un jetlag sur fond d&#8217;effort physique appuyé. Il le dit lui-même. Comment se fait-il que personne ne lui ait conseillé de se taire plutôt que d&#8217;insulter ce public si exigeant ?</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Lokan préfère s&#8217;adresser à nous, à eux, à vous, à moi. Et on en prend pour notre grade, on se fait traiter de &laquo;&nbsp;mongoliens&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;gros cons&nbsp;&raquo;, on est l&#8217;objet d&#8217;un bras d&#8217;honneur qui semblerait presque remettre le sourire sur ce visage qui pleure à la fin de la vidéo.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a un nombre conséquent d&#8217;incohérences typiques des discours établis sur un culte de la personnalité et il peut être utile de les extraire de la substantifique puanteur du message lokanien.</p>
<p style="text-align: justify;">1. Lokan a décidé de se montrer, de se mettre en avant. Personne ne l&#8217;a obligé à podcaster ou à chercher la publicité qu&#8217;il a trouvée. Peu de gens peuvent se vanter de faire 30 000 vues par jour sur le site. Les montées sont toujours plus agréables que les descentes&#8230; c&#8217;est ce que disent les addicts, peu importe la drogue dont on parle (hash, crack, notoriété) De ce point de vue, Lokan est la Loana du podcast sans la sextape.</p>
<p style="text-align: justify;">2. Lokan a décidé de mettre un propos, un contenu sur une place publique nommée internet, à l&#8217;heure du 2.0. De plus il a pris un engagement vis-à-vis de ceux qui l&#8217;ont financé. Quand on fait cela, on doit s&#8217;attendre à ce que les gens attendent et réclament et parfois sans la forme. On peut critiquer ceux qui harcèlent abusivement cachés derrière des pseudos et un sentiment de toute puissance, il n&#8217;en reste pas moins à mon sens que le processus par lequel un type comme Lokan fonde toute son entreprise sur un for intérieur qu&#8217;il croit riche et fort à tort est la pire des plaies sur internet.</p>
<p style="text-align: justify;">3. Lokan nous explique que ça fait 6 mois qu&#8217;il nous &laquo;&nbsp;fait croire&nbsp;&raquo; qu&#8217;il est heureux, il le répète plusieurs fois dans la vidéo. Aurait-on atteint le summum du nombrilisme mondial ? Aurait-on enfin trouvé le canal par lequel un doigt s&#8217;enfonçant dans l&#8217;ombilic ressort par le fondement et sans odeur ? Je vois deux interprétations à ce message. Soit une mise en garde aux générations futures de podcasteurs qui se résumerait à &laquo;&nbsp;le bonheur c&#8217;est simple comme un coup de wireless mais fais gaffe quand tu passes en HD&nbsp;&raquo;. Soit un message plus sain du type &laquo;&nbsp;c&#8217;est pas vrai qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils disent à la télé que Disney c&#8217;est que du bonheur, y a des étudiants en master 2 dans les marionnettes et ils en chient&nbsp;&raquo; (je vous laisse ajouter l&#8217;accent).</p>
<p style="text-align: justify;">4. Les internautes ont changé, selon Lokan. Le partage a tourné au carnage, on lui demande des comptes&#8230; De mon petit point de vue de rédacteur de cet article, il me vient à l&#8217;esprit des questions assez simples: pourquoi ne pas avoir demandé aux gens un peu de patience quant à l&#8217;arrivée des contenus ? Pourquoi plusieurs personnes et toute cette dépense d&#8217;énergie contre Lokan ? Pourquoi ça sent autant l&#8217;esbroufe ? Et les gens peuvent-ils se satisfaire de la réponse de Lokan &laquo;&nbsp;je suis honnête et droit je vois pas pourquoi on veut voir les comptes de l&#8217;association&nbsp;&raquo; ?</p>
<p style="text-align: justify;">5. Les insultes et le bras d&#8217;honneur de Lokan envers les gens qui regardent la vidéo sont le pire travers de la rockstar&#8230; ça me rappelle quand Kurt Cobain donnait des coups de pieds aux fans qui voulaient monter sur scène dans un des derniers concerts du groupe, la guitare en moins&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour conclure, j&#8217;ai relevé au moins 6 occurrences de l&#8217;expression &laquo;&nbsp;j&#8217;ai la prétention&nbsp;&raquo; que celle-ci soit suivie de &laquo;&nbsp;de croire&nbsp;&raquo; ou d&#8217;autres mots. Rien&#8230; c&#8217;est tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Combien on en voit, de comptes twitter, de sites ou blog fondés sur le #partage, l&#8217;échange et même l&#8217;Amour de son prochain, qui utilisent les autres à la fois comme ressource et premier étage d&#8217;un système pyramidal dont ils prennent naturellement la tête alors qu&#8217;il n&#8217;y a que prétention ?</p>
<p style="text-align: justify;">La question pour moi de savoir si untel est plus vrai, plus honnête ou plus courageux parce qu&#8217;il montre son vrai visage sur la toile (ou son nom) ou si tous les anonymes sont des couards n&#8217;a aucun sens. La seule question est de savoir quel contenu est véhiculé et avec lui quelles valeurs. Je me fous complètement de savoir quelle est l&#8217;identité réelle de @Maitre_Eolas par exemple. Je me fous de son visage, de son physique et de sa vie privée, de son orientation sexuelle. Je n&#8217;ai pas besoin de ces éléments pour tomber dans un processus d&#8217;identification qui est le seul moyen que j&#8217;ai de me rapporter au monde. Je me contente du contenu, du propos. J&#8217;accroche, j&#8217;échange&#8230; et plus si affinités. Ca me regarde.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fond, on a raison de s&#8217;interroger sur l&#8217;intérêt de la dépense d&#8217;énergie des haters de Lokan mais on a le droit de se demander aussi pourquoi les attaques semblent faire mouche.</p>
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		<title>Au nom du père, au lieu du fils.</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 15:00:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/last-ride.jpg"><img class="size-medium wp-image-2012 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/last-ride-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Jadis, je croyais fermement qu’il fallait crier pour aimer et suivre les ordres pour être aimé. Petit, avant que je ne prononce mon nom pour savoir qui j’étais, je n’existais que dans la bouche de mon père, à l’époque où le monde tournait outrageusement autour de ses silences rhétoriques et de son regard rédhibitoire. Chacune de ses paroles assenées avec affection, mais sans le packaging, retentissait dans ma petite planète – faite de jeux d’adultes et d’innocence dérobée – comme le jugement dernier. Et celui-ci ne s’interromprait pas tant que l’homme château de carte ne s’en retournerait pas sur ses talons pour comprendre sa propre violence.</p>
<p><span id="more-1257"></span></p>
<p>Après avoir goûté, sans vraiment m’y habituer, à ses coups de tonnerre pour la énième fois, j’étais comme fasciné dès qu’il me regardait presque absent, mais totalement présent du haut du monde de ceux qui savent déjà tout et qui n’apprennent rien. Lui, le père, ne savait pas s’il devait rire d’espérance ou pleurer de résignation en posant les yeux sur sa progéniture, sa créature, sa boîte à souvenirs, à avenir. Je ne voulais pas le décevoir, comme si cela était possible, souhaitable, mais je n’ai jamais compris ce qu’il voulait en faisant tomber la nuit sur moi et lui non plus au bout du compte, pensais-je. Alors, nous nous taisions en soufflant en canon et c’était bien ainsi…</p>
<p>Parfois, lorsqu’il perdait pied dans sa réalité, il arrivait à s’extirper subrepticement de sa retraite faite de silences avérés et de sanglots refoulés. Comme tous les Hommes, il cherchait de manière psychotique des vestiges de la mère que je ne connaissais pas – la sienne ou la mienne – pour lui venir en aide, pour lui donner la force nécessaire, pour avoir de quoi croire juste un jour de plus. Demain n’existait pas pour lui. Mais il fallait s’y préparer et y survivre coûte que coûte, uniquement pour recommencer le jour suivant jusqu’à en avoir assez des pourquoi ! Je n’étais pas sûr de comprendre tous les tenants et les aboutissants de cette lutte que je ne voyais pas chez les autres, mais elle était notre héritage et je le porterai bien assez tôt.</p>
<p>Le temps, qu’on le veuille ou non, on le subit et pire on le regarde faire, une main dans le dos sans rien dire parce qu’il n’y a rien à expliquer, à demander, à combattre. Il faut juste vivre avec, voilà à peu près ce que mon père voulait me laisser comme mémoire en s’obstinant sans plaisir à ne jamais me donner le mode d’emploi de l’épreuve qu’il m’imposait.</p>
<p>L’an un. Le jour où il a voulu m’apprendre à nager en me catapultant sans mon autorisation dans un étang qui ne s’était pas lavé. J’aurais pu me noyer, j’aurais dû, j’aurais pu nager, j’aurais dû, finalement j’ai flotté, mais l’eau, elle ne s’en est pas enquise et ma leçon était donc celle-ci ! Alors, c’était à moi de voir si je voulais abandonner ou continuer jusqu’au jour où je perdrai comme tout le monde.</p>
<p>En outre, dès qu’un bref et rare moment d’évasion fantastique s’offrait à moi en levant la tête vers les nuages en perpétuelle mutation, mon père ne pouvait s’empêcher de les étrangler de ses propres mains sous mes yeux, naturellement. Comme pour me faire comprendre à sa manière qu’il n’y a rien à voir là-haut, circulez, parce qu’à y prendre goût trop rapidement, trop souvent, on ne sentait pas la chute et je finirai par ne voir que le sol en le prenant à témoin de mon mode de vie. Mon champ de vision devait désormais se résumer à droit devant, sans espoir de regarder en arrière. À force, j’allais devenir ce que je vivais tant bien que mal et certainement pas ce à quoi que je rêvais les yeux grands ouverts durant mes crises de bonheur idéal. Du coup, je ne connaissais pas la déception !</p>
<p>Avancer, avancer, c’était le maître mot avec lui, avancer toujours et encore. Je crois, enfin, je doute que mon père n’ait jamais eu confiance en une autre personne que moi et le drame, c’est que je ne connaissais définitivement pas le sens de ce sentiment, car on le comprend qu’une fois qu’on nous l’a ôté, donc il a dû partir.</p>
<p>La dernière fois que j’ai vu mon père me parler avec le visage déformé à l’extrême, les cordes vocales prêtes à se déchirer, les veines proéminentes, les tempes puis le système lacrymal au bord de l’explosion, il essayait inlassablement de m’enlacer tout en m’écrasant, me donner quelque chose tout en me l’imposant, étrangement, rien à avoir avec un présent qui offre un sourire en prime, mais plutôt une part de sa prison, interne, enfantine, amoureuse où la liberté – dont il aimait à promouvoir ses vertus en tempêtant – n’a jamais aussi bien résonné. J’aurais tant voulu lui donner une clef, la bonne, une porte de sortie, l’unique ou bien un morceau de mes nuages en échange de son trouble, ce bourdonnement incessant, persistant, assourdissant et dépourvu de trêve qui était le sien depuis son enfance soldée sur l’autel d’un père qui n’en était pas un.</p>
<p>Mon père, il en était un, il n’avait pas besoin d’être un quelconque héros puisqu’il était là d’autant que je m’en souvienne, et plus je fouille dans ma mémoire morcelée pour avancer vers mon destin déjà bien ficelé plus il me reste des clichés au détail près de paysages défilant sans discontinu les uns après les autres. Mais il n’y a personne pour les habiter, si ce n’est la voix de mon père qui supervisait la visite guidée – aussi confuse que rassurante – de ma psyché en convalescence depuis l’enfance. Et dans ces moments-là, touché par la grâce, le trouble, mon trouble s’effaçait de ma prison sur mesure, à croire que le bourdonnement incessant, persistant, assourdissant et dépourvu de trêve, c’était les autres après qui l’on court toujours et qui ne nous rattrapent jamais !</p>
<p>J’ai dû perdre la faculté apparemment obligatoire d’aimer, le jour où mon père a préféré me quitter durablement au lieu de fuir encore une fois, droit devant. Je n’ai pas eu le luxe de me retourner sur ses pas pour lui dire au revoir, il a fait en sorte qu’il soit déjà trop tard. Il m’a donné ce jour-là l’amour qu’il n’avait pas. Enfin, je ne sais pas. Je crois. Je le demanderai certainement à mon tour à mon fils quand je ne serai plus, peut-être que lui il m’entendra.</p>
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		<title>Je suis venu vous dire qu’il est parti&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jun 2011 15:00:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je suis venu vous dire qu’il est parti… et que son retour n’est pas une option ! Nous y sommes, comme à chaque fois, ce moment suspendu et furtif où en l’espace d’une seconde ineffaçable quelques mots froids – précédés de trois lents, longs et secs « Toc, Toc,Toc » – solennellement alignés ouvrent une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/the-messenger.jpg"><img class="size-medium wp-image-2009 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/the-messenger-199x300.jpg" alt="" width="199" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Je suis venu vous dire qu’il est parti… et que son retour n’est pas une option !</p>
<p>Nous y sommes, comme à chaque fois, ce moment suspendu et furtif où en l’espace d’une seconde ineffaçable quelques mots froids – précédés de trois lents, longs et secs « Toc, Toc,Toc » – solennellement alignés ouvrent une porte avant de la refermer à jamais sur celui ou celle qui la tient fébrilement ou férocement.</p>
<p>Je crois qu’à chaque fois que j’apporte la mort officiellement dans un foyer en pleine expectative espérant un miracle sans y croire, ma respiration trahit ce que mon cœur fuyard puis implosif nie. Et durant cette partie de cache-cache, lorsque qu’il ne me reste que mes entrailles pour me vider ainsi poliment devant la peine d’autrui, j’en suis à implorer la violence plutôt que le silence. La mort est une manie incurable, une œuvre posthume, une industrie sérieuse et perpétuelle, surtout en temps de guerre et plus on la déshumanise moins on s’en souvient.</p>
<p><span id="more-1255"></span></p>
<p>Dans mon métier, on tire avant de parler et maintenant que je n’ai plus de cibles mouvantes, j’ai du mal à reprendre la parole sans m’accrocher piteusement à la personne en état second à laquelle je m’adresse pour la première et dernière fois. Je dois faire preuve dans la mesure du possible de la plus grande des considérations administratives, mais en aucun cas de compassion fraternisante car elle me rappellerait à la vie puis à la peur pour me laisser sans ferveur ni victoire. Quand les portes claquent de rage ou d’abandon, quand les sanglots s’étouffent mutuellement, quand l’hystérie résonne jusqu’à qui veut l’entendre, j’ai déjà tourné les talons d’un pas aérien et dans un bruit sourd. Mes yeux dans ma tête, dans mes mains, en vitesse de croisière, je prends la fuite en cherchant nerveusement mes clefs de voiture. Le souffle las de tout ça, je ne regarde ma cible dans le rétroviseur qu’une fois l’envie de vomir et le besoin de pleurer passés. Il faut croire que j’ai en moi plus de regrets que de courage, la survie est à ce prix.</p>
<p>La bravoure apparemment ne s’achète pas, ne se loue pas, ne se prête pas, on nous la donne en médailles, en discours, en félicitations, en reconnaissances si l’on tient suffisamment longtemps pour ne plus être comme tout le monde et que l’on a la décence de ne pas trépasser pour en jouir en société. J’estime amèrement être entre les deux, normal et absent, colonisé d’affres qui ne sont pas les miennes, persuadé que tout le malheur du monde repose sur mes épaules et que j’en suis responsable alors qu’on ne m’a rien demandé ! J’aurais pu choisir en premier lieu les joies de l’autodestruction, mais au moins avec l’auto-flagellation, j’aurais le temps nécessaire de faire pénitence envers je ne sais qui ou de trouver un sens à je ne sais quoi !</p>
<p>Mais pour l’heure, derrière les stries de mon verre à moitié plein, je regarde les Hommes tomber en faisant du surplace sur leur passé d’ancien combattant et de nouveau combattu. Ceux qui reviennent entiers ou pas de l’industrie de la mort gardent toujours en souvenir une partie du capital de l’usine qu’eux seuls peuvent comprendre. Alors l’amour et l’amitié n’ont pas leur place sur ce chemin étroit, sinueux et incertain. Et les jours défilent les uns après les autres comme pour me narguer à jamais, comme pour me garder sur mes deux jambes, comme pour me protéger de moi-même.</p>
<p>Mi-temps, pause, pouce, je n’en peux plus, ce soir je vais mettre ma tête à l’envers afin d’y voir plus clair, enfin jusqu’à demain.</p>
<p>J’ai fait mon devoir, j’ai servi mon pays et il est fier de moi comme ils disent. J’accepte plutôt bien et je ne rouspète plus, ceci étant j’ai une menue réclamation à présenter. Certes, on ne ramène pas les morts à la vie, mais concernant mon temps, qu’en est-il, comptez-vous me le rendre ? Ce n’est pas que je n’aime pas ma patrie, mais mon répit j’y tiens absolument puisqu’il est tout ce que j’ai et, par-dessus tout, ce que je suis intimement – les photographies de mes vacances diplomatiques l’arme à la main ne me vont que peu au teint ! On m’a répondu que l’armée ne pouvait rien pour moi concernant ce dossier « sensible », mais que je pouvais toujours si je le désirais m’adresser au vendeur de religion de mon choix…</p>
<p>Le truc avec les mutations, les missions, les délocalisations, c’est que l’amour ne rentre pas nécessairement dans un uniforme et que les relations à distance ont été créées pour la mythologie de l’adolescence où tout est pur, même la tromperie. J’aurais dû m’en douter, c’était inéluctable, c’est toujours mieux comme ça et je m’en remettrai ! Toujours est-il qu’en apprenant la patience à force de correspondances, d’illusions et de masturbations, personne ne m’avait indiqué au préalable qu’il y aurait des conséquences, tel que mon remplacement par un autre dans ton lit. Nul n’est irremplaçable, certes, mais biodégradable, là s’en est trop ! Je trouverai une autre partenaire de vieillesse, c’est sûr, mais l’amour&#8230;</p>
<p>Ponctuels ou retardataires, nous sommes tous égaux devant une mine antipersonnel ! J’ai beau retourner ma scène d’héroïsme attitrée et homologuée dans tous les sens, saoul ou sobre, je n’arrive pas départager honnêtement le facteur chance de la stratégie des statistiques. Le timing, le seul et l’unique, j’ai très longtemps cru naïvement qu’il était l’une de ces sciences exactes comme les programmes télés, les soldes privées ou les déclarations de paix, mais il m’a fait faux bond au moment où j’en avais le plus besoin, me démontrant qu’avec une armée ou un pays derrière soi, on ne peut raisonnablement compter que sur soi.</p>
<p>Malgré tout cela, j’ai gardé l’uniforme, par habitude plus que par foi sans doute, et puis il faut bien faire quelque chose pour être quelqu’un, pas vrai ? Quoi de plus étrange, non, en fait, quoi de plus logique que d’envoyer une personne habitée par la mort pour annoncer celle de ceux qui ont perdu leur droit à la vie ?</p>
<p>Le visage rigide et fermé, le regard glacial et humide, la voix intangible et méthodique, je viens donner ce que personne ne veut recevoir sauf moi. Et lorsque la vie de leurs enfants, de leurs maris se termine, certains n’y voient que colère et effondrement, moi je n’y vois qu’amour.</p>
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		<title>Généalogie sélective</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2011 08:36:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lise Pressac</dc:creator>
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		<description><![CDATA[   Cela faisait des semaines qu&#8217;elle appelait.  A chaque coup de fil sa demande se faisait plus précise.  Au départ elle se contentait d&#8217;essayer de savoir si son nom de famille lui était familier.  Visiblement non, et il n&#8217;avait pas l&#8217;air de faire semblant.  Puis un jour elle lui a écrit une lettre dans laquelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>  </p>
<div id="attachment_2194" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/3749333562_775db769f9_o.jpg"><img class="size-medium wp-image-2194" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/3749333562_775db769f9_o-300x226.jpg" alt="" width="300" height="226" /></a><p class="wp-caption-text">Photo de h.koppdelaney </p></div>
<p>Cela faisait des semaines qu&#8217;elle appelait. </p>
<p>A chaque coup de fil sa demande se faisait plus précise. </p>
<p>Au départ elle se contentait d&#8217;essayer de savoir si son nom de famille lui était familier. </p>
<p>Visiblement non, et il n&#8217;avait pas l&#8217;air de faire semblant. </p>
<p>Puis un jour elle lui a écrit une lettre dans laquelle elle donnait le prénom et le nom de jeune fille d&#8217;une femme, mais aussi sa date de naissance. </p>
<p>Bien sûr que ce nom lui disait quelque chose : c&#8217;était sa mère. </p>
<p>Il décide alors d&#8217;en parler une nouvelle fois à son frère. </p>
<p>Jusqu&#8217;à présent ils n&#8217;avaient prêté aucune attention aux lubies de cette inconnue, mais elle avait peut-être une bonne raison d&#8217;insister finalement. </p>
<p>Une discussion anodine entre deux frères lors d&#8217;un déjeuner dominicale chez leur mère. </p>
<p>Celle-ci, comme à son habitude, écoutait sans piper mot avant de lâcher  :&nbsp;&raquo;Je vais tout vous dire&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Il y avait donc quelque chose à dire. </p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai eu un autre enfant avant vous&nbsp;&raquo;, lâcha-t-elle. </p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&#8217;était en 1942. En pleine guerre. </p>
<p>Elle habitait un petit village de Dordogne, en zone libre. </p>
<p>Son père, maire de la commune, était aussi le tenancier de l&#8217;hôtel-restaurant. </p>
<p>L&#8217;ancien instituteur du village vient y passer quelques jours, sans femme ni enfants. </p>
<p>Il loge à l&#8217;hôtel. </p>
<p>Elle tombe enceinte. Elle a 20 ans. </p>
<p>Ses parents ne lui laissent pas le choix : elle doit partir. </p>
<p>Ils l&#8217;envoient chez des cousins, en zone occupée. </p>
<p>Elle est seule, sans ressource, sa famille lui a tourné le dos. </p>
<p>Garder ou non le bébé elle s&#8217;est posée la question, évidemment, elle a même cru qu&#8217;elle pourrait s&#8217;en sortir seule. </p>
<p>Ses parents, eux, ont été clairs : elle peut revenir mais sans ce bâtard qui nuirait à la réputation de la famille. </p>
<p>Sa sœur l&#8217;a convaincu que c&#8217;était la meilleure solution. </p>
<p>Sa sœur était plus âgée qu&#8217;elle, elle la trouvait plus intelligente qu&#8217;elle qui était tout juste bonne à nourrir les animaux de la ferme. </p>
<p>Si elle lui conseillait de ne pas garder son enfant c&#8217;est sans doute que c&#8217;était la meilleure décision. </p>
<p>L&#8217;accouchement se fit dans la douleur. </p>
<p>Et à en croire les bonnes sœurs qui se sont occupées d&#8217;elle elle n&#8217;avait que ce qu&#8217;elle méritait. </p>
<p>C&#8217;était un garçon. Elle l&#8217;a allaité un mois durant avant de se décider. </p>
<p>A l&#8217;assistance publique elle a signé le registre de son nom. </p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il lui avait téléphoné avant de venir. </p>
<p>Elle a accepté sa visite. </p>
<p>C&#8217;était en 1982. </p>
<p>Depuis elle s&#8217;était mariée avec un menuisier qui passait plus de temps au bistrot qu&#8217;à s&#8217;occuper d&#8217;elle. </p>
<p>Elle avait eu deux fils. L&#8217;un s&#8217;était marié, sa deuxième fille venait de naître. </p>
<p>Elle était donc grand-mère. </p>
<p>Son mari lui était décédé un an après l&#8217;arrivée de sa première petite-fille. </p>
<p>Son premier fils avait des milliers d&#8217;interrogations qu&#8217;il a tues jusqu&#8217;à la mort de sa mère adoptive, par respect pour elle. </p>
<p>Maintenant qu&#8217;elle n&#8217;était plus là il voulait connaître sa mère naturelle. </p>
<p>Ce fut la première et dernière visite. </p>
<p>Chaque fois qu&#8217;il appelait elle raccrochait. </p>
<p>Toutes les lettres qu&#8217;il a envoyées chaque année pour le nouvel an et son anniversaire elle les a jetées sans même les ouvrir. </p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La première qu&#8217;elle a lue il lui avait écrite pour la remercier d&#8217;avoir révélé son existence à ses demi-frères, 60 ans plus tard. <br />
&laquo;&nbsp;C&#8217;est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire&nbsp;&raquo;. </p>
<p>Un cadeau auquel a participé sa fille en réussissant à établir indirectement le contact avec celle qu&#8217;il appelle encore &laquo;&nbsp;chère Madame&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>D comme&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Jun 2011 05:30:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le carillon vient de sonner la demie. Le bruit se prolonge et résonne.  Vaciller d&#8217;un coup à peine porté, d’une ombre à peine marquée, d’un rien de réalité. Les jambes se dérobent, le ciel tremble, et l&#8217;Autre. Le froid du métal subitement gênant. Dans le dos, la pression de la chaise se fait dense. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2156" class="wp-caption aligncenter" style="width: 235px"><a href="http://www.flickr.com/photos/maou_/"><img class="size-medium wp-image-2156" title="Capture d’écran 2011-06-13 à 15.26.16" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/Capture-d’écran-2011-06-13-à-15.26.16-225x300.png" alt="" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">cliquez l&#39;image pour voir les autres photos de Maou</p></div>
<p>Le carillon vient de sonner la demie. Le bruit se prolonge et résonne.  Vaciller d&#8217;un coup à peine porté, d’une ombre à peine marquée, d’un rien de réalité. Les jambes se dérobent, le ciel tremble, et l&#8217;Autre.</p>
<p>Le froid du métal subitement gênant. Dans le dos, la pression de la chaise se fait dense. Le long de la colonne, une goutte glacée hérisse et trace. Sans s&#8217;y attendre, le grondement sourd, malice inattendue. Sentir au creux du ventre l’appel. Un écho primal.</p>
<p>Prunelles floues, indicible état perdu au milieu de nulle part, pourtant tellement sien et la mémoire vive des plaisirs réactivée, l&#8217;invitation. Premier trouble qui nait d&#8217;un geste, main qui effleure, désir qui affleure. Son parfum, mourant dans l&#8217;air.</p>
<p>Là, les flaques de soleil pour témoin, la ruelle impavide.</p>
<p>Son cou comme un passage. Grain de beauté, comme une ponctuation. De l&#8217;éclat des cheveux mordus de soleil, où le chatain s&#8217;ourle de miel à l&#8217;eau de sa bouche, faisant briller ses lèvres, pointe de la langue furtive. Et des battements organiques, l&#8217;oscillation.</p>
<p>Le musc et la fumée de son cylindre allumé.</p>
<p>Lutter, pour les formes, pour la promesse de ses reins: dents coupant la pulpe des lèvres, pour éviter de penser. Ivre des éventualités. Embrasser du regard les moindres accidents de peau, faire sienne une cicatrice, comme une signature duelle.</p>
<p>Les pierres grises chuchotent.</p>
<p>Impossible trêve, où s&#8217;enlisent les flots de questions, cherchant la grève, à périr sans abysse, sans sommet, juste d&#8217;une élude, d&#8217;un prémisse, d&#8217;un oui attendu. Le souffle coupé, ou plutôt désarticulé, chercher son eau. A s&#8217;abreuver de joies temporaires, à se lover de fugaces mohairs. Prunelles grises contre ses iris, personne n&#8217;abdique.</p>
<p>Les nuages sont de marbre.</p>
<p>Perdre pied là où naissent  les refuges illicites et vouloir, être l’ornière dans laquelle s’échouer. Ses jambes se déroulent, et s&#8217;allongent, infinies.     Avoir pour quelques minutes, quelques secondes, la soie de sa peau pour dessein: le gout salé de nos peaux mouillées. Rêver d’en user jusqu’à la trame. Découdre, en découdre et s&#8217;abimer au fond du gouffre. De l&#8217;améthyste de ses yeux à l&#8217;amer triste de l&#8217;aveu.</p>
<p>Se taire. La peau claire que l&#8217;on imprime, et les zones ombrées que l&#8217;on devine. Probablement douces.  Pas encore, pas si vite. Un instant est si vite enfui. Les nuits sans souffle bien vite repeuplées. Ralentir l&#8217;aiguille aux montres de nos envies. Que l’abandon ne vienne pas de suite.</p>
<p>Même si la reddition est tue.</p>
<p>S&#8217;embraser d’un rien, promesse de baiser, ivresse d’être prise. Imposer le non. Combattre les reins en feu, les seins énervés, le ventre à blanc. User de mots d&#8217;airain pour se faire violence.  Non.  Se clore à tout. Se croire vainqueur. Ne céder qu&#8217;en pensée, un peu à dessiner l&#8217;onirique.</p>
<p>Les immeubles se penchent.</p>
<p>Fermer les yeux: ce serait simple. Sa bouche comme un fruit cueilli à l’aube, la rosée de ses lèvres.  Puiser à son humidité. La grâce de sa hanche, volute où poser l&#8217;interdit. Son ombre géante sur le mur, funambule démesuré à corps perdu. Ses épaules comme des points d&#8217;ancrage, ses fesses points finaux de nos sons sans mémoires, de nos sens sans histoires. Au fusain de ses mains actrices, à l&#8217;encre de nos corps.</p>
<p>Venir, fuir, s&#8217;offrir&#8230; Entre mes reins il se meut et se meurt. De nos corps tropiques, l&#8217;ineffable plaisir S&#8217;éreinte à l&#8217;aune des heures offertes. Se nourrit de nos incendies.</p>
<p>Quand tous les soleils s’épuisent, il n’y a plus que désirs des astres</p>
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		<title>Où &amp; ici</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jun 2011 15:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/el-trabajo-by-matt-lyon.jpg"><img class="size-medium wp-image-2007 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/el-trabajo-by-matt-lyon-232x300.jpg" alt="" width="232" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242; min-height: 15.0px} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->J’habite un coin de banlieue d’un monde tournant sur lui-même pour se convaincre de faire une quelconque révolution au nom du progrès et de l’après. Ici-bas dans ma dimension parallèle, je vais droit au but en le contournant. La météo fait la loi puis la mode puisque Dieu est mort. Les gens composent le décor en abandonnant toute ambition de jeune premier dès les préliminaires dans le bac à sable sur le bas-côté de la route. Piégé dans un monde de fous accro aux flux, plus j’y vois flou plus je pense faux et c’est peut-être cela qui me sauve.</p>
<p><span id="more-1241"></span></p>
<p>Les seules choses qu’on ne peut plus acheter sont la terre et le temps. Alors à notre époque, j’hésite entre mobile home et musée comme plan de carrière. Voilà pourquoi je reste sans domicile fixe. Enfermé dehors, je joue à l’aventure intérieure.</p>
<p>Je vis dans une tribune officielle à trois pâtés de maison du destin où les plus chanceux pratiquent le suicide pour seule légitime défense. La machine humaine est ainsi faite, peaufinant ses statistiques pour mieux parler de prévention. Et puis, entre le coup de la panne et le dépôt de bilan sur la banquette arrière, l’amour oscille entre le meurtre et le génocide. À chacun sa définition du bonheur, d’une alliance d’occasion au taux de natalité illégitime.</p>
<p>À l’ère du futur parfait et de la science-fiction à crédit, les faits ne valent plus grand chose sans un léger lifting. Le journal des bonnes nouvelles ne fait pas de prisonniers, ni de témoins à moins d’être sûr d’avoir acheté leur silence jusqu’au prochain suffrage. Et entre temps on court, on court toujours et encore pour rien, mais c’est bien là l’essentiel. Las, nous sommes tous suspendus au verdict d’une horloge plus capricieuse qu’impartiale.</p>
<p>Tic, tac, tic, tac. Une chaise sous le cul et le ciel sur les épaules, je compte les nuages, les moutons et mes semblables en attendant l’addition ou une crise cardiaque. Mais rien ne vient. À l’abri sur ma terrasse —la vérité dans le marc de café— j’assiste à un passage à tabac par des humanitaires braquant le quidam avec sa bonne conscience, bien emmitouflé dans son uniforme d’archange laïc. L’humanisme est la première des religion et l’argent est son prophète. Apparemment sauver le monde ou le prétendre, c’est un métier.</p>
<p>Fort heureusement vu mon profil, je ressemble plus à un débiteur qu’à un créditeur équipé de dreadlocks blondes et sales. Pendant ce temps je regrette la prohibition des stupéfiants —façon tolérance zéro— lorsque qu’un paquet de costards cravaches recrache péniblement la nicotine républicaine et la misogynie sociale en suivant le défilé puritain des arrière-trains en mini-jupes. Un troupeau d’individualistes plus lâches que pacifistes fait de la plaque d’à côté une religion.</p>
<p>Dans ce bordel organisé, j’en viens presque à espérer un peu de fraternité, une galanterie quelconque, une générosité anonyme pour m’éviter de penser à mal. Mais le tonnerre sonne la fin de la récréation et la société des pions bafoue sa bienséance en reniant l’échiquier pavé, en slalomant entre le passage piéton effacé, en butant contre le trottoir poli. La ville respire au ralenti, le ciel nous fait une crise de nerfs au rythme de la pluie. Au pays des poules mouillées, les K-way sont rois.</p>
<p>La panique dans un monde sécurisé, cela ne tient à rien. Alors si certains s’engouffrent dans les bouches de métro, d’autres s’échappent dans des culs-de-sac et les derniers dans leur moitié. Il faut bien aller quelque part, faire quelque chose, mais pour combien de temps ? De concert, les nuages cessent de pisser dans un violon et sur nos têtes, trop pleines pour échapper au vide. Les journaux se froissent pour mieux mourir entassés sur un de leurs congénères trustant une poubelle déjà obèse. Quant aux enfants, ils voient un arc-en-ciel dans un insignifiant changement climatique —le trop de technologie nous pousse à croire en la magie où qu’elle soit.</p>
<p>Et en observant les maladresses du balai pédestre, je me dis que la noyade est une sortie de piste plus digne que l’aquaplaning. Le ridicule ne tue plus. La mort non plus. Les talons surfent à tâtons sur un bitume bancal et les parapluies parlent ensemble de leur amour pour l’automne au milieu de la cohue générale prenant le pas sur l’accalmie pour un sursis nécessaire. Tout est bon pour céder à ses bas instincts, la pluie, l’heure de pointe ou une alerte à la bombe.</p>
<p>Mais ici-bas, les accidents de la circulation se succèdent tant bien que mal —de la symphonie des tôles froissées aux gouailles parlant avec les phalanges— jusqu’à l’arrivée de la chorégraphie des forces de police. Les Hommes cherchent la violence là où elle se trouve, même dans le code de la route. Depuis que les guerres sont propres, il ne reste que les échauffourées entre gens civilisés en milieu urbain pour faire couler le sang gentiment. Les badauds les plus voyeurs encerclent en silence le match au sommet, tandis que les bookmakers spéculent sur l’impact du terrain et les conséquences dentaires à une terrasse enfin libres.</p>
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		<title>Sade est-il sadique?</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 13:32:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a quelques jours, je vous annonçais une série sur la (les?) perversion(s). Nous y voilà. Episode 1: Sade Je me devais d’inaugurer ce tour des perversions par le maître en la matière : Sade. Non qu’il fût le premier à écrire ses fantasmes, mais il reste une icône reconnue de tous. Je vous arrête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p style="text-align: center;"><em>Il y a quelques jours, je vous annonçais <a href="http://hathorsaison2.wordpress.com/2011/05/22/perversions-by-la-brune/">une série sur la (les?) perversion(s). </a>Nous y voilà.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Episode 1: Sade</em></p>
<p style="text-align: justify;">Je me devais d’inaugurer ce tour des perversions par le maître en la matière : Sade. Non qu’il fût le premier à écrire ses fantasmes, mais il reste une icône reconnue de tous.<br />
Je vous arrête tout de suite. L’idée n’est pas de vous faire des tartines illustrées des fantasmes sadiens. Si vous voulez lire Sade, lisez Sade. La ligne directrice de ce post est de décortiquer sa visée d’écrivain, afin de réfléchir son symptôme et de répondre à une question toute simple : Sade était-il sadique ?<br />
Alors voyons.<br />
Donatien Alphonse François, comte de Sade, dit le marquis de Sade (2 juin 1740 – 2 décembre 1814) est l’auteur d’une dizaine d’ouvrage traitant la question de l’érotisme.</p>
<p><span id="more-2141"></span></p>
<p>A le lire, la question de sa perversion semble légitime. Dans ses écrits, on retrouve une sexualité transversive, souvent couplée à un rejet massif de la religion et aujourd’hui encore, malgré une banalisation du sexe, ses oeuvres gardent leur saveur sulfureuse.<br />
Evidemment, la tentation est grande d’aller chercher dans cet étalage fantasmatique un point d’entrée pour comprendre l’homme mais est-ce vraiment judicieux ? Ecrire une sexualité déviante suffit-il à faire de soi un être déviant ? Je ne crois et nous allons plutôt nous tourner vers la vie de l’homme pour nous éclairer sur son fonctionnement.</p>
<p>La vie du Marquis se trouve ponctuée de trois affaires principales : l’affaire dite de Paris, en 1763, celle d’Arcueil dite l’affaire de Rose Keller en 1768 et l’affaire des bonbons à la Cantharide à Marseille en 1772. Nul besoin de s’appesantir sur le déroulé des évènements mais nous pouvons relever des similitudes dans les faits ainsi révélés. Sur chaque affaire, lui est reproché la pratique de la sodomie, la fustigation  (il fouette mais il est fouetté, jusqu’à 900 coups de fouet à Marseille) et le blasphème (probablement le plus grave à l’époque). Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse le plus.<br />
Sade fait peur, Sade sème le doute et surtout, Sade divise.<br />
L’opinion publique est partagée, aujourd’hui encore. Il y a ceux qui trouvent l’homme et ses actes monstrueux et ceux qui minimisent. Ce point est, à mon sens très important et nous y reviendrons plus avant dans la réflexion.<br />
L’affaire de Marseille va conduire à sa condamnation par le parlement de Provence à la peine de mort pour empoisonnement et sodomie.<br />
Le comte va fuir en Italie avec sa jeune belle-sœur jusqu’en 1778. A son retour, il va être enfermé jusqu’en 1790. C’est en prison que Sade va écrire l’essentiel de son œuvre et c’est bien ce point du réel qui va guider notre réflexion.<br />
En effet, que penser de Sade ? Est-il vraiment pervers ?</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://hathorsaison2.files.wordpress.com/2011/06/sade-31.jpg"></a><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/sade-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2142" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/06/sade-3-193x300.jpg" alt="" width="193" height="300" /></a><br />
Pendant longtemps, j’ai eu tendance à penser que le nœud de la structure psychique de Sade est à chercher du côté de la psychose. L’homme divise, je l’ai dit, certains sont de son côté, d’autres sont contre. De la à parler de clivage (mécanisme propre à la psychose, il n’y a qu’un pas). Quelques mots sur le clivage. Il s’agit d’une opération psychique ayant pour but de protéger la psychée d’un conflit trop complexe à gérer. Freud le définit comme étant une réponse à un conflit par « deux réactions opposées, toutes deux valables et efficaces. D’une part, à l’aide de mécanismes déterminés, il (le sujet) déboute la réalité et ne se laisse rien interdire ; d’autre part, dans le même temps, il reconnaît le danger de la réalité, assume, sous forme d’un symptôme morbide, l’angoisse face à cette réalité et cherche ultérieurement à s’en garantir. Il faut reconnaître que c’est là une très habile solution de la difficulté. Les deux parties en litige ont reçu leur lot (…) Le succès a été atteint au prix d’une déchirure dans le moi, déchirure qui ne guérira jamais plus, mais grandira avec le temps. ». Le clivage est donc une tentative de sauvegarde de la psychée qui ne peut s’opérer qu’au prix de l’intégrité du moi.<br />
Je sais, la chose est complexe mais l’information à retenir est que le clivage est un recours archaïque au conflit interne. Au final, le clivage est une opération qui consiste à « débouter la réalité », opération assimilable à celle qu’opère le délire.</p>
<p>Mais le clivage n’était pas mon unique point d’ancrage. Revenons sur le passage à l’écrit.<br />
Sade en prison se met à écrire et cesse, concomitamment toutes pratiques sexuelles dites déviantes. Nous avons vu que pour Lacan, l’écriture peut avoir la place d’une mise à distance philosophique du fantasme, réduisant la nécessité de le faire exister dans le réel. Il me semble que c’est oublier bien vite ce qui fonde la psychose.<br />
En effet, ne peut-on pas penser qu’il s’agit plutôt d’une confusion entre la représentation de chose et la représentation de mot (Freud) ?<br />
Freud distingue deux types de « représentations ». Celle, essentiellement visuelle, qui dérive de la chose et celle, plus acoustique, qui dérive du mot. Cette distinction prend pour lui une portée méta psychologique, la liaison de la représentation de chose à la représentation de mot correspondante caractérise le système préconscient – conscient à la différence du système inconscient que ne comprend que la représentation de chose.<br />
Pour Freud, il y a, chez le sujet psychotique, une confusion entre représentation de chose et de mot. Les patients psychotiques « traitent les choses concrètes comme si elles étaient abstraites ». Le problème est que le mot est indifférencié de la chose, il ne représente pas l’objet mais le rend présent, le devient. Dans ce cas précis, les représentations de choses sont utilisées comme des représentations de mots. Segal appelle ce type de pensée concrète « équation symbolique ». Elle écrit en parlant des psychotiques : «c’est leur langage avec sa symbolisation concrète, sa confusion entre le sujet et l’objet, et aussi son transfert qui doit faire l’objet de l’analyse. » Elle forge le concept d’équation symbolique à partir de la célèbre phrase de Dick (patient psychotique de M. Klein) « pauvre Mrs Klein ! » qu’il prononça alors qu’elle taillait un crayon.</p>
<p>Et si chez Sade, le mot égalait la chose ?<br />
Et si, en écrivant ses fantasmes, il ne faisait que les vivre, dans un réel qui lui est propre ?<br />
Et si Sade était psychotique ?</p>
<p>Cependant, à y regarder de plus, dans sa vie et non plus dans ses écrits, certains éléments nous laissent penser que sa dépendance au fantasme n’est pas totale.<br />
Je m’explique.<br />
Tout d’abord, nous constatons que « l’exécution » du fantasme chez lui est modérée. Il reste pour l’époque et son rang dans des limites acceptables (agissant notamment sur des prostituées rétribués et non pas sur ses maitresses) et usant de pratique, finalement assez répandue (la fustigation était en vigueur à l’école, par exemple). D’autant que l’exécution du fantasme n’implique pas l’exécution des filles.<br />
Alors oui, je sais, dire que Sade est modéré peut faire sourire mais le choix de ses partenaires de jeu et ses actes eux-mêmes semblent indiquer la présence d’une loi qui vient tempérer, une limite.  L’emprise n’est donc que partielle dans le contenu du comportement. Sade n’est pas sans limite.<br />
Nous pouvons également remarquer une limite temporelle puisque la prégnance du fantasme dans la vie ne concerne que la partie de sa jeunesse. Ses pratiques cessent avec son emprisonnement et le passage à l’écriture.<br />
Quand est-il de Sade ? Si l’existence d’une limite psychique exclue l’hypothèse de la psychose (psychose = absence de limite, en très très résumé), cela ne résout en rien la question du diagnostic clinique, la limite étant, par définition, propre à la névrose et à la perversion.</p>
<p>Et si la réponse était à chercher du côté de la distance entre le fantasme de Sade et sa vie ?<br />
En soi, cette distance soulève deux problèmes.<br />
Peut-on parler d’une traversée du fantasme, comme solution trouvée par Sade pour mettre au travail son fantasme ?<br />
Cet écart ne concerne-t-il que le fantasme sadique, ou bien implique-t-il son remplacement par un autre fantasme (obsessionnel ou masochiste) ?<br />
En gros, la traversée du fantasme est-elle possible ? La mise à distance vient-elle par la pensée philosophique ?</p>
<p>Il me semble important de noter que Sade n’est pas dupe.<br />
Selon lui, la nature (y entendre Dieu) est ce qui légitime tous les comportements libertins, crimes compris. La nature est donc la volonté de jouissance et se sert du libertin comme objet, instrument de sa jouissance. Le libertin est la main de la nature. Sade fait ici le tour de son fantasme en dégageant très nettement que le libertin est l’instrument de la volonté de jouissance de l’Autre, c’est ce qu’il développera dans Juliette, notamment avec la théorie du Pape Pie VI.<br />
Pour Lacan, la logique de la pensée de Sade est passée dans sa vie. Sa vie n’est plus sous la logique de son fantasme mais de sa pensée (de sa philosophie), ce qui viendrait bouleverser l’aliénation à l’écriture.<br />
Pour Lacan, chez Sade, la logique du fantasme est distincte de la logique de sa pensée. L’auteur va au-delà des limites du fantasme et élabore la position du fantasme. En résumé, Sade, par l’écriture, passe de l’autre côté du fantasme,  il en voit l’envers, la face cachée. Il en est le clinicien.<br />
Dans la continuité de la pensée lacanienne, on peut penser que Sade fait le tour de ce qui est masqué pour le pervers, il dégage explicitement qu’il est le jouet de l’Autre (philosophie de la Nature première).<br />
Sade ni pervers ni psychotique.<br />
Sade névrosé.</p>
</div>
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		<title>Perversion</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jun 2011 07:21:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand j’étais ado, je classais les drogues en deux catégories: celles qui existent, que je côtoyais tous les jours (comme le shit), et puis les autres. Mais arrivée à la fac, lors de ma première soirée étudiante, on me distribue un « SnifPropre ». Soit un petit kit bien complet pour me permettre de sniffer de la cocaïne sans trop [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p style="text-align: justify;">Quand j’étais ado, je classais les drogues en deux catégories: celles qui existent, que je côtoyais tous les jours (comme le shit), et puis les autres. Mais arrivée à la fac, lors de ma première soirée étudiante, on me distribue un « SnifPropre ». Soit un petit kit bien complet pour me permettre de sniffer de la cocaïne sans trop de danger infectieux. Je me souviens être restée interdite, kit à la main, ne sachant pas bien si je devais rire ou pleurer. La cocaïne, ça n’existait pas dans ma vie. J’étais sidérée que tout le monde autour de moi trouve ça normal d’en user et abuser.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2105"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Plus tard, à mon arrivée sur Twitter, j’ai découvert le monde des perversions. Stupéfaite, j’ai constaté que certains semblaient éprouver une certaine fierté à « jouer » au pervers. Entre les adeptes du BDSM ou les amateurs d’urologie, les échangistes ou les excités de la liaison dangereuse, avoir une sexualité basique à deux, au sein d’un couple fidèle, et dans un lit était complètement dépassé. Au moins fallait-il avoir des fantasmes tordus et/ou aimer le sexe à outrance…</p>
<p style="text-align: justify;">Un soir, un débat sur la perversion émerge et entre deux tweets, cette phrase m’interpelle : “@LeCoquin : Je suis pervers et j’en suis fier.”</p>
<p style="text-align: justify;">Être pervers est une fierté. Soit. Mais savons-nous vraiment ce qu’est la perversion ?</p>
<p style="text-align: justify;">Étymologiquement, le terme “perversion” vient du latin pervertere qui signifie “retourner, renverser”. Si on pousse plus avant les définitions, voilà ce que nous dit le dictionnaire Larousse. La perversion, c’est 1) l’action de corrompre une personne saine 2) la déviation des tendances normales, altération profonde d’une fonction 3) la pratique érotique d’un sujet dont les pulsions trouvent leur satisfaction en dehors du coït avec un partenaire d’âge équivalent et de sexe opposé.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez bien lu, oui. Pour le Larousse, l’homosexualité vaut perversion. Je ne suis pas satisfaite de cette définition. Pour mieux comprendre, il faut remonter un peu l’histoire du terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mot « pervers » apparaît à la fin du XIIème siècle pour qualifier celui qui agit à l’encontre de l’ordre du monde, notamment dans le cas où la sexualité sort du cadre religieux dicté par l’Eglise, (sexualité maritale et procréative). Le sexe, c’est pour faire des enfants, c’est tout. Le code pénal napoléonien (1810), en vigueur jusqu’en 1994 en France, va relier le rapport social à la sexualité puisqu’il considère qu’à l’exception de l’adultère, toute conduite sexuelle exercée dans le cadre privé entre personnes majeures et consentantes ne saurait faire l’objet de poursuites. Le poids religieux reste toujours prégnant, mais au final, tant que le 7ème commandement est sauf, il est permis de prendre son pied de la manière qui te convient. Pourtant curieusement, c’est à cette époque que fleurissent multitude de terminologies psychiatriques avec l’émergence de la sexologie et la criminologie. Kertbeny parle d’homosexualité (1869),  Lasègue d’exhibitionnisme (1877), Binet de fétichisme (1887). La perversion se médicalise, devient pathologique mais reste autorisée par la loi.</p>
<p style="text-align: justify;">Freud, dans ses Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) va marquer une vraie rupture avec le discours médical de l’époque en parlant d’enfant pervers polymorphe, enfant comme ayant une aptitude à toutes les formes de perversions. La prédisposition aux perversions n’est pas un trait exceptionnel mais elle est un élément de ce que l’on tient pour constitution normale.</p>
<p style="text-align: justify;">La question se pose légitimement dès lors : la perversion est-elle normale ?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Freud, toujours dans les Trois essais, il n’y a pas de normalité et toute libido est perverse. Les fantasmes clairement conscients des pervers… et les fantasmes inconscients des hystériques (état mental  le plus structuré chez Freud) coïncident en leur contenu jusque dans les moindres détails.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, il semblerait que pour Freud, la névrose (l’hystérie hein) soit le négatif de la perversion, en ce sens que le pervers réalise consciemment ce que le névrosé refoule.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, la différence entre le névrosé et le pervers, c’est le refoulement ?</p>
<p style="text-align: justify;">Freud, en apportant un élément de réponse nous donne une indication précieuse. Pour lui, le pervers adulte se définit par une fixation à un certain comportement (qui pourrait être considéré comme un plaisir préliminaire habituellement) qu’il va répéter et surtout qui va être le seul à lui procurer de la jouissance.</p>
<p style="text-align: justify;">La perversion adulte tiendrait donc dans la répétition d’un acte unique et nécessaire pour accéder à la jouissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi donc, il y aurait des perversions normales et des perversions pathologiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais alors, où se situe mon twitto, fier de sa perversion ? Sait-il de quoi il parle ? La perversion est-elle entrée dans la terminologie quotidienne du chaud de la bite ?</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’est ce qui differencie le pervers normal du pervers pathologique? Et le pervers est-il vraiment celui qu’on croit? Sade était-il pervers? Masoch aussi?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Suite à venir&#8230;.</em></p>
</div>
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		<title>Je vous écoute, taisez-vous !</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jun 2011 07:23:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>laurence albert</dc:creator>
				<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[HO]]></category>
		<category><![CDATA[nouvelles]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
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		<description><![CDATA[Il ne sait pas comment dire. Doit-il parler de lui ? Des autres ? Il a été hospitalisé en urgence. Sur le point de s&#8217;étouffer. À son chevet vient s&#8217;assoir un psychologue. Il ne voit pas bien le rapport mais il ne le renvoie pas, il manque de force. Il ne sait pas comment dire,&#8230; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il ne sait pas comment dire. Doit-il parler de lui ? Des autres ?</p>
<p>Il a été hospitalisé en urgence. Sur le point de s&#8217;étouffer.</p>
<p>À son chevet vient s&#8217;assoir un psychologue. Il ne voit pas bien le rapport mais il ne le renvoie pas, il manque de force. Il ne sait pas comment dire,&#8230; son &laquo;&nbsp;ressenti&nbsp;&raquo;. Il s&#8217;est mis à étouffer. Il a de l&#8217;asthme, en fait, c&#8217;est aussi bête que ça.</p>
<p>Doit-il parler de lui ? Des autres ? De l&#8217;air qui manque ?</p>
<p><span id="more-2098"></span></p>
<p>Il regarde le médecin qui prend grand soin de ne pas avoir l&#8217;air de ce qu&#8217;il est : pas de stéthoscope, de fiche de liaison, de blouse ou de professorale barbichette. Très habile, très professionnel. Il le dit au médecin &laquo;&nbsp;Vous êtes très professionnel&nbsp;&raquo;, pour montrer qu&#8217;il n&#8217;est pas dupe, qu&#8217;il a compris alors qu&#8217;il est dans le cirage le plus complet.</p>
<p>Le médecin incline légèrement la tête et adresse un sourire entendu à la table de chevet.</p>
<p>Donc, hier soir. Avant l&#8217;asphyxie. Avant l&#8217;ambulance&#8230;</p>
<p>Une petite fête sans histoire. Il s&#8217;ennuyait.</p>
<p>Brouhaha. Magma.</p>
<p>Les gens formaient une mosaïque de petits groupes agrégés les uns aux autres par une épaisse mélasse verbale.</p>
<p>Personne ne semblait s&#8217;amuser. Personne ne dansait. Il s&#8217;ennuyait</p>
<p>Sous le vernis de l&#8217;ennui, affleurait et refluait une irritante pointe d&#8217;angoisse. Vers 22h30, l&#8217;appartement surpeuplé est devenu suffocant. Il a senti ses fonctions respiratoires s&#8217;emballer et sorti sa Ventoline. Il a tenté de progresser vers la fenêtre où il comptait s&#8217;accouder et calmer son souffle. Il a dû repousser Enzo qui tentait une connivence thématique en lui dévidant les désagréments inhérents à la chronicité de ses reflux gastriques. Ariane venait d&#8217;arriver et il lui a adressé de la main un salut pas du tout engageant. En la voyant se diriger vers l&#8217;autre bout de la pièce, il a éprouvé un soulagement si vif qu&#8217;il a rangé son inhalateur sans avoir eu à l&#8217;utiliser.</p>
<p>Brouhaha. Magma.</p>
<p>Il s&#8217;ennuyait. Il a offert ses services comme DJ pour donner à la soirée un ton un peu plus festif. Mais le propriétaire des lieux refusait que l&#8217;on monte le son à cause de voisins aux tympans délicats.</p>
<p>Puisqu&#8217;il n&#8217;y avait pas de fuite envisageable avant au moins une heure du matin, deux solutions s&#8217;offraient à lui : papillonner d&#8217;un groupe à l&#8217;autre sans chercher à établir de contact, ou rejoindre ses collègues, agglutinés autour de la cheminée, en espérant se fondre dans le groupe sans qu&#8217;on ne lui demande rien.</p>
<p>Solution numéro deux, moins fatigante, plus prudente, quoiqu&#8217;il y avait la délicate question Ariane.</p>
<p>Il s&#8217;est dirigé  laborieusement vers la cheminée, les mains chargées d&#8217;un verre de sangria et d&#8217;une part de quiche, se faisant harponner plusieurs fois par des convives que l&#8217;ébriété poussait irrésistiblement à s&#8217;épancher : son couple n&#8217;avait pas survécu à la naissance de leur enfant handicapé, se lamentait une inconnue très près de son visage. Il a pris un air pénétré et souri à l&#8217;assiette de taboulé de la jeune femme. Pourquoi fallait-il que les gens parlent d&#8217;eux, et avec tant d&#8217;indécence ? Ne pouvait-on s&#8217;en tenir aux incidents de politique intérieure et aux projets de vacances ?</p>
<p>Deux semaines plus tôt, Ariane lui avait révélé &#8211; par amitié avait-elle précisé pour qu&#8217;il mesure l&#8217;honneur de la révélation qui allait lui être faite &#8211; le coupable secret qui la rongeait depuis la mort de son père. Par quel mystère la confidence au lieu de rapprocher éloigne ? Depuis, il ne savait plus comment se comporter vis-à-vis d&#8217;Ariane. Comment est censé réagir celui dans l&#8217;oreille de qui tombe pareil aveu ? Personne ne l&#8217;en avait jamais instruit et il n&#8217;en avait pas l&#8217;instinct comme s&#8217;il appartenait à une espèce différente.</p>
<p>Tu écoutes bien, lui disait-on parfois. N&#8217;y avait-il pas là un malentendu justement. Écouter exige de l&#8217;attention et de l&#8217;empathie. Il se sentait plutôt indifférent. En vérité : il se taisait bien.</p>
<p>Une légère ivresse lui faisait trouver bien sympathique l&#8217;assemblée de ses collègues, tous plus ou moins éméchés. La conversation roulait sur les fluctuations du marché des nouvelles technologies. Il respirait normalement. Tout se passait bien. Il s&#8217;était placé à distance d&#8217;Ariane qui pour l&#8217;heure ne semblait pas souhaiter d&#8217;aparté avec lui. Il ne s&#8217;ennuyait presque plus.</p>
<p>Jusqu&#8217;au moment où cet abruti de Benjamin lui a demandé s&#8217;il tenait le coup.</p>
<p>Il y a eu un silence. Le sien. Le leur. D&#8217;une seule bouffée, ça lui est revenu. L&#8217;air s&#8217;est solidifié.</p>
<p>Il a fait une crise d&#8217;asthme, d&#8217;une violence et d&#8217;une soudaineté inédite. Voilà tout.</p>
<p>Le médecin assis à côté de lui écoute et se tait.</p>
<p>Il faudrait donc maintenant que ce soit lui qui fasse des confidences. Quelle ironie !</p>
<p>D&#8217;ailleurs, ce n&#8217;est peut-être pas ce qu&#8217;on attend de lui.</p>
<p>Le médecin adresse un petit sourire entendu à la table de chevet.</p>
<p>Doit-il vraiment parler dans le silence du médecin ? Parler de quoi ? De lui ? Des autres ? De l&#8217;air qui manque ?</p>
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		<title>De l&#8217;autre côté de la phrase&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 31 May 2011 15:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/transfer-the-answer-by-norik.jpg"><img class="size-medium wp-image-2002 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/transfer-the-answer-by-norik-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Il fait nuit nègre. La faune urbaine a coupé le son pour mieux se blottir meurtrie dans une solitude qui peuple ceux ayant plus d’histoires que de mystères. Et au milieu de ce champ de détails, les gouttes d’eau indisciplinées s’échappent dans l’indifférence générale pour mieux s’écraser en contrebas, afin de maculer l’évier sale ou combler le vide d’un bol à l’abandon. Même à l’abri derrière mon casque de cristal, la guerre feutrée orchestrée depuis la cuisine délaissée me mine le moral, la routine et l’écriture automatique. Je cherche à me concentrer, mais je ne trouve qu’à me distraire. À force de me dissiper, je pourrais disparaître sans que nul ne s’en doute.</p>
<p><span id="more-1248"></span></p>
<p>Pas d’éclair de génie préfabriqué, ni de révélation divine et encore moins d’inspiration sous influence. Je pars à la rencontre de mes entrailles en me débarrassant tant bien que mal de ma cervelle de substitution et de mon âme de location pour cerner ce que j’ai dans le ventre. Enfin, ce qu’il en reste.</p>
<p>Pour ainsi dire, c’est peut-être tout ce que je cherche lorsque j’extirpe de leur enclave toutes ces images logées dans mon passé afin d’aligner l’intégralité de l’alphabet dans un désordre parfait. J’offrirais bien au monde ma lobotomie en direct, si seulement cela servait à quelque chose ! Mais l’horreur est à la mode et mon égo ne croit pas en la postérité. Il n’y a que maintenant. Alors, je serre le robinet jusqu’à ce que ses angles droits s’impriment sur ma paume, puis je retourne dans le bureau, l’autre main dans mon boxer.</p>
<p>La porte une fois claquée, je fais le tour du propriétaire en faisant du surplace. Des murs vaguement capitonnés de Velleda et une fenêtre pour épier les ombres de mes contemporains vivant dans le futur proche. Il faut croire qu’avenir rime avec électronique vu le monticule de plastique qui meuble leur vie. Mais au bout d’un moment, les lumières se retirent, les ombres les quittent et le noir étend son empire. Rideau. Circulez il n’y a plus rien à voir, à épier, à emmagasiner pour tout recracher entre l’ascenseur et la machine à café. Devant tant d’obscurantisme technologique, je retourne à mon trône d’usine dans l’espoir d’asseoir ma suprématie sur le futur !</p>
<p>Des post-it scarifiés, usagés, des relevés de compte dépressifs, un cimetière de cure-dents mâchouillés, je laisse des indices au fur et à mesure de ma dépression collaborative. Je suis dans le brouillard. J’aimerais avoir des warnings pour faire une pause, mais je n’ai qu’un phare. Donc je le poursuis.</p>
<p>Le voilà, lui, l’écran qui tient en otage une civilisation entière de pixels, il m’illumine comme il le peut tandis que ma colonne vertébrale joue son récital en craquant de toutes parts, histoire de me rappeler qui tient qui ! On ne sait jamais, si je me sentais pousser des ailes, à défaut d’avoir des racines…<br />
Je suis prêt ! Mais à quoi au juste? Peut-être à tout, en fait sûrement pas. Avant de déplier mes pattes de plantigrade, il me faut grogner pour faire appel à la bête en sommeil, celle qui vit entre l’instinct et l’instant. Ici et maintenant.</p>
<p>Premièrement, j’ouvre, puis je tape et enfin j’enregistre. La liberté n’a jamais autant ressemblé au travail à la chaîne. Enfin, nous y voilà, un texte de plus, des virgules en moins, les lettres à la bonne place, les mots justes, les phrases de circonstance, une illustration adéquate, le même nombre de tags et l’inévitable vidéo pour le référencement, j’y suis. Mais où ? Non, je me suis perdu, car il n’y a plus rien à raturer. Si même mon crash-test suit dorénavant les règles de la nature, je ne vois que l’auto-destruction comme projet d’avenir valable. L’ennui est une honnête erreur, mais l’oisiveté est un aveu d’échec sans motif acceptable. Je fais le tour de ma petite planète qui me sort par les orbites et essaye tant bien que mal de me faire passer pour l’un de ses satellites.</p>
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		<title>Quand le réel devient traumatique.</title>
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		<pubDate>Sun, 29 May 2011 19:12:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On a beau se nourrir de concepts théoriques solides, parfois, la vie professionnelle nous guide vers un terrain vierge de tout savoir. Dans une autre vie,  j’ai travaillé dans un service de réanimation cardiaque et au milieu de ces corps malades et endormis, une seule question : comment est-on psychologue en réa ? Rien dans mes cours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">On a beau se nourrir de concepts théoriques solides, parfois, la vie professionnelle nous guide vers un terrain vierge de tout savoir. Dans une autre vie,  j’ai travaillé dans un service de réanimation cardiaque et au milieu de ces corps malades et endormis, une seule question : comment est-on psychologue en réa ? Rien dans mes cours de fac, rien dans mes livres, je me suis lancée à la recherche  d’une nouvelle épistémologie de la pratique.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify"><span id="more-2113"></span></p>
<p style="text-align: justify">« <em>Certains praticiens choisissent les basses terres. Ils s’engagent délibérément dans les problèmes complexes mais cruciaux et, si on leur demande de décrire leurs méthodes d’investigation, ils parlent d’expérimentation, d’essais et d’erreurs, d’intuition et de débrouillardise. D’autres praticiens optent pour les hautes terres. Avides de rigueur technique, dédiés à une image de compétence professionnelle solide ou craignant d’entrer dans un monde où ils ont peur de ne savoir que faire, ils se confinent volontairement à une pratique professionnelle étroitement technique.</em> ». Schön.</p>
<p style="text-align: justify">Doute, intuition, essais et débrouillardise, l’essence de ma pratique à venir que j’ai essayé de construire dans la rencontre avec mes patients.</p>
<p style="text-align: justify">Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de Madame.</p>
<p style="text-align: justify">Elle arrive à l’Unité de Réanimation de Chirurgie Cardiaque après avoir subi une opération du cœur, un changement de valve plus exactement. Je l’entends hurler dans le service, insulter les infirmières, menacer de s’arracher les tuyaux et je décide d’aller la voir. Je me présente à elle, lui demandant la permission de m’installer à ses cotés. Tout de suite, elle s’affole et m’interroge : « <em>c’est eux qui vous envoient ? </em>». S’en suit une diatribe contre l’équipe soignante qui la surveille, lui fait de mal, l’empêche de partir et veut la faire passer pour folle.</p>
<p style="text-align: justify">A ce moment, je prends conscience de la réalité qui est la sienne durant son hospitalisation. Elle est nue sous ses draps qui glissent au bord du lit, découvrant sa poitrine. Les fils qui la relient aux multiples appareils nécessaires à sa survie courent sur son corps, tels des liens qui la maintiennent attachée. Elle n’a aucun repère personnel, ni bijou, ni vêtement, ni même une photo ou encore un livre de chevet. Autour d’elle, les machines ont pris le pouvoir, lâchant à intervalles réguliers des râles bruyants, habituels en réa. Face à elle, un paravent la sépare d’un patient dont elle ignore tout. Les infirmières entrent et sortent aux rythmes retentissants des alarmes, sans un regard pour nous. Sa poitrine se soulève avec saccade, témoin de son insuffisance respiratoire mais aussi peut-être de son angoisse. Tout autour d’elle est hostile, bruyant et menaçant. Comment pourrait-elle se sentir en sécurité ? Elle crie, tente de s’arracher les perfusions, veut fuir avant « <em>qu’on la tue</em> », car c’est bien de cela dont il s’agit.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Une rencontre qui dure 30 min. Une demie-heure durant laquelle elle me suppliera de l’aider à s’enfuir car, elle en est persuadée, elle ne « passera pas la nuit ». Spoljar évoque ce type d’expérience hallucinatoire, fréquente en réanimation. « <em>Indépendamment des considérations structurales, cette clinique invoque le cadre général des «psychoses de défense» qui souligne la mise en œuvre de processus archaïques tels que le clivage et la projection, le déni et l’hallucination, qui participent à divers titres à la formation d’épisodes hallucinatoires, apparaissant à des moments très différents de l’éveil, parfois même sans coma caractérisé au préalable.</em> ». Il est possible que ce qui est dit à propos des hallucinations soit « transposable » d’une certaine façon au délire. Ce qui est frappant dans le discours de Madame, c’est que ces éléments délirants qui émergent sont systématiquement basés sur des éléments de réalité. Lorsqu’elle me dit être attachée, je vois des fils qui la maintiennent dans son lit, et qui ressemblent à des liens. Lorsqu’elle me dit être observée, je vois des infirmières qui entrent et sortent en permanence de sa chambre. Lorsqu’elle me dit qu’elle a été enlevée, je comprends qu’elle n’a pas vu sa famille depuis deux jours, les visites étant très réglementées.</p>
<p style="text-align: justify">Assise à côté de Madame, je m’interroge. Est-elle folle ?</p>
<p style="text-align: justify">Aulagnier fait un parallèle entre le champ de la psychose et l’éveil de coma « <em>Il ne s’agit plus d’une mise-en-sens du monde et des sentiments qu’on prétend conformes aux rencontres où ils surgissent, mais de la tentative désespérée de rendre sensés et dicibles des éprouvés qui trouvent leur source dans une représentation dans laquelle le monde n’est plus que le reflet d’un corps s’autoavalant, s’automutilant, s’autorejetant</em> ».</p>
<p style="text-align: justify">Et l’opération cardiaque, en soi, est un traumatisme. L’espace d’un instant,  la vie s’arrête. Les chirurgiens ont accès à l’essence de la vie : le cœur. Ils ont, à cet instant, pouvoir de vie ou de mort dans la fantasmatique des patients.  S’ajoute à cette expérience le passage en réa. Le patient se retrouve dépourvu de tous repères, comme lors d’un « lavage de cerveau ».</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Cette rencontre avec Madame bouleverse mes questionnements. Comment peut-on apaiser ce type de patient ? Comment comprendre ce sursaut délirant ?</p>
<p style="text-align: justify">Aulagnier nous invite alors à reconnaître, dans le recouvrement de la conscience lors de l’éveil, la possibilité d’une « <em>remobilisation de ce processus intriqué primaire-secondaire, grâce auquel [le sujet] peut accoler une légende et un sens à un éprouvé qui a déjà eu lieu </em>». Lors du réveil, avec l’abolition de la conscience, certains mouvements psychiques favorisent l’émergence d’une production «pictographique» en devenir qui va resurgir pathologiquement. S’en suit alors, assez souvent, une profonde amnésie qui va permettre au patient d’occulter défensivement, à la façon d’un déni, les traces de l’expérience qu’il a traversée.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Travailler en réa, c’est d’abord éviter que le patient ne se mette en danger. Durant le temps que j’ai passé avec Madame, il m’a fallu intervenir physiquement pour l’empêcher de s’arracher les perfusions et autres tuyaux par exemple. Pour autant, ma présence à ses côtés est-elle seulement interventionniste ? Il me semble important de comprendre le fonctionnement qui sous-tend l’épisode délirant. Spoljar évoque la possibilité d’une « reprise de cette résurgence pictographique dans une thématique délirante ». Pour lui, il ne s’agit pas de comprendre le pictogramme en tant que présenté comme motif direct des contenus délirants, et en devenant d’une certaine manière figurable par le Je. Il s’agit plutôt d’une tentative qu’il qualifie d’extrême et aux limites du possible pour rendre sensés des éprouvés qui trouvent leur source dans le réel.</p>
<p style="text-align: justify">Clairement, cette étape peut être vécue comme une mort psychique.</p>
<p style="text-align: justify">Dans un second temps, la re-mobilisation des processus primaires permettra au patient de rejouer ce moment de néantisation « <em>dans un fantasme de viol sadique, de scène primitive, d’intrusion violente, dans le corps propre</em> » (Aulagnier). Enfin, un travail de métabolisation du processus secondaire viendra « <em>le mettre en sens pour y lire et apporter à l’autre la preuve des mutilations qu’on impose à votre propre corps ou des entraves par lesquelles on ligote votre propre psyché</em> » (Aulagnier).</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Nous voyons bien que le chemin est long et qu’il ne saurait se restreindre à une unique rencontre. Malgré tout, ne peut-on pas intervenir dans le temps qui nous est imparti ?</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">Revenons-en à Madame. Lorsque je la rencontre, nous sommes encore bien loin de ce travail de métabolisation. Pourtant, je ne peux la laisser aux prises de ses angoisses. C’est alors que la clinique (être au lit de) prend tout son sens. Nul besoin de se perdre dans des considérations théoriques complexes. Madame se sent attachée, déracinée, malmenée, voire même violée. Ma place a ses côtés est juste d’accepter sa souffrance morale, son sentiment d’impuissance et lui permettre de s’apaiser. Evidemment, il n’est pas question ici d’entrer complètement dans son délire, mais de valider son vécu, comme le témoin d’une violence qui pouvait enfin se parler. Nous avons pu ensemble tenter de modifier le réel pour apaiser ses angoisses, en remontant les draps sur son corps, en lui permettant de téléphoner à son époux, en demandant aux infirmières de se présenter avant d’entrer dans son box ou encore en disposant sur sa table de chevet des photos de ses proches.</p>
<p style="text-align: justify">
<p style="text-align: justify">En retrouvant son intimité et son environnement familier, Madame a pu commencer à s’approprier le réel de la réa, et inscrire ce dernier dans son histoire comme une étape de vie et non plus comme un lieu traumatique.</p>
<p style="text-align: justify">Etre psychologue, c’est parfois juste remonter un drap.</p>
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		<title>En attendant…</title>
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		<pubDate>Tue, 24 May 2011 15:00:36 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/book-of-art-by-isaac-salazar.jpg"><img class="size-medium wp-image-2000 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/book-of-art-by-isaac-salazar-281x300.jpg" alt="" width="281" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->…Que je reprenne les armes de l’encre bleue dans les veines et de la poussière familière plein les mains, je regarde les pixels d’un côté et la fenêtre de l’autre. Certains préfèrent se lier jusqu’à l’asphyxie, les autres optent pour la défenestration, moi je choisis le pourrissement en trônant dans mon siège solitaire. Dans chaque cas, la mémoire se dépeuple en apprivoisant le temps à mesure que celui-ci prodigue ses bons offices. Et entre ses deux vies, durant un bref instant, je sers de passerelle à deux mondes qui se croisent trop souvent pour être heureux, ensemble.</p>
<p>Il est midi ou peut-être minuit, j’ai les paupières trop lourdes pour me faire un avis sur le sujet et mon ventre fait la grève de la faim en maugréant à qui veut l’entendre que mon frigo ne le respecte pas assez. Alors, je décide de prendre l’air en marche arrière, je remonte ma timeline à l’aide des frusques d’un autre âge pour mieux claquer la porte sur ce présent parlant au futur. L’ascenseur – pour propriétaires dans le formol – est aux abonnés absents, il ne me reste qu’à surfer sans perdre pied d’un pas léger sur ces escaliers accidentés. Mais une fois la ligne d’arrivée franchie, aucun triomphe, juste une autre porte, le monde et le reste de l’humanité.</p>
<p>Tandis que la nuit somnole encore et que le petit matin apprend qu’il est victime d’une gueule de bois dont il n’est pas coupable, je joue à l’homme invisible au milieu de personne. Pour sûr, Paris s’éveille et sent ses excès, puis ses excuses. À peine mon exode sur le bitume est-elle commencée qu’une légion entière de mots pourchasse ma caboche de fortune qui ne demande que le vide. Soit, mais à trop presser le pas, poursuivi par moi-même, je finis par prendre de la vitesse pour cracher mes poumons à la face de mes contemporains. Puis, pendant que le ciel dérape et joue à la bipolaire de service en pleurant par intermittence, ma vision se dilate et le décor se déforme. Les jeux sont faits, la faim me guette ou la folie me gagne, à vous de me dire!</p>
<p>J’ai atterri ici parce que c’était écrit par le GPS suprême. Rien de tout cela. Je voulais juste échapper pour quelques heures futiles à ce roman – fait de chair et de sang – qui parle un peu trop de moi. Il faut croire qu’il a plus d’emprise que cette poisse républicaine qui me colle à la peau ou à ce genre humain qui me réclame toujours et encore plus d’amour sans rien en échange. De pages vidéo en pages blanches, enfin maculées de ma mémoire, parfois sélective, souvent partielle, toujours cannibale et moi, et moi, et moi, je prends la pose. Personne ne m’a ordonné de m’infliger de tels sévices à longueur de nuits blanches, mais j’ai toutefois l’intime conviction que ma tête est trop pleine pour continuer son travail à la chaîne. Mais pleine de quoi?</p>
<p>Je me suis perdu dans mes pensées, à la dérive entre les plaques commémoratives des illustres qui sont nés et morts à un moment donné. Et pour changer, j’ai échoué sur un banc scarifié avant de prendre un arbre en frontal ou de l’encre de pigeon par les airs. Le derrière en évidence, je trouve mon équilibre tout en ne respirant plus. Secrètement, je dois espérer que tout s’arrête et que quelqu’un viendra me sauver. Réflexion faite, je suis trop pragmatique pour songer à la postérité du romantisme, surtout lorsque mon public se compose de mon chat et de son armée de poils sécessionnistes. Soit, mais avant de penser au modèle économique de mon merchandising et à l’oisiveté de mes ayants droit, je vais aller faire un acte insensé. Écrire sans rien attendre en retour.</p>
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		<title>La machine à démonter le temps (Souvenir)</title>
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		<pubDate>Tue, 17 May 2011 15:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/dirty-by-andrew-archer.png"><img class="size-medium wp-image-1998 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/dirty-by-andrew-archer-300x204.png" alt="" width="300" height="204" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242; min-height: 15.0px} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->-&gt; À force de ne rien faire, le temps me rattrape à moins qu&#8217;il ne tourne en boucle. J’ai une trotteuse à la place du cœur et un centre d’inertie qui me colle au cul. Le monde voudrait que chacun bouge —dans le bon sens si possible— pour devenir quelqu’un, un de plus. Alors je proteste en faisant assidûment du surplace, histoire de ne rester personne, un de ces quelqu’un que l’on n’a pas à oublier.</p>
<p>Aïe, il est déjà midi et la matinée m’est passée dessus sans vergogne en emportant sur son chemin mes rêves de quart d’heure de gloire en 140 signes. La télévision est trop loin et je donne plus de crédit à la Française des Jeux qu’au Pôle Emploi pour tenter ma chance. Entre mon bureau et le salon, il y a le vide, le genre de néant que seule la livraison du dernier machin commandé sur Amazon pourrait surmonter. Hélas le facteur, c’est comme Dieu, beaucoup en parlent mais peu l’ont vu.</p>
<p>L’interphone tente une énième tentative de suicide, mais nul ne l’entend. Ni mon chat, ni moi. Nous deux sommes déjà à la fenêtre, la queue entre les jambes à regarder le monde mourir de vieillesse à toute vitesse pour des choses plus ou moins importantes, mais forcément urgentes. L’espace urbain est au bord de la crise de sauvagerie pour une banale histoire de signalisation à respecter, de priorité dans la vie, de piétons piétinés et de dose de caféine coupée à l’eau tiède.</p>
<p>Comme quoi, le bruit c’est la vie. Non, le bruit, c’est l’ennui ! Je prierais presque pour un acouphène, mais mon amour pour la musique m’en empêche et puis la bande originale du dehors reprend le dessus sur mon esprit. Au final je pourrais me jeter par la fenêtre pour repeindre comme il se doit la grise mine de la rue, mais je crois encore trop au double vitrage pour cela.</p>
<p>J’aurais voulu déjeuner en paix et me perdre définitivement dans une sieste, mais le Pôle Emploi me ramène à la raison, à sa passion plutôt. Me faire chier, par tous les moyens possibles quitte à faire de l’absurde un projet de société sur mesure pour une impossible mission ! Trouver un emploi, ni plus, ni moins. Le genre de passe-temps avec une fiche de paie mensuelle, des congés à utiliser coûte que coûte et une retraite bien méritée à deux pas du corbillard. En un mot, la réussite.</p>
<p>Que dis-je, le rêve ! Qui ne serait pas prêt à mourir de fatigue pour un pareil suicide assisté ? Personne ! À la chaîne, à la queue, à la ronde, à l’unanimité l’humanité s’empale corps et âme dans la plus vieille escroquerie du monde, celle-ci n’ayant pas la dignité du plus vieux métier du monde d’ailleurs. Certains ont l’instruction nécessaire, d’autres l’expérience indispensable, mais tous —tôt ou tard — s’agenouilleront pour leur salut ou un treizième mois.</p>
<p>Le temps se joue de mes débuts d’ambition devant une page blanche qui pourrait faire le travail à ma place, pour une fois. Chronos, ma banquière, la mafia des poussettes… Personne ne m’empêchera de goûter comme il se doit ! De bouchées sucrées et onctueuses en gorgées acides et pulpeuses, je construis un pays entier aux commissures de mes lèvres, sans y prêter attention. Il ne me reste alors qu’à me ravaler la façade comme un bon cannibale d’appartement en attendant le dîner pour fermer la porte une fois pour toute sur cette journée morte en vain, pour rien. À force de ne rien faire, le temps me rattrape à moins qu&#8217;il ne tourne en boucle. -&gt;</p>
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		<title>Digital Love Story</title>
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		<pubDate>Tue, 10 May 2011 15:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/im-here.jpg"><img class="size-medium wp-image-1996 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/im-here-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242; min-height: 15.0px} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Puisque le cœur m’en disait, j’aurais voulu en perdre ma tête, mais j’y ai laissé le reste…</p>
<p>Tout est une histoire d’attente d’une vie, de passantes inconnues et de terminus plus ou moins définitifs. Voilà, nous sommes arrivés à destination, tout le monde descend, enfin moi, pour sûr. Parfois au hasard des caprices de la circulation, c’est en rentrant chez soi que l’on perd son chemin en croyant fermement que rencontrer un platane vaut mieux qu’accepter la fatalité. À vrai dire, je ne sais plus comment tout est arrivé, le moment où le temps a cessé d’être un compagnon fidèle pour devenir un témoin à charge entre anomalies et destinées. Techniquement, j’aurais dû être à l’abri de tout cela, question d’éducation, de programmation, mais la timidité la plus flagrante a des montées de bonheur incontrôlées. Alors j’ai quitté la route pour ne plus la retrouver. Ma vie suivait scrupuleusement les desseins du papier millimétré imprimé dans ma tête et mon regard avait plus tendance à s’excuser en fixant le sol qu’à soupirer en défiant le ciel. Mon hymne à la joie au son de la pointeuse, mon régime élémentaire plus rigide que psycho, aucune entorse à la règle, pas de fantaisies sentimentales, rien d’extraordinairement particulier, tout de la routine parfaite. Puis tu m’as rattrapé au vol sur la route du déjà-vu.</p>
<p>Plus les jours passaient à loisir sur notre insouciance de porcelaine, plus je prétendais parler au pluriel. Depuis elle, je ne suis plus tout à fait moi et c’est bien ça le problème et la solution. Pour moi l’Amour est une forme de don de soi jusqu’à la dernière pièce, tandis que pour elle, il est un suicide à rebours, à deux si possible et plus si infidélités. Nous le savions dès le départ, mais sur une erreur de jugement en secourant l’image que l’on a du désir, on peut croire que l’on a l’âme d’un sauveur et cela suffit à tous les sacrifices, même les plus idiots. Pour tout dire, j’avais tout du réparateur et peu de points communs avec l’âme sœur, mais en partant de rien, on peut se satisfaire de pas grand chose. Et une habitude en provoquant une autre, à chacune de ses disparitions punitives je savais d’orès et déjà dans mon fort intérieur qu’une nouvelle part de moi allait devenir sienne et c’est bien ce que ce que je recherchais après tout.</p>
<p>De rendez-vous manqués en attente téléphonique, j’ai appris à chérir ses absences comme des sursis nous séparant du drame suivant. Pourquoi invoquer les maladresses des accidents aléatoires lorsqu’on a le talent du sabotage sur sa propre personne ? Certains aiment jouer à la mort pour être sûr de lui survivre au moment opportun. Le seul inconvénient avec les récidivistes et leurs tentatives, ce sont les dégâts collatéraux à même le domicile et leurs prisonniers de guerre atteints du syndrome de Stockholm. Je crois que j’aime le feu autant qu’elle, ils sont indissociables et donnent un goût de paradis à l’autodestruction. Mais dans le jeu de la surenchère passionnelle, il vient un moment où l’on n’a plus rien à donner, et donc fort logiquement, bientôt à coup sûr, un jour sûrement, demain peut-être, je ne lui servirai plus à rien. L’Amour est une parenthèse raisonnable pour l’instinct de survie.</p>
<p>Puisque le cœur m’en disait, j’aurais voulu en perdre mon âme, mais j’y ai laissé le reste…</p>
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		<title>La berceuse de l’insomniaque</title>
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		<pubDate>Tue, 03 May 2011 15:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/random-got-beautiful-by-daniel-j-diggle.jpg"><img class="size-medium wp-image-1994 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/05/random-got-beautiful-by-daniel-j-diggle-300x165.jpg" alt="" width="300" height="165" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242; min-height: 15.0px} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Je ne rêve pas ou peu. Voilà peut-être un indice sur l’intérêt relatif que je porte au sommeil. Alors, j’attends que le temps passe plus vite en expirant, désabusé, coincé entre ce plafond taille basse et le matelas d’occasion qui sent les coups de reins, voire les miasmes.</p>
<p>J’aimerais mourir de fatigue plutôt que d’ennui, mais ma génitrice m’a expulsé en Occident suite au commerce d’une Histoire pas très naturelle. Depuis, je suis emprisonné sous une couette, à partager de préférence, où je ne souhaite qu’une seule chose au creux de mon vide : que la nuit tente de se suicider une fois de plus pour laisser une chance au jour d’enfin respecter sa parole.</p>
<p>Celui-ci se fera un plaisir, comme à son habitude, de m’indiquer qu’il n’a pas plus de temps pour les promesses que pour le futur. Croire en l’avenir ? C’est ce qu’il y a de pire pour un mouton libre doté d&#8217;une carte bancaire et d&#8217;une complémentaire santé. Telle est mon angoisse lorsque le ciel s’éteint —faute d’ambition— car en lieu et place du monstre sous mon lit, ma tête imagine un passé trop présent pour être honnête. Je ne demande aucune repentance, alors que l’on ne me réclame aucun devoir de mémoire ! Je veux juste la paix, en petites coupures ou en morceaux, s’il vous plaît. Néanmoins je consens à me soigner aux frais du contribuable, mais j’hésite encore entre le psychanalyste et ses drogues douces ou la diseuse de bonne aventure livrée avec sa roulette russe.</p>
<p>Depuis que la nuit ne me sert plus d’excuse pour la comédie artistique, je n’ai plus de motifs valables pour tituber —les yeux vitreux et le sourire en coin— de bars miteux en écrans mitoyens. Des terrasses entre potes aux bars à putes, il n’y a guère que la déception pour les différencier. Laisser un peu de moi, bile après bile, sur le sol pour le reste de l’humanité. Cet amour me manque.</p>
<p>La sobriété m’a pris ma joie de vivre et les raisons d’en rire, depuis je cotise et somatise en alternance devant le choc des civilisations en VOD. Il ne me reste qu’à souffler, puis à baisser les épaules et enfin à m’effondrer, en public si possible. Lourdement, lentement, bruyamment, mais jamais en même temps.</p>
<p>Merde, j’aurais voulu crever la nuit à la verticale, au cœur du danger, dans un coin de ruelle entre deux poubelles pleines de bouteilles vides, mais je sens que l’ulcère me guette au chaud dans des draps que je choisis rarement et dans mon pyjama du roi des éléphants. Partir sur une maladie de salle d’attente, en voilà une fin sordide. Alors, je ne sais pas si je dois avoir peur de Dieu ou du notaire.</p>
<p>Je crois, à bien y repenser, que le romanesque prend tout son sens au fond d’une bouteille nommée désir finissant plus souvent fracassée contre le bitume que flottant à la mer. Et puis je me sens comme épié par cet astre insipide que je n’irai jamais décrocher de son décor pour chercher l’inconnue. Pour moi, le mystère ne réside pas au fin fond des étoiles, mais dans les murmures s’échappant de la cloison me protégeant de mon voisin. Celui qui éduque mal sa descendance, celui qui entreprend difficilement sa pondeuse, celui qui a les goûts musicaux de ses programmes télé. Mon voisin, il se prépare à la guerre comme il peut, en s’entraînant sur sa famille, comme tout le monde.</p>
<p>Putain, la poésie est partie comme la petite musique qui m’animait encore enfant. Quand il n’y a plus rien en quoi croire, on est libre, mais bien seul. Mon ami Pierrot a bien voulu jouer à la bonne conscience, mais il n’a trouvé aucun écho.</p>
<p>Jadis, la nuit possédait un charme me prêtant des ailes pour faire le mur, de l’adrénaline pour faire le dur, de l’espoir pour faire l’amour. Mais depuis que je n’ai plus peur d’elle, elle est devenue comme toutes les autres, un souvenir…</p>
<p>Un truc, un machin, un objet, quelque chose à acheter ou à vendre en assurance vie ou en intraveineuse. Je lui ferais bien un procès pour publicité mensongère pour enfin faire machine arrière lorsque j’accélère pour la dernière fois. Et pendant que les minutes s’égrènent péniblement entre les orgasmes polis des rescapés des afters et le spleen mécanique des éboueurs, je regarde le plafond fixement en espérant un quelconque signe pour me lever en sursaut ! Mais il n’en est rien et j’obéis bêtement au réveil, comme tous les matins, en me levant sur une défaite.</p>
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		<title>J’ai un spectacle à la place du cœur</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Apr 2011 15:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/synecdoche-new-york.jpg"><img class="size-medium wp-image-1992 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/synecdoche-new-york-203x300.jpg" alt="" width="203" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->J’ai eu la vie que je pouvais. J’ai un spectacle à la place du cœur, alors jouez jusqu’à disparaître de ma mélancolie. Je ne suis qu’un homme complexe avec un plan simple, une ligne de vie définie que je refuse du bout des doigts, sans te retenir vraiment, lorsque tu claques la porte pour ton propre échappatoire, ailleurs, sans plus personne à blâmer, à connaître, à décevoir. J’attends d’avoir l’avis des autres pour me dire que seul le mien compte, perdu que je suis entre la postérité périssable et une psychanalyse non remboursée, la vacuité du moment présent et l’impossibilité de l’infini. Je cours, je coule à ma perte, lentement, doucement, en emmenant tous ceux que j’aime dans ma chute, mais assez loin de moi pour qu’ils me manquent.</p>
<p>Je ne vis qu’au travers de femmes, à croire que j&#8217;aurais voulu en être une. L’une me voit comme une maladie imaginaire qu’elle a partagée un jour, l’autre comme une pièce manquante qu’elle rangerait dans son livre des petites choses, les dernières comme le père qu’elles n’auront jamais, excepté dans le flou parfait de leur enfance. Moi, je préfère me souvenir d’elles toutes, telles des fantômes, plutôt que de les quitter.</p>
<p>Le sursis permanent est un meilleur moteur que le bonheur fugace. Toutes les absences, les abandons, les falsifications d’identité dans mes albums de famille décomposés suffisent à donner un sens à ma folie ordinaire, celle du temps qui s’épuise de nous, toujours et encore, quand l’automne est déjà là.</p>
<p>J’ai besoin de me sentir seul pour pleurer devant toi, me sentir aimé dans tes bras trop grands que je ne comprends pas, me faire pardonner ces erreurs qui sont miennes mais que je t’attribue, oublier que ma prison n’a jamais eu de barreaux pour nous séparer. Seul, je me recueille à chaque enterrement, au milieu de ce vacarme moderne et dépassé respirant trop vite pour l’histoire qui nous ponctue puis se conclut.</p>
<p>À n’être plus personne, j’en deviens un meilleur personnage que j’articule méticuleusement au gré de mes déceptions récurrentes et des tiennes aussi. Lui, il est un moi en mieux, puis je mets en scène des accidents plus commodes qu’hasardeux pour ne plus avoir à regarder en face ou en arrière.</p>
<p>J’ai occulté vaillamment tant que je doutais, tant que je pouvais le fait qu’il y avait un dehors et un peut-être, trop muré que j’étais dans ma bulle, trop usé par des adieux que l’on me refuse. La médecine et Dieu n’ont pas leur place dans mon théâtre à l’échelle d’une vie.</p>
<p>Les noms des amours, les saisons anonymes et l’Histoire des manuels changent, mais pas moi, non. Ce qui est n’a plus d’importance au regard de ce que je pense sans le croire, de ce que je souffre sans ressentir, de ce que je cherche sans rien trouver. Les jours de joie m’échappent inexorablement, les uns après les autres dans l’ordre du calendrier. Je les ai gâchés d’un mot, un seul, en priant mon nombril de les faire revenir au crépuscule de mon art, mais à leur retour, ils se meurent pour mieux me maintenir en vie, en stase.</p>
<p>Mon existence est un décor identique à mes souvenirs les plus valables où je peux répéter jusqu’à épuisement l’avant, l’hier, celui qui n’a plus de futur, celui là même que l’on a maintenant mais qu’on ignore pour le moment, obnubilé par son prédécesseur.</p>
<p>Je me sens vide de vous et déserté par mes démons. Les mémoires immortelles ont délaissé mon désir de survivre pour la prochaine inconnue et mon orgueil de petit homme parlant de solitude comme du temps qu’il fait, depuis j’entends une voix douce, calme, affectueuse qui pense à ma place, qui m’intime quoi dire, qui étrenner et quand mourir, enfin.</p>
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		<title>Une civilisation perdue peuple ma solitude lorsque les lumières s’éteignent</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 15:00:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les jours passent et les masques professionnels succèdent aux carapaces enfantines. Le temps me roule dessus en nourrissant les cimetières de mes souvenirs et sans m’en rendre compte, par habitude, je m’entoure d’une cour des miracles où chaque satellite pense être le soleil. Tandis que, d’un côté, le communautarisme se rentabilise d’un simple clic et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/winnie-the-pooh.jpg"><img class="size-medium wp-image-1989 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/winnie-the-pooh-202x300.jpg" alt="" width="202" height="300" /></a></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Les jours passent et les masques professionnels succèdent aux carapaces enfantines. Le temps me roule dessus en nourrissant les cimetières de mes souvenirs et sans m’en rendre compte, par habitude, je m’entoure d’une cour des miracles où chaque satellite pense être le soleil. Tandis que, d’un côté, le communautarisme se rentabilise d’un simple clic et que, de l’autre, il participe à la troisième guerre mondiale, mon univers se réduit à des miroirs informants.</p>
<p>Mais entre le culte des frontières et la dictature de la machine à café, je finis malgré moi par cohabiter avec mon prochain. Alors quitte à ce que l’on me prenne pour l’un de ces cons domestiqués, autant inventer une histoire à la mesure de l’escroquerie.</p>
<p><span id="more-1224"></span></p>
<p>Puis de congés – vaguement – payés en treizième mois salutaire, les liens se tissent parce que je fabrique des séries limitées de moments présents afin de les collectionner jusqu’à l’heure du jugement perdu dans mon rétroviseur.</p>
<p>Je crois que je me suis pris le cahier des charges en pleine face avec la conviction que je n’aurai plus jamais de nouveaux amis d’enfance et qu’il faudrait que je m’en fasse une raison, quitte à mettre ma passion en sourdine. Soit, dans ce cas je me satisferai d’amitiés à l’amiable passant par la tête, mais jamais par les tripes.</p>
<p>Enfin, plutôt le souvenir de l’un de ces moments suspendus à une absence où l’on se rappelle en binôme d’un temps qui ne connaissait pas le futur, ni la peur et encore moins ses limites. Juste toi et moi dans le silence comme si nous étions nés pour faire la révolution, à la place du mort, durant 365 jours depuis ce même placenta de béton périphérique. Mais la nostalgie ne préserve personne de l’addition d’imperfections qui fait de nous des étrangers avec des menottes. Or, à ce point de la narration à durée indéterminée, je dois encore une fois faire semblant, encore une fois, tout comme toi, pour sauver ce qu’il reste de notre musée, mais sans savoir pourquoi.</p>
<p>Parfois des images dans ma boîte crânienne, ces quelques photos cornées, jaunies ou nos dernières chansons marquetées suffisent à mon bonheur capitonné. Parce que j’ai le cul entre deux chaises et le cœur entre deux temps. Un battement dans ces flash-backs qui me cimentent dans ta mémoire sélective et l’autre sur ces reins si bien logés dans mes mains qu’ils porteront mon nom. Dès lors il ne me reste qu’à jongler en étant le moins absent possible lorsque mon regard est vide, ma bouche à peine ouverte et mes sourcils au repos.</p>
<p>Et j’y suis, je suis un projet en déconstruction constante car c’est mon seul moyen de continuer à refaire mon autoportrait. Mais parfois, j’ai l’impression d’abandonner des sentiments que je ne mérite pas, de déserter le démon que j’ai au bout des doigts et qui n’attend qu’un clavier, du papier et une scène pour envahir le monde. Puis, je me reprends en scrutant le panorama depuis mon périscope car aussi pur que soit le spleen, s’il devient une habitude, je ne serai qu’un réflexe de plus dans les rouages de la machine que j’alimente.</p>
<p>Bref, à force de se remettre en question, vient l’heure de l’addition et des réponses toutes faites. Alors quitte à subir une punition autant le faire dans l’intimité, c’est pour cela que je guette la chute du soleil et le règne du sommeil pour me décharner jusqu’à redevenir cet écorché vif qui balançait la Bible, sa bile et sa carte d’identité à la face de l’ordre rétabli. Tandis qu’à la lumière diffuse de mon laptop, je combats comme je peux les ténèbres —assassinant les minutes— autour de moi en trouvant le salut dans le silence.</p>
<p>Et peu à peu la lueur de la machine devient un souvenir comme un autre. Je me retrouve à cet endroit où personne ne peut me rendre visite, cet idéal entre la quiétude et la mort où je reprends vie et forme humaine. Ici et maintenant, durant quelques instants en compagnie de l’amour que je ne peux plus donner aux meilleurs qui respectent le proverbe à la lettre pour mieux partir les premiers.</p>
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		<title>l&#8217;aigreur en héritage</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 08:34:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cylk34</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Assis à la terrasse d&#8217;un café, il contemplait une foule d&#8217;ombres pressées dans le calque d&#8217;une pluie battante. Un halo blanchâtre accompagnait les voitures sous les rebonds de gouttes sévères. Il trouvait l&#8217;instant parfait. &#171;&#160;La vie finalement, c&#8217;est assez simple !, se disait-il, C&#8217;est là, maintenant, dans ces minutes bousculées, dans ce quotidien soudainement agité&#160;&#187;. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/91758321.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2027" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/91758321-300x276.jpg" alt="" width="300" height="276" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Assis à la terrasse d&#8217;un café, il contemplait une foule d&#8217;ombres pressées dans le calque d&#8217;une pluie battante. Un halo blanchâtre accompagnait les voitures sous les rebonds de gouttes sévères. Il trouvait l&#8217;instant parfait. &laquo;&nbsp;La vie finalement, c&#8217;est assez simple !, se disait-il, C&#8217;est là, maintenant, dans ces minutes bousculées, dans ce quotidien soudainement agité&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se mit à penser à son père. Il pensait à lui, parce que c&#8217;était le genre d&#8217;homme à ne pas voir la beauté de ces instants. Un homme aux idées simples, à la vie longiligne, caressé par le duveteux confort de la monotonie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-2025"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le genre de père qui n&#8217;a de père que le statut. Non pas qu&#8217;il l&#8217;ait battu, mais juste, ignoré.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Mon père est un homme taiseux, traumatisé, à la recherche de la reconnaissance, mais pas dans les yeux de sa famille, plutôt dans le jugement des autres. Tout le monde le trouvait formidable d&#8217;ailleurs. Rien à redire. Un homme de confiance, toujours prêt à rendre service. Un homme gentil, attentionné. Mais, dans le sein familial, il imposait une politique du silence, il fallait l&#8217;idolâtrer, feindre un amour de soumission, lui faire croire qu&#8217;il était le maître incontesté de la maison.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Il se rappelait avec aigreur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ses soeurs et lui étaient les insurgés silencieux de cette emprise paternelle. Devant lui, enfants, ils se taisaient, il ne leur parlait pas d&#8217;ailleurs. Mais, une fois qu&#8217;il était parti, les trois mutins tentaient d&#8217;enrôler leur mère trop soumise et apeurée qui les calmait en leur répétant mystérieusement &laquo;&nbsp;soyez patients !&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Sa mère, prisonnière, l&#8217;échine courbée, se contentait d&#8217;eux, se contentait de ses gauloises brunes, et du soleil sur le balcon qui parfois séchait ses larmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sacrifice à l&#8217;état brut. Pour eux, c&#8217;était la femme derrière ses casseroles. La femme qui se penchait le soir sur leurs lits pour leur dire bonne nuit. L&#8217;oreille tolérante de leurs malheurs d&#8217;enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">La rupture avec lui fut d&#8217;une simplicité déconcertante. Après trente ans de bons et loyaux services, leur mère décida de divorcer. L&#8217;improbable se produisit. Ce qu&#8217;ils attendaient depuis tant d&#8217;années arrivait là, maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Mes soeurs avaient déjà quitté le cocon familial depuis quelque temps. Il ne restait que moi. Je finissais mes études, et cette nouvelle me rendit heureux.&nbsp;&raquo; Pensait-il le regard perdu dans son verre.</p>
<p style="text-align: justify;">Seul hic, sa mère, émancipée, devait partir loin pour être hébergée. Il se retrouvait donc seul avec ce père.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;J&#8217;avais 19 ans, j&#8217;étais intouchable, ou presque. La colocation se passait diplomatiquement bien. Je n&#8217;étais quasiment jamais là, et les quelques rencontres, assez disparates par ailleurs, avec le paternel, restaient silencieuses.&nbsp;&raquo; La colère entre les dents, il bafouillait.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Quelques semaines passèrent, dans une pacifique stabilité. Je restais stoïque face à ma vie d&#8217;alors, me contentant du jour d&#8217;après comme seul avenir possible.&nbsp;&raquo; Il se remit bien droit sur sa chaise, et termina d&#8217;un trait le verre de vin blanc posé en face de lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Un matin d&#8217;avril, il découvrit écrit au feutre indélébile noir sur une bouteille de shampooing &laquo;&nbsp;réservé à Marie-France&nbsp;&raquo;. Un léger agacement naquît en lui, mais il se calma aussitôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la cuisine, alors qu&#8217;il s&#8217;apprêtait à préparer son petit-déjeuner, il aperçut des post-it sur des produits dans le frigo, et dans le congélateur avec la mention explicite : &laquo;&nbsp;Ne pas toucher&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Il resta figé, interdit, dans l&#8217;incompréhension, ou plutôt si, il comprit parfaitement, mais se refusa à croire que son père fut si con.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, si ! Il l&#8217;était. Il l&#8217;était tellement, que non seulement, il lui interdisait de toucher à ses produits, mais en plus, il lui imposa de trouver un endroit où dormir le week-end pour cause de copine envahissante et suceuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut le plongeon littéral vers l&#8217;autodestruction. Une période colorée, fantasque, évanescente, ses plus grandes années de free party, de défonce. Une demi-vie, un coma constant, une vie en MDMA, réalité vibrante de son corps fatigué, détesté. Il fallait tenir éveillé, ne pas dormir, se sentir vivant, plus que les autres, dormir devenait une perte de temps. Oublier son identité, devenir une accumulation de chair posée sur une structure d&#8217;os. Boulimie du rêve, l&#8217;orgie du n&#8217;importe quoi.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Quelques mois plus tard, mon père m&#8217;annonça qu&#8217;il allait s&#8217;installer avec &laquo;&nbsp;Marie-France&nbsp;&raquo; et que par conséquent, il me fallait trouver logement. Je suis parti le jour même avec toute ma vie dans le coffre de ma voiture.&nbsp;&raquo; Il terminait sa phrase, la main tremblante, comptant avec peine sa monnaie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il se leva, titubant, bousculant les tables voisines, et disparut dans le décor sombre de la ville.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;entendais des ricanements, je sentais le regard des tables voisines qui cherchaient une complicité dans la moquerie. Mais, je ne me sentais pas comme eux. Je me sentais plus proche de lui. Il n&#8217;était qu&#8217;un homme à la terrasse d&#8217;un café qui contemplait une foule d&#8217;ombres pressées dans le calque d&#8217;une pluie battante.</p>
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		<title>Désenchantement du monde</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Apr 2011 09:42:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>zzouzz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[photo de Laurence Guenoun, cliquez pour voir son site Cinq heures de vol et une quinzaine en bus, je n’ai pas dormi depuis trente heures et dans le ventre, le verre de vodka, avalé au milieu de la nuit, danse à l’intérieur de moi. Le visage encore brouillé par la torpeur hypnotique du trajet, j’émerge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.laurenceguenoun.fr/"><br />
<img class="aligncenter size-medium wp-image-2017" title="LG109631" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/LG109631-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #c0c0c0;">photo de Laurence Guenoun, cliquez pour voir son site</span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cinq heures de vol et une quinzaine en bus, je n’ai pas dormi depuis trente heures et dans le ventre, le verre de vodka, avalé au milieu de la nuit, danse à l’intérieur de moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Le visage encore brouillé par la torpeur hypnotique du trajet, j’émerge lentement de l’autocar, le regard avide de ce nouveau pays.<br />
Pour l’instant, de la Russie, je ne connais rien. Juste une interminable attente à la douane moscovite, coincée entre trois coréens et une mama italienne si grosse que je sens chacun de ses bourrelets contre mon corps. Et l’immense route droite qui traverse le pays, en direction de la Kalmoukie.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1957"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Une seule pause, au milieu de la nuit, pour boire le traditionnel verre de vodka. L’estomac vide, je sens chaque goutte d’alcool me bruler les parois de la gorge, de la trachée jusqu’au fond de mon ventre. La Russie est là, derrière les fenêtres opaques du bus. Je la sens, la devine. Elle m’appelle.<br />
Nous sommes sur un marché. Un boui-boui sorti de nulle part, au milieu de la steppe.</p>
<p style="text-align: justify;">Sitôt que je m’enfonce entre les étals, je suis perdue. Je m’accroche à mon sac en bandoulière, comme pour garder mes repères d’adolescente.<br />
Je découvre des visages tannés par le soleil, des mains burinées par le travail. Sur des planches de bois imbibées d’eau et de crasse reposent des morceaux de viande et du poisson séché. Les cassettes audio poussiéreuses côtoient les posters pornographiques, les tortues déshydratées et les boulons d’acier.  Et partout, des saladiers d’œufs. Je m’approche. Je ne rêve pas, ce sont bien des mouches qui sortent de la coquille. J’ai un haut le cœur et ma faim disparait instantanément.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut de manger, je voudrais au moins me soulager.<br />
Autour des toilettes flotte une odeur insupportable.<br />
Je ne peux me retenir alors je bloque ma respiration et m’engouffre dans ce petit bloc de pierre. Au sol, trois trous creusés dans la terre, recouverts de chaux. Et des vers. Des centaines de vers qui grouillent.</p>
<p style="text-align: justify;">La Russie profonde n’est pas telle que je l’imaginais.</p>
<p style="text-align: justify;">Je retourne vers le bus, sidérée.<br />
Et je croise son regard. Je suis sidérée par sa beauté indécente, inquiétante. Ses yeux bleus me transpercent. Il me sourit, je rougis et baisse le regard.<br />
Dans ses mains, des cartes érotiques. De minuscules femmes dans des poses très suggestives. Je suis troublée par sa gravité. Je remarque qu’il n’est pas seul. Ils sont une trentaine d’ados de mon âge, affairés à l’achat de cartes, posters et vidéos coquines. Je n’arrive pas à détacher mon attention de ce drôle de groupe. Je suis subjuguée par ce mélange d’innocence et de profondeur sur leurs visages.</p>
<p style="text-align: justify;">« Ils partent pour la Tchétchénie. »</p>
<p style="text-align: justify;">L’interprète russe qui m’accompagne ne semble pas choqué.<br />
Je suis bouleversée.<br />
Déjà, il faut partir. Alors que le bus m’emporte, je comprends que mon monde vient de se désenchanter. Je sais que je garderai à jamais le souvenir de ce garçon qui part faire la guerre. Et qui s’accroche à ses images érotiques, comme je me suis accrochée à mon sac, juste pour ne pas avoir peur.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>J’aimerais bien…</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Apr 2011 15:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mais si… Allez… Avoue… Ne fais pas la tête ou plutôt n’imite pas la mienne, mon ami. Tu sais, ne pas tout avaler en temps réel, en se posant des questions, à chaque fois, sans hocher la tête pour dire merci, c’est un métier ! Que dis-je un sacerdoce et sache que je dors peu, que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/people-by-olaf-breuning.jpg"><img class="size-medium wp-image-1983 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/people-by-olaf-breuning-300x235.jpg" alt="" width="300" height="235" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 15.0px 0.0px; font: 12.0px 'Times New Roman'; color: #424242; min-height: 15.0px} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} -->Mais si… Allez… Avoue… Ne fais pas la tête ou plutôt n’imite pas la mienne, mon ami. Tu sais, ne pas tout avaler en temps réel, en se posant des questions, à chaque fois, sans hocher la tête pour dire merci, c’est un métier ! Que dis-je un sacerdoce et sache que je dors peu, que je dors mal. Si seulement j’avais mauvaise conscience…</p>
<p style="text-align: justify;">Mais tu dois te dire que je le mérite et puisque je l’ai bien cherché, je l’ai finalement trouvé. Il y a une frontière entre savoir et comprendre, apparemment je l’ai allègrement franchie ! Foutue faim insatiable. Je présume qu’elle s’éteint dans la tombe, sinon l’éternité, cela va être long!</p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe parce que l’insomnie est une fantaisie chez les malades imaginaires et le mutisme puis l’automédication ne laissent guère de place à la bagatelle. Tu me diras que les remises en question n’engagent que ceux qui les engrangent. Et vu mon déficit…</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1231"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Alors, le doute ne connaît pas de répit. Et même en face à face, il préfère tourner les talons plutôt que d’accepter une autre vérité ne corroborant pas la version officielle. Je sais, je sais, avoir raison ne remplit pas le frigo dépendant des aléas de mon compte bancaire. Cependant mon ami, essaie de ne pas faire du tort une religion. Nous y voilà, ici, toi et moi, entre la déroute et la banqueroute, il reste la débandade universelle. Celle que tu t’obstines à voir comme une victoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons sérieux, entre nous le statu quo façonne les postures et la constipation, voire les hémorroïdes, chacun sur son rocher. À refaire le même match avec un fil, des nœuds, deux pots de yaourt usagers et un peu de mauvaise foi, je crois que c’est ce qui nous lie le plus. De la friture sur la ligne ? À chacun son lubrifiant. L’essentiel dans un couple, c’est le dialogue, pas la compréhension ! Hum ? Heu… Le silence, c’est pas mal non plus. Pourquoi un conseiller conjugal, lorsque nous n’avons que des problèmes de conjugaison ? En définitive pour mourir heureux ensemble, je ne vois qu’une greffe du cœur en lieu et place du cerveau ou un Bescherelle. Bref, nous préférons les amnésies passagères aux dépressions du myocarde.</p>
<p style="text-align: justify;">J’aime à l’impératif quand tu pardonnes au conditionnel. Soit, il ne nous reste qu’à faire un compromis autour du subjonctif. Après les préliminaires, il faut bien remplir les cases, attribuer les rôles, jouer le jeu pour passer le temps ou parce que c’est important. Et puis, j’aurais beau prendre ta place et toi la mienne, rien ne changera. Nous sommes les mêmes. Nous continuerons à tourner à rond en pensant avancer vers la perfection, la performance, une perfusion, le paradis, la reconnaissance. Notre problème se résume à confondre rotation et révolution!</p>
<p style="text-align: justify;">J’aimerais bien faire semblant de m’intéresser au sort du monde comme tout ceux qui en font un fond de commerce, une religion laïque ou un cache-misère au quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toi, tout est important, rien n’est trivial et chaque virgule compte. À tes yeux, il n’y a point de prestige dans la dérision. Par conséquent, une bibliothèque dans le cul, le code pénal dans le cœur et le siècle des Lumières pré-installé dans la tête, tu es à l’image du meilleur des mondes, à la fois en expansion perpétuelle et replié sur lui-même !</p>
<p style="text-align: justify;">Faire semblant en toute occasion avec un sourire du gendre idéal et le mot juste à l’heure du brunch, en voilà un projet de société. Rebelle à l’octave près entre Téléfoot et les Guignols De L’Info. Le polo, d’un blanc chevaleresque, épousant à merveille le téton prêt à se dresser à la moindre dépêche AFP. Avec une façade pieuse, le sourire rassurant et l’arrière-train au-dessus de tout soupçon, tu retweet, tu retweet.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le juste convoite les verbes être et avoir. Toutes ses paroles ne distinguent plus les Hommes portés disparus au zapping, dans les chiffres, les statistiques, les sondages, la data-vacuité, les hommages et le recensement des rescapés de l’humanité. Tout cela en faisant passer une vision panoramique pour télescopique.</p>
<p style="text-align: justify;">Tu finirais presque par me faire croire que je suis totalement désintéressé et insensible. Mais je ne suis ni juge ni comptable et encore moins arbitre.</p>
<p style="text-align: justify;">Faire carrière et vivre en paix… J’ai bien peur de ne pas comprendre ton obsession pour la sécurité et son besoin intime de bonheur contrôlé. Dans cette image inaltérable, je n’aimerais pas avoir à faire semblant contre mon gré, baisser la tête sur commande, et hennir par habitude, avant de s’indigner à distance en pilote automatique, le calendrier des malheurs intégrés aux bonnes mœurs. Un tel exercice de dilatation publique ferait presque passer un vernissage pour une backroom. J’accepte tes choix, laisse-moi donc ma voie!</p>
<p style="text-align: justify;">Je te le dis comme je le pense, abuser Dieu, le destin, la roulette russe en criant au loup depuis le confort dans ton papier millimétré, c’est irresponsable. Rentable, mais irresponsable. Ceci étant avec ta morale sélective tu trouveras bien une réponse historique couplée à une vérité intemporelle. Et si même la trotteuse est de ton côté en calquant sa routine à ton rythme de croisière, je demande une pause éternelle. Mais en cas d’erreur, ton mensonge flirte avec la marche arrière, puisque l’omnipotence ne connaît pas le frein à main. L’égo ne tolère pas les virages et encore moins mes platanes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je ne te jette pas la pierre, tu ne saurais pas quoi en faire. Et depuis ta berline criblée d’options, mon récif ne ferait pas le poids en cas de collision frontale, tandis que je chercherais vainement le volant. Dans le fond tu dois avoir raison, sinon tu ne serais pas un mangeur de pierres. C’est comme cela que tu voyages, en roulant sur le pays de ceux qui ne connaissent de l’horizon que ce que la marée leur ramène.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci dit mon ami, mon rocher à moi reste un rocher, certes, mais il réagit, il n’intime pas, il parle peu, il te connaît bien et lui a le choix de ne pas en faire.</p>
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		<title>Monsieur Weber, Baudelaire et moi</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Apr 2011 13:04:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>laurence albert</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Première de la classe, maigrichonne et sans nichons, j&#8217;étais également d&#8217;une timidité maladive et affublée des vêtements démodés de ma sœur aînée, mais&#8230; je ne portais pas de lunettes &#8211; il ne faut rien exagérer &#8211; et aucune acné n&#8217;a jamais altéré ma carnation délicate. Je passais le plus clair de mon temps à lire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/Capture-d’écran-2011-04-10-à-15.02.33.png"><img class="alignleft size-medium wp-image-1976" title="Capture d’écran 2011-04-10 à 15.02.33" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/Capture-d’écran-2011-04-10-à-15.02.33-300x298.png" alt="" width="300" height="298" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Première de la classe, maigrichonne et sans nichons, j&#8217;étais également d&#8217;une timidité maladive et affublée des vêtements démodés de ma sœur aînée, mais&#8230; je ne portais pas de lunettes &#8211; il ne faut rien exagérer &#8211; et aucune acné n&#8217;a jamais altéré ma carnation délicate.</p>
<p style="text-align: justify;">Je passais le plus clair de mon temps à lire pour esquiver un monde illisible. Mes congénères me considéraient avec suspicion pendant qu&#8217;ils rivalisaient de plongeons audacieux dans la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Je les voyais s&#8217;apostropher, se défier, s&#8217;empoigner, exulter, courir, et systématiquement, me dépasser. Cela me causait moins de souffrance que d&#8217;incrédulité : je ne comprenais pas après quoi ils couraient – c&#8217;est toujours vrai, ce qui explique en grande partie mon anachronisme sévère.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1971"></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je restais sur le bas côté arborant un air vaguement extatique qu&#8217;ils prenaient pour de la prétention, m&#8217;emberlificotant de serpentins de phrases, affolée de rimes, échevelée par le souffle des métaphores filées, en équilibre sur la tranche d&#8217;un livre, le tranchant du cœur.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors&#8230; Je rencontrai monsieur Weber.</p>
<p style="text-align: justify;">Professeur d&#8217;éducation physique qui me prit en grippe comme il se doit. Précisons que monsieur Weber n&#8217;était pas seulement l&#8217;un de ces profs qui assoit sa supériorité sur le siège moelleux des faiblesses de ses élèves les plus mal lotis, mais un authentique sadique. Il prenait un plaisir obscène à m&#8217;humilier devant mes camarades, toujours prompts à glousser des déconvenues des bons élèves. Ainsi, sous l&#8217;œil trouble de monsieur Weber, je passais toujours en premier pour sauter un élastique dans lequel je me prenais les pieds, pour grimper le long d&#8217;une corde à laquelle je ne parvenais qu&#8217;à me suspendre au prix d&#8217;efforts inouïs&#8230; On aura compris.</p>
<p style="text-align: justify;">Vint ce mardi après-midi d&#8217;octobre où nous &#8211; une vingtaine d&#8217;adolescents mal dégrossis &#8211; dûmes nous initier aux joies du handball. Au moment de former les équipes, nous arrivâmes à un nombre impair : quelqu&#8217;un était de trop. Bonhomme, monsieur Weber demanda si l&#8217;un d&#8217;entre nous voulait bien se dévouer pour lire un peu dans les vestiaires. Je m&#8217;empressai de présenter ma candidature.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ricana et je vis se former sur le visage de mes camarades, non pas l&#8217;habituelle jubilation moqueuse mais, un rictus de compassion. Je compris.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que je passai le reste de l&#8217;année, seule, à faire des tours de stade, <em>Les fleurs du mal</em> de Baudelaire coincé entre les dents.</p>
<p style="text-align: justify;">Suant, crachant, réduisant en pâte à papier la divine poésie, je développai un souffle et une musculature de marathonienne. Cette forme de course me révéla à moi-même. Si je n&#8217;avais aucun don pour la rapidité, j&#8217;étais endurante.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;adversité, mon amour de la littérature s&#8217;épanouit. Je courais, Baudelaire entre les dents. Je courais en me récitant les fragments de textes que je connaissais par cœur et dont le catalogue devint encyclopédique. Les mots pulsaient comme des étoiles, coups de poing lumineux au bout du couloir de course. Je courais et je commençais, probablement sous l&#8217;effet des décharges d&#8217;endomorphines, à écrire mes premiers textes au rythme régulier des foulées.</p>
<p style="text-align: justify;">En juin, lors des concours d&#8217;athlétisme, je remportai haut-la-main le championnat inter-écoles. Première marche du podium pour le 1500 mètres, le 5000 mètres&#8230; sous les hourras de ceux qui étaient, dans cette année d&#8217;épreuves, devenus des amis. Monsieur Weber, vert de rage, s&#8217;éclipsa avant la distribution des médailles et je ne le revis jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 3 juillet suivant, paraissait dans le numéro d&#8217;été d&#8217;une revue littéraire régionale ma première nouvelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne suis pas devenue une athlète mais j&#8217;ai continué à écrire, lentement, patiemment, obstinément, en scribouilleuse de fond. J&#8217;ai conservé l&#8217;exemplaire des <em>Fleurs du mal</em> à la couverture mordue, à l&#8217;encre diluée, aux pages gondolées par ma salive.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai encore parfois quand je peine en écrivant, ce que m&#8217;arrive souvent, un renvoi douceâtre de pâte à papier.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a peu, à l&#8217;occasion d&#8217;un week-end familial, je me suis rendue dans la petite ville de ma jeunesse. Alors que je déambulais sans conviction dans les allées du centre commercial, j&#8217;aperçus monsieur Weber, profondément décati mais reconnaissable à son jogging bleu marine.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans réfléchir, je me précipitai à sa rencontre. Qu&#8217;avais-je donc à lui dire ? Avais-je l&#8217;intention de lui demander des explications ? de lui pardonner de vive voix ? de le remercier ?</p>
<p style="text-align: justify;">-          Monsieur Weber, vous me reconnaissez ?&#8230; Baudelaire !?</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toute réponse, il me gratifia d&#8217;un regard injecté de sang, d&#8217;un grommellement &laquo;&nbsp;peheucon!&nbsp;&raquo;, assorti d&#8217;un violent coup de caddie dans les tibias.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque je sortis, boitant toujours, je distinguai la silhouette harassée de monsieur Weber, soutenu par le comptoir aux néons d&#8217;un bar de galerie marchande et serrant un verre de rouge d&#8217;une main tremblante.</p>
<p style="text-align: justify;">À cette vision, quelque chose se contracta dans ma cage thoracique.</p>
<p style="text-align: justify;">Monsieur Weber ne saura jamais ce qu&#8217;il a fait pour moi et je ne connaîtrai pas la raison de sa haine : peut-être, une jumelle qui lui aurait été préférée et m&#8217;aurait ressemblé ou une enfance d&#8217;immigré, maltraitée par le cilice de la langue française.</p>
<p style="text-align: justify;">Je renonçai à le contacter pour discuter le coup avec lui et me contentai d&#8217;ouvrir une bonne bouteille pour dissiper un vague et désagréable sentiment de pitié. Pitié pour lui, pour nous, pour moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;on ne se méprenne pas, je ne suis pas masochiste ni victime d&#8217;un syndrome de Stockholm mal digéré ; je m&#8217;attristais juste que la vie se montrât souvent décevante et si cruelle à notre égard à tous, monsieur Weber, Baudelaire et moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus tard dans la soirée, je gribouillai quelques lignes&#8230; Ce petit texte sans prétention qu&#8217;il ne lira jamais et qui sent bon la pâte à papier.</p>
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		<title>Minute</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Apr 2011 08:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suspensive. La minute élude,élaguant ses charmes comme les secondes mollissent . Dans les liquides troubles, elle danse un peu, grâcile, désincarnée. Elle me frôle et s&#8217;invite, babylonnienne bijoutée. Je l&#8217;eus aimée contenue, calice. Elle ne peut que fuite et faux semblants. Je l&#8217;eus voulue docile, dévote. Elle ne sait que tromperies et stupeurs. Translucides aiguilles, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Suspensive. La minute élude,élaguant ses charmes comme les secondes mollissent . Dans les liquides troubles, elle danse un peu, grâcile, désincarnée. Elle me frôle et s&#8217;invite, babylonnienne bijoutée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je l&#8217;eus aimée contenue, calice. Elle ne peut que fuite et  faux semblants.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je l&#8217;eus voulue docile, dévote. Elle ne sait que tromperies et stupeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1967"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Translucides aiguilles, timidités glauques, quelques ombres claires sans projet. Double morsure du temps qui se meut immobilement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Lutte qui s&#8217;engage. Elle veut faire deux pas, je gomme ses entre-chats. L&#8217;air vicié de nos soupirs. Tendres supplices anamorphosés.  Minute soudoyée, minute presque conquise, puis évadée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Respirations.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je fais d&#8217;elle l&#8217;animisme de mon attente esseulée. Dérobe, déroule, de bas en haut. De toquantes pensées en silencieuses orées.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">De la samba au trois temps, de la syncope au bout du souffle.  Quasi imperceptibles, les rythmes lancinants temporisent Tempes salées et gravées de quartz qui s&#8217;alourdissent de pâles reflets. Chaloupe  lascive, quand la langueur se teinte d&#8217;impatience, que le voile de l&#8217;attente s&#8217;opacifie, plèvre de trois fois rien qui isole et éteint. Obscure esquive, quand le miel se carmine  de colère, que l&#8217;absinthe du désir grise, satin sali qui soudoie et enfreint.</p>
<p style="text-align: justify;">Passable passante, asymptomatique frénésie, du délice induit l&#8217;ennui. Catin que cette minute. Qui tournoie, qui multiplie de sept en sept, trouble les décomptes, et légifère sa logique. Dantesque  qui me suspends à ses charmes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Périt, pâte acide de mon désir.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Corrompt, de doutes abstraits.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Que de la métrique mesure.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Que de la belle cadencée.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Minute butée. Qui s&#8217;allonge autant que je veux la faire taire. Qui ouvre les cuisses quand je me refuse à elle. Qui d&#8217;un presque baiser m&#8217;allume puis me gifle. M&#8217;envoute et me refrène. Me caresse et serre le nœud autour de mon cou. Morsure double du temps qui se joue de vous.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Karmacoma, autodestruction et plus si affinités</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/04/03/karmacoma-autodestruction-si-affinites/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Apr 2011 17:06:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ma vie préfabriquée, grise, lente, raillée est intégralement cernée par une émission de télévision qui s’intitulerait les Maçons du cul où nul ne pourrait échapper au devis de l’entrepreneur. Comme cela va de soi, l’argent forcément sale et la violence notamment criminogène en sont ses dépendances. Avec un compte en banque dépressif et une masse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/onthedoll_poster.jpg"><img class="size-medium wp-image-1950 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/04/onthedoll_poster-222x300.jpg" alt="" width="222" height="300" /></a></p>
<p>Ma vie préfabriquée, grise, lente, raillée est intégralement cernée par une émission de télévision qui s’intitulerait les Maçons du cul où nul ne pourrait échapper au devis de l’entrepreneur. Comme cela va de soi, l’argent forcément sale et la violence notamment criminogène en sont ses dépendances. Avec un compte en banque dépressif et une masse musculaire à même les os, voilà mes options. Un programme de haute tenue oscillant entre philanthropie hypothétique et proctologie expiatrice.</p>
<p>À force de voir en boucle l’industrie monde comme une immense succession de collusions, de collisions, de chairs en fusion, désabusées et hypnotisées, je ne vois plus de gens, plus de genres, tout est mixte, puis asexué ! Rideau.</p>
<p><span id="more-1229"></span></p>
<p>Encastré dans mon lit une fois la nuit effondrée, je pourrais prendre mon pied mais je lui préfère ma tête, sans la garantie que cela serve vraiment à quelque chose ou à quelqu’un d’autre… Dans mes jours sans coma, ni cauchemars, j’arrive à respirer sans m’étouffer à la vue des barbelés encerclant mon jardin d’enfant et lorsque pris d’un espoir panique je ne fonce pas contre les murs, ce sont eux qui me percutent de toutes mes tentatives avortées. Totalement sonné et quelque peu résigné, je retourne sur mes pas – qui m’attendaient sagement – trouver une occupation moins dangereuse que ma propre soif de liberté.</p>
<p>Pour passer le temps, les honnêtes gens gesticulent en aboyant au reste de la création le bilan comptable de leur générosité – exonéré d’impôts ou de purgatoire – moi je préfère ma culpabilité où je trouve mes motifs plus justes. Argh, certes ce n’est pas grand chose, mais je n’ai pas dans le sang le courage de la vengeance et à force de passer mon chemin pour oui pour non, j’en ai perdu le goût de la marche et le sens de l’orientation.</p>
<p>Mais le plus naturellement du monde, le cul vissé à ma chaise, je ne peux guère que tourner sur moi-même pour trouver la bonne direction et prendre la bonne décision. Mon panorama journalier composé au minimum de téléphonie aliénante et de micro- informatique décorative complète à merveille un cortège de pin-up sur fond de tapisserie agonisante, elle-même asphyxiée par ce subtil mélange de renfermé et de nicotine où la lumière du jour s’aventure accidentellement par quelques fissures, uniquement les jours de canicule, pour indiquer au ventilateur qu’il est en panne. Cette œuvre d’art ressemble à s’y méprendre au design de ma boîte crânienne et au démantèlement urbain en perpétuelle reconstruction.</p>
<p>Alors, pour me plaindre et gagner du temps sur mon acte de décès, je pourrais le plus tranquillement du monde parler de prison. Soit, mais j’aime à penser que je vis des vacances pas comme les autres et que la vie est une chienne ou une main droite.</p>
<p>Une fois que j’en ai fini avec la minute obligatoire de plaisir personnel, le corps à l’abandon et l’esprit en suspens, presque lucide, j’arrive durant très peu de temps à me voir comme je suis, sans ce costume d’enfant trop petit pour la douleur d’un homme qui ne veut pas en être un. Que les choses soient claires, je possède plus de flashs de paumes de main s’abattant sur moi que de photographies de goûters d’anniversaire artificiels.</p>
<p>En redescendant sur Terre, je suis blafard, blême, voilà le visage qui me va le mieux, mon masque attitré sans fanatisme ni faux semblants. Soyons francs, je ne sais pas qui joue le mieux au poker menteur entre ma mémoire et moi. Je perds souvent d’ailleurs, et dans ces occasions – privilégiées sans canapé – en reconstituant la scène du crime et la partie de puzzle, il m’arrive sur un malentendu d’inventer des univers parallèles qui dissocieraient les méthodes de la morale.</p>
<p>Dans un autre montage de mon histoire passée, j’aurais même le pouvoir de pouvoir. Mais cet endroit intime entre mon imagination et ma mémoire ne vend que des échantillons et aucun mode d’emploi. Dans cette pièce secrète quelque part dans ma tête je côtoie des images trop parfaites pour être vraies, des issues finales qui ne m’amènent qu’à d’autres poignées de portes cachant une autre pièce. Je subis malgré moi des sentiments étrangers, refoulés, oubliés. Je ne sais pas qui ils sont, peut-être des rêves, mais je réclame une trêve ou un réveil matin.</p>
<p>J’ai peur de toutes les fins, alors je ne termine jamais rien. Peu importe ce que me demandent, me suggèrent ou m’intiment ces voix qui veulent mon aide, prétendent à mon bonheur ou m’ordonnent comment aimer, travailler, uriner. Je n’écoute plus rien, je n’entends plus rien. On a tellement pensé à ma place que je ne suis pas sûr de vouloir savoir qui je suis. Et l’image que l’on a de moi finit peu à peu par me satisfaire. Elle ne veut rien et cela me va car nul ne survit à son enfance et encore moins à ses démons.</p>
<p>Dans ce cas, qu’y puis-je du poids de mon héritage paternel ? Accepter que les autres le voient à travers moi ? Jouer le jeu en l’imitant jusqu’à l’aimer ? Le tuer une fois pour toute afin de lui échapper ? Ce ne sont pas des options, mais des culs-de-sac ! Parfois lorsque je sème provisoirement mes flash-back, j’ai la confuse impression que je ne suis que de l’ADN en perdition avec un patronyme pour toute explication et consolation. Heureux que je devrais être d’avoir eu une famille, même en décomposition, et un toit miséreux avec une porte qui se refermait à l’usage sur la loi. Ne pas savoir, c’est souvent mieux que penser comprendre.</p>
<p>Ce qu’il y a de pire dans tout cela, c’est de ne jamais avoir connu la défaite car personne à combattre ! Alors, pour occuper mon temps libre et occulter mon tourment, je trouve des missions de sauvetage à ma mesure, des plans parfaits – enfin à peu près – qui ne réussiront jamais – à coup sûr – et ce n’est pas grave au fond car personne n’est au courant.</p>
<p>Avec du temps et un peu d’argent, je finirais au moins par sauver la face dans ce no man’s land où chacun fait profil bas, plus bas que terre. J’aurais enfin mon but, à moi, mon signe extérieur de détresse. Secrètement je me persuade que les parois étriquées du monde qui somnole toujours et encore, termineront leur course à mes pieds, alors enfin j’aurais gagné, par abandon, par arrêt de l’arbitre, par patience…</p>
<p>Et là quand il n’y aura plus de décor pour me maintenir debout, aurais-je de quoi souhaiter ma libération ? Plus de démons, plus de sauvetages, plus d’attaches, juste la vie devant moi, c’est plus effrayant que palpitant, j’en crèverais presque. Comme tout fantasme, le meilleur moment est encore le laps de temps où on l’espère sans trop y croire et lorsqu’il arrive on est forcément déçu. Il était plus beau dans ma tête, plus beau sur internet ! Ce sont les choses qui n’existent pas qui nous font avancer, ce que l’on peut saisir, on l’a déjà oublié.</p>
<p>J’en suis précisément à un moment, dépourvu de questions et débarrassé des réponses, où je me sens renaître en laissant derrière moi les statistiques et la fatalité.</p>
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		<title>plagiat photographique, les grands et les petits.</title>
		<link>http://www.herosordinaires.com/2011/03/22/plagiat-photographique-les-grands-les-petits/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 19:50:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>trollator</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Joachim Lapotre, jeune photographe français, m&#8217;a récemment contacté par mail pour me montrer le site d&#8217;une agence à qui il envoie régulièrement son book depuis deux ou trois ans et qui vient de sortir un cliché qui rappelle à s&#8217;y méprendre son oeuvre la plus connue, ce triptyque tout de cochonaille décédée. Seulement voilà, Joachim [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://jlapotre.free.fr/"><img class="size-medium wp-image-1874 alignleft" title="JoachimLapotre_A0-1" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/JoachimLapotre_A0-1-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Joachim Lapotre, jeune photographe français, m&#8217;a récemment contacté par mail pour me montrer le site d&#8217;une agence à qui il envoie régulièrement son book depuis deux ou trois ans et qui vient de sortir un cliché qui rappelle à s&#8217;y méprendre son oeuvre la plus connue, ce triptyque tout de cochonaille décédée. Seulement voilà, Joachim Lapotre n&#8217;a ni la renommée d&#8217;un Guy Bourdin ou d&#8217;un David Lachapelle et ceux qui le plagient n&#8217;ont pas non plus la visiblité d&#8217;un clip de Rihanna ou de Madonna&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>A qui profite le crime ? &laquo;&nbsp;Pourquoi pomper&nbsp;&raquo; se demande-t-on en bons Shaddocks ?<span id="more-1873"></span></em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a quelques semaines, nos flux rss rétiniens et auditifs étaient secoués par une nouvelle qui concernait un plagiat de l&#8217;oeuvre de David Lachapelle par Rihanna. Les portails webs les plus visités, les journaux télévisés du monde entier relayaient l&#8217;info qui passait presque pour un ilot de consolation au milieu de ces révoltes et libérations qui ont fait tant de morts en Tunisie, Egypte et Lybie. Et preuves à l&#8217;appui, il n&#8217;y avait pas photo. <a href="http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/t/60144/date/2011-02-15/article/plagiat-de-clip-de-rihanna-la-politique-des-images/" target="_blank">Visez plutôt les Inrocks</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette affaire en faisait alors ressurgir plusieurs autres, dont celle du plagiat des photos de Guy Bourdin par Madonna dans un clip qui date un peu maintenant. Et d&#8217;autres encore, à propos de la diva américaine, la star de toutes les stars&#8230; Voyez l&#8217;habileté du grand écart : de Guy Bourdin à Nana Mouskoury.</p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/Bourdin.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1879" title="Bourdin" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/Bourdin-300x188.jpg" alt="" width="300" height="188" /></a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/hollywood_cduk_capture6.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1880" title="hollywood_cduk_capture6" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/hollywood_cduk_capture6-300x226.jpg" alt="" width="300" height="226" /></a></p>
<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/h-20-1420833-1234381644.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1881" title="h-20-1420833-1234381644" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/h-20-1420833-1234381644-300x148.jpg" alt="" width="300" height="148" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Si le dernier exemple fait plutôt sourire, s&#8217;il faut savoir faire la distinction entre une source d&#8217;inspiration, un clin d&#8217;oeil, une intertextualité et du réel plagiat, force est de constater que les cas Bourdin vs Madonna et Lachapelle vs Rihanna sont problématiques. Car après analyse, il y a des moutons à envoyer à l&#8217;abattoir, des consommateurs au supermarché&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">De quoi s&#8217;agit-il ? D&#8217;un pari de réalisateur qui pense que personne n&#8217;y verra rien ? Ne soyons pas naïfs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;un savant montage financier improvisé lors d&#8217;une réunion marketing/production ?</p>
<p style="text-align: justify;">Réflechissons&#8230; Une journée de travail de David Lachapelle (200 000$ environ) + les droits des images + la gestion de la créativité de cet artiste qui tolère de moins en moins la commande VS plagiat + réalisateur moins cher + buzz médiatique + coût de l&#8217;indemnisation après des poursuites qui remédiatiseront Rihanna&#8230; Ca a l&#8217;air de se tenir machiavéliquement bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je suis moins intéressé par ces évènements people qui concernent presque autant le domaine de la créativité que les fausses morts de Loana, Jean Dujardin, Bernard Montiel ou Pascal Sevran.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;avènement du numérique en photographie pose un gros problème aux professionnels de l&#8217;image. Sans même aborder la question des banques d&#8217;images comme Getty qui ont délibérément décidé de tuer un métier, depuis que Photoshop est devenu l&#8217;outil du photographe <em>et</em> du graphiste, depuis que le pixel a remplacé la chimie, l&#8217;art dont se méfiait Baudelaire est en passe de devenir une branche des arts graphiques numériques, une sous discipline, un outil, une base à retravailler.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;avènement du numérique, en tant qu&#8217;il a crée des normes et des standards de qualité grâce à des outils technologiques et informatiques a réduit l&#8217;écart entre les maîtres de la lumière et les bidouilleurs. Il a donc mis en avant ceux qui savaient s&#8217;inspirer de l&#8217;air du temps tout en sachant utiliser un carnet d&#8217;adresses conséquent.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Quid des petits, des amateurs, des passionnés, des photographes ordinaires qui se montrent parfois sur la toile, aspirent à accrocher, contactent les agences, les galeries, les milieux ? Quid de Joachim Lapotre ?</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">La première des choses qui se produit, me semble-t-il, dans les cas d&#8217;un &laquo;&nbsp;inconnu&nbsp;&raquo; qui se fait plagier, est un sentiment d&#8217;injustice doublé d&#8217;un sentiment plus grand d&#8217;impuissance. Qui suis-je et quels sont mes moyens pour me faire entendre ? Ai-je les ressources financières d&#8217;entrer dans une poursuite ? Quelles sont les moyens de dire qu&#8217;il y a bien plagiat ? Qui examine cela ?</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, on se sent perdu. On sent que c&#8217;est peine perdue.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici un exemple qui n&#8217;est pas aisé, où malgré la ressemblance des partis pris, graphiques et artistiques, techniques, et malgré même le fait que Lapotre ait crée des similipubs pour la marque citée, il faudrait encore tracer les sources d&#8217;inspiration. Voyez <a href="http://www.advertolog.com/agencies/multifake/" target="_blank">Advertolog</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans le cas du triptyque du cochon, c&#8217;est trop évident. L&#8217;orientation de la tête est changé mais trop de choses sont prises à l&#8217;oeuvre de Lapotre. Jugez vous-mêmes le cliché proposé par Aorta, après que Lapotre leur ait envoyé plusieurs fois ses travaux, dont celui-ci.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.aorta.se/#/personal/10"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1884" title="Capture d’écran 2011-03-09 à 11.22.33" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/Capture-d’écran-2011-03-09-à-11.22.33-300x224.png" alt="" width="300" height="224" /></a><em><span style="color: #c0c0c0;">cliquez sur l&#8217;image pour la voir sur le site Aorta</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il y a de quoi être écoeuré, certes. Mais il y a de quoi s&#8217;interroger aussi sur l&#8217;intégrité de ces agences qui ont pignon sur rue, qui deviennent des références dans leurs domaines et qui s&#8217;assoient sur des créatifs indépendants qui font parfois la plonge dans des bars pour payer leurs tirages et les books qu&#8217;ils envoient en espérant qu&#8217;on les contacte, pas qu&#8217;on les vole.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;espère que les recours sont faciles, j&#8217;espère que des avocats sont suffisamment inspirés pour accepter de travailler contre un pourcentage de l&#8217;indemnité perçue suite aux poursuites si elles aboutissent. J&#8217;espère que ces indemnités sont à la hauteur des bénéfices réalisés par ces quelques photographes qui travaillent pour des sommes parfois très élevées. L&#8217;idéal étant qu&#8217;un Joachim Lapotre soit rétribué à hauteur des bénéfices perçus par ceux qui plagient et non pas à hauteur de la renommée de sa propre image de marque, sinon ça n&#8217;ira jamais bien loin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Paradoxe : le plagiat dans le domaine artistique était sans doute moins repérable à l&#8217;époque où il aurait fallu acheter toutes les revues papier du monde pour pouvoir comparer. Mais à l&#8217;heure où les moyens de communication rendent de plus en plus facile le plagiat d&#8217;oeuvres totalement mineures mises en ligne dans un souci de publicité par des passionnés du monde entier, ces mêmes moyens rendent la detection possible mais la question des moyens de se défendre reste entière.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Home Alone</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Mar 2011 16:00:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>souklaye</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/as-1-projects.jpg"><img class="size-medium wp-image-1926 alignleft" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/as-1-projects-250x300.jpg" alt="" width="250" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Seul à la maison… Cela sonne creux, cela ne résonne pas. Surtout s’il n’y a personne pour l’entendre. Combler à deux, à plusieurs ou en société le vide de la file d’attente relève déjà du petit miracle. Les calendriers nous recensent éphéméride après éphéméride. Mais ce soir, seul —sans mauvaise conscience— dans une boîte avec une serrure, je me dis que le purgatoire doit ressembler à s’y méprendre à une suite de chiffres et une liste de noms.<br />
Je vois cet appartement comme une collection de rustines n’ayant plus rien à recouvrir. Des murs à tapisser qui finissent par devenir des cloisons à maudire, des portes grinçantes qui précèdent ou succèdent à d’autres portes silencieuses, un plafond à l’abandon prêt à se transformer en sol pleureur ou en toit du monde et des voisins qui pensent que je suis le leur.<span id="more-1234"></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
Bienvenue chez moi, enfin chez moi… un endroit entre le monde extérieur et je ne sais quoi d’autre ! Une boîte à géométrie variable où l’on peut vivre, s’ennuyer, être heureux, être ensemble mais toujours enfermé en regardant par la fenêtre sale ou le décor gris. Et puis, pour me tenir en alerte j’ai un judas et une sonnette, à croire que j’habite une backroom !</p>
<p style="text-align: justify;">Apparemment avoir son nom sur une boîte aux lettres, c’est un signe extérieur d’humanité. Alors je ne sais que penser lorsque mon nom trône ainsi sur cette même boîte aux lettres, sur l’interphone et sur la porte du dit « chez moi ». Suis-je un Dieu ou un mouton ? Et pourquoi pas le Dieu des moutons! Avoir le pouvoir sans aucune ambition.<br />
Je suis encore perplexe dans ce truc compartimenté où tout s’ouvre pour mieux se fermer. La liberté sous clé à l’abri des autres. Des pièces à remplir du temps passé dehors dans d’autres pièces avec d’autres voisins dans le même open-space. D’autres pièces où entasser les anciennes choses à crédit et les anciens gens en souvenir. Une pièce où aimer ou faire semblant à proximité de l’écran, une autre pour s’alimenter, puis celle qui la jouxte pour évacuer et la dernière pour se laver de ses péchés. Peu importe la taille, seul compte ce que l’on peut y emmagasiner!</p>
<p style="text-align: justify;">À vrai dire toutes mes années de vagabondage mondain de canapés bosselés en squats amiantés sans oublier ces couches et ces femmes d’une nuit ont contribué à démanteler lieu après lieu ma définition du foyer et sa chaleur supposée. Pour ainsi dire, le bonheur résidait dans le fait de s’endormir comme une merde entre un banc de putes et un cortège de clochards sous le regard sanguinaire de la brigade anti-criminalité. N’y voyez là aucune fantaisie romanesque, seule la misère me poussait dans ce lit à ciel ouvert puisque que la galère est un sacerdoce et que la bohème est un loisir!<br />
Un jour la nouvelle est tombée d’on ne sait où et, sans que je ne m’en rende compte, à force de survivre, j’ai fini par avoir un chez moi avec un quelqu’un. Je crois que dans ma logique foutraque l’espace est une personne et le temps un sentiment.<br />
Mine de rien occuper l’espace à deux demande une sérieuse organisation, une furieuse envie de l’autre et des calendriers à perdre. Sans oublier le fait qu’apparemment tout le reste de la création —de l’administration aux publicitaires— est au courant de mon secret estimé en mètres carrés et en étreintes pour la fille déficiente du concierge. Et dans ce grand élan fraternel, tous se donnent la main afin de m’ensevelir vivant sous des tonnes de papiers plus ou moins recyclés. J’en viendrais presque à bénir les spams!</p>
<p style="text-align: justify;">Les semaines, les mois et les années copulent gaiement en soignant leurs handicaps jusqu’à faire apparaître mon premier cheveu blanc et des fossettes complémentaires sur ma gueule de souvenir ambulant. Et un beau jour, il y a plus de trucs que de vide dans mon espace locatif pour deux, avec chat en option. Parfois pour la fiche de paie, la carrière ou l’arbre généalogique l’un d’entre nous quitte la boîte personnalisée avec nos noms dessus pour quelques heures, pour quelques jours. Mais lorsque leur nombre ferait presque passer une simple addition pour une multiplication, je sens monter progressivement une angoisse dans le regard de l’imitateur dans mon miroir.</p>
<p style="text-align: justify;">En me retournant sur mon auguste royaume, je ne vois à perte de vue qu’un immense catalogue pour monogame endurci. Si dans certains immeubles centenaires on peut entendre des fantômes, moi je guette, nerveux, les missives des futurs nourrissons. La peur a le visage que l’on veut bien lui donner.<br />
Les murs se rapprochent précipitamment, la télécommande me fuit sans se retourner, le toit me surveille d’un air supérieur et la porte se prend pour les accords Schengen ! Le ciel ne tombe pas sur la tête —trop occupé qu’il est en Irak ou au-delà de la ceinture de feu— non les choses me rappellent à l’ordre en m’indiquant que je ne suis qu’un invité de plus, de longue date certes, mais juste un invité. Et pour cause, je serai propriétaire le jour où ma carte d’identité aura la moindre valeur. Dans la clandestinité la plus totale, je suis un anonyme avec un nom sur une boîte aux lettres.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai besoin d’air, d’extérieur, d’ailleurs pour retrouver la trace de la vie. Donnez-moi un banc, un morceau de carton, un bout de canapé dans le 18ème que je retrouve mon identité, le bouton d’autodestruction dans le crâne et le poison dans le goulot. La liberté, c’est le danger, mais à nous faire peur depuis la nuit des temps, nous prendrions presque la sécurité pour une bénédiction. Délesté de toute peur, je prends un bain de foule dans la grande boîte ronde en attendant qu’elle perde la tête ou qu’elle prétende faire la révolution pour entasser les trucs des autres chez elle!</p>
<p style="text-align: justify;">À force d’en avoir, des choses, j’en suis devenu une et ce soir il n’y a personne pour me réanimer du bout de mes longs fils. Je sombre dans la folie administrative avec un matricule pour chacun de mes cent pas exécutés en tournant rond sur cette ligne droite. En déambulant encore désarçonné dans une rue bondée de gens presque prêts à tuer pour rentrer chez eux, derrière leur porte avec leur nom dessus, je me suis rassuré sur ma précarité. Même en ce novembre flegmatique entouré de cadavres de manifestations en pleine nuit blanche sur un banc célibataire, je prends conscience que je n’ai jamais eu de problème de où mais un besoin de qui.<br />
Ivre d’une détresse captive, j’en appelle à gorge déployée à la nuit, à la vie pour trouver une corde raide où exister encore, encore une fois. Un endroit au milieu de nulle part où tu viendras me sauver de moi.</p>
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		<title>Sacrifiés ordinaires</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2011 12:21:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Question</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qui honorera la mémoire des travailleurs de Fukushima ? Évidemment, nous érigerons des stèles, des monuments. Il y aura des commémorations officielles, avec des héros de pacotille qui couperont des rubans en se tournant de trois quarts vers les caméras, et en arborant une expression de circonstance, aussi factice que leurs petits cœurs atrophiés. Ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qui honorera la mémoire  des travailleurs de Fukushima ? Évidemment, nous érigerons des stèles, des monuments. Il y aura des commémorations officielles, avec des héros de pacotille qui couperont des rubans en se tournant de trois quarts vers les caméras, et en arborant une expression de circonstance, aussi factice que leurs petits cœurs atrophiés. Ces tas de pierre ne représenteront rien.</p>
<div id="attachment_1904" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/imag6.2.jpg"><img class="size-medium wp-image-1904" title="Les nettoyeurs de Tchernobyl" src="http://www.herosordinaires.com/wp-content/uploads/2011/03/imag6.2-300x164.jpg" alt="" width="300" height="164" /></a><p class="wp-caption-text">&quot;Chernobyl cleaners&quot;, photo de Lu Taskey</p></div>
<p>Les travailleurs de Fukushima se sacrifient en s&#8217;exposant à une mort lente, qui détruira leur corps et la représentation qu&#8217;ils se font d&#8217;eux-mêmes en temps qu&#8217;hommes avant de les emporter. Le cancer n&#8217;est pas une maladie esthétique, les caméras ne pourront que se détourner. Ces hommes mourront chez eux, sous le regard de ceux qui les aiment, loin des  sinistres bouffons médiatisés qui rivaliseront d&#8217;éloges à leurs égards pour accroître leur visibilité.</p>
<p><span id="more-1900"></span>Des géants ont marché parmi nous. Pour qui sait bien regarder, il en reste encore quelques uns, et même autant qu&#8217;à n&#8217;importe quelle époque. L&#8217;humanité a besoin de héros, d&#8217;hommes qui savent s&#8217;élever au dessus de leurs contemporains. C&#8217;est une des choses qui nous permet de donner du sens. Malheureusement, nous oublions bien plus vite les sacrifiés ordinaires, ceux qui donnent leur vie sans aucun espoir de retour. Nous les oublions vite car ils ne recherchent pas la postérité.</p>
<p>Je me méfie chaque jour un peu plus de tous ceux qui veulent se faire un nom, et de tous ceux qui pensent en avoir un. Je commence à comprendre leurs véritables motivations. Elles n&#8217;ont rien d&#8217;altruiste. Je suis un anonyme, je ne suis pas de leur côté. Je ne fantasme pas sur la taille de mon mausolée, la mort est une grande égalisatrice, et leur agitation ridicule ne servira à rien pour les en protéger.</p>
<p>Le désastre de Fukushima aurait sans doute pu être évité si la population avait mieux été informée. Malheureusement, des hommes qui s&#8217;estiment supérieurs ont estimé que le peuple n&#8217;était pas capables de pouvoir juger, et l&#8217;a enfermé dans une bulle rassurante, un carcan en vérité. La seule façon que nous pouvons faire pour honorer les victimes de Fukushima, c&#8217;est de ne plus écouter leurs mensonges, et de réclamer la vérité.</p>
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		<title>Torch 2013</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Mar 2011 09:36:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>laurence albert</dc:creator>
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		<category><![CDATA[fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[Il a un chien. L&#8217;animal s&#8217;appelle Torch. Longtemps, il a pensé que posséder un chien était un truc de mémère ou de paumé. Il ne voit plus les choses de la même façon. La pensée s&#8217;adapte au contexte. Ça n&#8217;a rien à voir avec la vérité. Donc, il a un chien : Torch. Un bâtard [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il a un chien. L&#8217;animal s&#8217;appelle Torch. Longtemps, il a pensé que posséder un chien était un truc de mémère ou de paumé. Il ne voit plus les choses de la même façon. La pensée s&#8217;adapte au contexte. Ça n&#8217;a rien à voir avec la vérité.</p>
<p>Donc, il a un chien : Torch. Un bâtard de la pire espèce qui n&#8217;a pas son pareil pour repérer un animal à l&#8217;agonie pris dans le piège d&#8217;un braconnier. Il a été heureusement surpris de ça : le braconnage n&#8217;est pas une pratique moyenâgeuse, pas plus que la biffe ou le troc.</p>
<p><span id="more-1855"></span></p>
<p>Il habite à proximité du générateur électrique. L&#8217;air vibre et crépite, jour et nuit. Il couche dans un Van abandonné dans la forêt, à l&#8217;abri de la ville et en retrait de la route. C&#8217;est sa résidence principale. Les mois d&#8217;été, une cabane au bord de la rivière lui sert de villégiature. Dans ces conditions, il n&#8217;y a guère plus que le corps qui fasse foi. Il fait chaud, froid, faim ou soif. Tous les matins, il renouvelle à la nécessité son serment d&#8217;allégeance. Jamais il n&#8217;avait imaginé bien sûr se retrouver là.</p>
<p>À part vivre, il ne fait pas grand-chose de ses journées. Quelques poignées de mois auparavant, cet état de fait aurait eu une saveur létale. En réalité, le pas grand-chose de ses journées se compose de milliers d&#8217;impératifs et de gestes, de pensées et de battements de cœur. L&#8217;être tout entier s&#8217;adapte à cette forme d&#8217;immobilité endurante. C&#8217;est différent d&#8217;avant. Voilà tout.</p>
<p>La forêt et les abords de la ville ne sont pas déserts. En dépit des apparences, ce n&#8217;est pas nulle part et il ne s&#8217;y passe pas &laquo;&nbsp;rien&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;y est pas seul. Le début a été difficile. Dans cette difficulté, oui, il a été seul. Ce qui s&#8217;est passé est d&#8217;une consternante banalité, un écho au &laquo;&nbsp;ça peut arriver à tout le monde&nbsp;&raquo; auquel on ne croit pas vraiment. Il est inutile de dérouler ces péripéties. Il était sur orbite, il ne l&#8217;est plus.</p>
<p>Au cœur de la ville devenue hostile, puis réfugié à sa périphérie, il a découvert qu&#8217;il ne savait rien faire. Son intelligence s&#8217;est avérée inopérante tout comme les savoirs accumulés et l&#8217;ardeur de sa jeunesse. Il ne connaissait rien de la survie en milieu naturel. De la survie tout court. Il a appris, il a fait des rencontres, recommencé à avoir une vie et l&#8217;idée d&#8217;un lendemain. Il se félicite d&#8217;accepter peu à peu d&#8217;être simplement un être humain, c&#8217;est moins facile que ça en a l&#8217;air.</p>
<p>Dans le Van, il conserve quelques reliques. Les clefs de son ancien appartement, son mobile, son ordinateur portable, ses cartes bancaires. Il ne les sort jamais de sous le matelas. Il ne nourrit pas de nostalgie. Il garde ces objets pour mémoire, pour preuve non d&#8217;une quelconque splendeur mais d&#8217;un chemin parcouru. Quand, presque par inadvertance, il pense aux reliques, il se réjouit d&#8217;être capable de vivre des vies si différentes les unes des autres et s&#8217;il lui reste de l&#8217;alcool, il boit une bonne rasade.</p>
<p>Il n&#8217;est pas malheureux. Tu n&#8217;es jamais ni content ni mécontent, déplorait sa mère. Elle lui prédisait un avenir fait de trains pris en marche, juste pour l&#8217;ivresse. Elle est bien la seule à avoir pressenti sa chute. Un méchant roulé-boulé dans les herbes du fossé. Quelques os ressoudés plus tard, il a récupéré, il se sent prêt pour un autre train, un dont il n&#8217;a même pas idée et qui ne serait pas juste pour l&#8217;ivresse.</p>
<p>Il court. Les ronces s&#8217;agrippent à ses chevilles, les branches griffent son visage. Il court. Saute par-dessus un taillis, dégringole une ravine. À travers les arbres, le soleil coule jusqu&#8217;à ses épaules en une tendre poussée de la main. L&#8217;air le grise, gonflé de poussière scintillante, de drageons nouvellement éclos, de la rumeur de la ville qu&#8217;on avale d&#8217;une seule goulée. Il court derrière Torch qui a flairé un lièvre pris dans un collet.</p>
<p>Il fait doux et faim. Le printemps est là. C&#8217;est sa saison préférée.</p>
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